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La situation humanitaire et sanitaire en Syrie demeure préoccupante, mise à mal par le veto russe et chinois à l’ONU pour le maintien de plusieurs points d’entrée d’aide humanitaire transfrontalière pour les quatre millions de personnes piégées à Idlib. Elle se conjugue à la pandémie de Covid-19 dont on n’appréhende guère la situation réelle dans le pays. […]

  • Le 7 juillet 2020, la Russie et la Chine ont mis leur veto à l’ONU à une extension pour un an et via deux points d’entrée de l’aide humanitaire transfrontalière apportée aux Syriens. Comment interpréter cette décision ? Qu’en est-il de la situation sanitaire et humanitaire en Syrie face à la pandémie de Covid-19, conjuguée à la crise économique et la guerre ?

La Russie et la Chine ont opposé leur veto, le 7 juillet dernier, au projet d’une résolution présentée au Conseil de sécurité de l’ONU par l’Allemagne et la Belgique et destinée à prolonger l’opération transfrontalière pour livrer de l’aide à la population civile en Syrie, tout spécialement dans l’enclave d’Idlib au Nord-Ouest du pays, dernier bastion des rebelles non repris par les forces du régime de Damas. Le mécanisme de fourniture d’aide transfrontalière des Nations unies a été créé pour la première fois par la résolution 2165 du 14 juillet 2014. Son mandat avait été précédemment renouvelé formellement dans la résolution 2449 du 13 décembre 2018, mais appelé à expirer le 10 juillet 2020.

Les 13 autres membres du Conseil de sécurité ont approuvé le texte rédigé par l’Allemagne et la Belgique, deux membres non permanents. « Le projet de résolution n’a pas été adopté » en raison de votes négatifs de membres permanents, a indiqué l’ambassadeur allemand à l’ONU, Christoph Heusgen, président du Conseil de Sécurité pour le mois de juillet. C’est le 15e veto de la Russie et du 9e de la Chine sur un texte lié à la Syrie depuis le déclenchement de la guerre en 2011 pour des raisons convergentes à défaut d’être identiques.

Lors des négociations, la Russie s’était prononcée en faveur d’un maintien partiel du dispositif arrivant à expiration le 10 juillet prochain, mais seulement pour six mois et avec un seul point d’entrée en Syrie contre deux actuellement à savoir Bal al-Salam menant à la région d’Alep et Bab al-Hawa qui permet de ravitailler quelque 4 millions de Syriens dans la région d’Idlib. Le dispositif transfrontalier de l’ONU « doit être graduellement réduit et remplacé » par un acheminement humanitaire sous contrôle de Damas, a pris ainsi soin de souligner la mission diplomatique russe à l’ONU. « Il est temps de réduire progressivement ce mécanisme [d’aide transfrontalière] afin de le remplacer par une assistance humanitaire qui sera organisée conformément aux principes énoncés dans la résolution 46/182 de l’Assemblée générale des Nations unies », a précisé le représentant permanent de la Russie auprès des Nations unies, Vassili Nebenzia, dans un communiqué en date du 7 juillet. Concernant cette réduction, cela avait déjà été le cas en janvier dernier, lorsque Moscou et Pékin avaient déjà exercé leur droit de veto pour réduire le dispositif, passé alors de quatre points d’entrée dans le pays à seulement deux, et avec une durée limitée à six mois contre un an jusqu’alors.

