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Bien évidemment, ne soyons pas formalistes, il ne s’agit que de propositions. Elles ne demandent qu’à s’inclure dans de futurs programmes électoraux. MC

Le service civique obligatoire

Jusqu’à présent effectué sur la base du volontariat, le service civique doit devenir obligatoire pour les jeunes de 18 à 25 ans. Filles et garçons de tous les milieux sociaux seront envoyés, une fois par an pendant un mois (en juillet, par exemple), cinq années de suite, sur des missions civiles de différentes natures : aide aux personnes, réhabilitation de sites pollués, etc.

Le but est de mélanger tous les individus d’une génération, issus des couches sociales les plus diverses. Fils de bobos avec fils d’immigrés. Filles de ministres avec filles d’imams. Enfants blancs avec enfants de couleur.

Seule une politique volontariste et contraignante de brassage des populations peut donner l’espoir de voir sortir de leur ghetto mental et culturel des générations de jeunes qui s’ignorent les uns les autres.

Riss


Raser les ghettos

Les zones de non-droit où les services publics n’osent plus aller doivent être rasées.

Oui, rasées. Leurs occupants seront relogés dans des habitations individuelles équivalentes, et les propriétaires seront indemnisés à hauteur de la valeur de leur bien. Cette mesure ne sera pas uniquement d’ordre immobilier, mais aussi social.

Les plus défavorisés se verront proposer un travail en plus d’un nouveau logement. Il n’est pas ici question de réhabiliter mais de détruire de fond en comble ces ghettos. Et aussi, et surtout, de donner une deuxième chance à leurs habitants au chômage en leur proposant un emploi, et à ceux qui le souhaitent de s’inscrire à l’université afin d’entamer les études de leur choix.

Riss


Stop au communautarisme

On se souvient de la polémique burkini à Grenoble l’année dernière, un groupe de femmes qui se revendiquaient de Rosa Parks (pas moins), soutenues par l’ONG Alliance citoyenne. Elles étaient intervenues dans les piscines pour demander à se baigner en burkini.

La même ONG s’est mobilisée avec un autre groupe de femmes, il y a quelques semaines, dans une salle de sport lyonnaise qui interdisait de pratiquer en couvre-chef, (y compris pour les hommes).

À chaque fois, l’ONG opère une instrumentalisation des règlements, laissant croire qu’il s’agit de discrimination expressément contre les femmes musulmanes, pour leur interdire d’aller à la piscine ou de pratiquer un sport.

La filiation avec Rosa Parks est clairement à côté de la plaque : il n’est pas question ici de couleur de peau, mais de choix d’adhérer ou non à des signes religieux.

Sous couvert de lutter contre le racisme, ce type de mobilisation risque de nourrir des sentiments communautaristes, alors qu’il serait plus judicieux de déconstruire ensemble des injonctions religieuses rigoristes.

L. Daussy


Un estomac laïc

La nourriture est un bien essentiel. Il est inadmissible que, dans certains quartiers, il soit devenu impossible d’acheter une tranche de jam­bon ou un morceau de viande non bénit. C’est une manière d’exclure, donc de chasser du quartier, quiconque n’observe pas les mêmes interdits alimentaires et n’est pas de la même confession. Cela s’apparente à de la conversion forcée. Il ne s’agit évidemment pas d’interdire les produits halal ou casher, mais chaque village et chaque quartier de ville doit offrir à sa population au moins un boucher, un boulanger et un épicier généralistes. Auxquels on pourrait ajouter un point presse, une librairie généraliste, un bureau de poste, une pharmacie et un médecin.

G. Biard


Les voyages forment la jeunesse

Les jeunes de 15 à 25 ans auteurs d’actes de délinquance répétés seront condamnés à passer la peine de prison prévue pour les adultes par le Code pénal non pas en cellule, mais à l’étranger, au sein d’une ONG française.

Dix mois de prison deviendront dix mois passés à New Delhi à soigner les lépreux et les tuberculeux. Douze mois de prison se transformeront en douze mois dans un centre de santé installé dans un bidonville en Haïti.

Le but est d’éloigner ces jeunes de leur milieu et de leur faire découvrir d’autres horizons. À l’issue de leur peine purgée de cette manière, ils se verront proposer un emploi en France, en lien avec l’activité exercée dans l’ONG, qui les aura accueillis et formés.

Riss


Une éducation vraiment pour tous

L’école n’est pas seulement le lieu où l’on s’initie aux savoirs, c’est également le lieu où l’on apprend à vivre en société.

 Par conséquent, ce n’est pas l’instruction qui doit être obligatoire- ce qui est aujourd’hui le cas -, mais bien l’école. Avec un programme établi par l’Éducation nationale, qui doit être enseigné par des professeurs et des instituteurs diplômés, et suivi par tous.

 Les écoles hors contrat – qui ne sont pas tenues de suivre les programmes et les horaires, et qui recrutent qui elles veulent – doivent être fermées. Même chose avec l’enseignement à domicile, qui n’est acceptable que pour des cours supplémentaires, mais pas pour l’enseignement général.

On a vu pendant le confinement qu’enseigner est un vrai métier, qui n’est pas le même que celui de parent.

G. Biard


Charlie hebdo. 22/07/2020