Le texte de la résolution 2504 soumise le 10 janvier 2020 déjà par l’Allemagne et la Belgique avait été adopté par 11 voix pour, quatre pays s’abstenant (la Russie, la Chine, et les États-Unis et le Royaume-Uni pour stigmatiser les hypothèques non-levées sur les attendus du texte). Elle prolongeait jusqu’au 10 juillet 2020 l’opération d’aide humanitaire transfrontalière pour une période de six mois (contre un an jusqu’alors et comme instamment demandé en décembre 2019 par le bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU)en excluant à la demande expresse de Moscou deux points de passage. Il s’agissait en l’occurrence des points de passage frontaliers d’Al-Ramtha et d’Al Yarubiyah », le premier (pratiquement plus utilisé) situé en Jordanie et le second en Irak. Le poste d’Al-Yarubiyah, à la frontière irakienne, était le seul accès possible pour acheminer les médicaments et du matériel chirurgical aux 1,3 million de personnes du Nord-Est syrien. La résolution par ailleurs enjoignait le Secrétaire général de « faire rapport au Conseil de sécurité d’ici la fin de février 2020 sur la possibilité d’utiliser des modalités alternatives pour le passage de la frontière d’Al Yarubiyah afin de garantir que l’aide humanitaire, y compris les fournitures médicales et chirurgicales, parvienne aux personnes dans le besoin dans toute la Syrie par les voies les plus directes, et conformément aux principes humanitaires d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance ». Sans y être réellement parvenu du fait des obstructions existantes au niveau du Conseil de Sécurité. Selon des diplomates occidentaux, la fermeture du point de passage irakien aurait entraîné une perte de 40 % de l’aide médicale jusque-là acheminée dans le Nord-Est syrien.

Lors des négociations pour la résolution du 7 juillet 2020, Moscou a notamment fait valoir que le point d’entrée de Bab al-Salam était moins utilisé que celui de Bab al-Hawa. De fait, selon un rapport en juin dernier du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui avait réclamé une prolongation d’un an du dispositif avec deux points d’entrée, 4 774 camions de ravitaillement seraient passés par Bab al-Salam et 28 574 par Bab al-Hawa depuis 2014 et par lesquels ont transité 8 500 camions d’aide humanitaire depuis janvier dernier. À peine le résultat du vote officialisé, la Russie a proposé au Conseil son propre texte, comprenant donc une extension de six mois de l’autorisation onusienne, avec un seul point d’entrée en Syrie (celui de Bab al-Hawa) sur la frontière avec la Turquie où, selon Dmitry Polyanskiy, ambassadeur adjoint auprès de l’ONU ce passage frontalier représente plus de 85 % du volume total des opérations humanitaires. D’après le diplomate, le reste des opérations humanitaires peut être redirigé via ce point de passage. C’est une manière pour Moscou de resserrer l’étau sur l’enclave d’Idlib dont le contrôle échappe encore au régime de Damas. De facto, la Russie impose ses conditions à savoir, un point d’entrée et seulement pour six mois.

La Russie et la Chine considèrent communément que l’autorisation onusienne viole la souveraineté de la Syrie et que l’aide peut (et doit) passer de plus en plus par les autorités syriennes à la faveur de leur reprise de contrôle de territoires. Les Occidentaux admettent que l’autorisation transfrontalière est une violation de la souveraineté de la Syrie sur son territoire, mais ils jugent que ce dispositif n’a pas d’alternative crédible et dénoncent les entraves bureaucratiques syriennes (voire davantage en détournant l’aide) lorsque cette dernière est directement soumise au contrôle de Damas.

Pour ce qui est de la Chine, après son veto, Pékin a expliqué être en faveur d’un maintien de l’autorisation transfrontalière. Son veto est dû au refus de l’Allemagne et de la Belgique de prendre en compte sa demande d’une mention explicite condamnant les sanctions unilatérales américaines imposées à la Syrie via l’adoption de la « Loi César » (Caesar Syrian Civilian Protection Act)[1] votée par le Congrès américain et entrée en application le 17 juin dernier, laquelle est jugée inacceptable pour Pékin a fortiori du fait de sa logique d’extraterritorialité. On retrouve donc les tropismes russes et chinois qui expliquent leur veto.

Il demeure que la contre-proposition russe a été rejetée le 8 au soir. Sept membres (dont la Belgique) des quinze membres du Conseil de sécurité ont décidé de bloquer le texte afin de signaler qu’il n’était pas possible de fermer le point d’accès vers Alep, où quelque 300 000 civils s’étaient réfugiés après la dernière offensive du régime d’Assad. Quatre pays se sont abstenus : la Tunisie, le Niger, l’Indonésie et Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Seuls le Vietnam et l’Afrique du Sud ont finalement décidé de voter en faveur de la proposition russe.

Pour les États-Unis, laisser ces deux points de passage ouverts constituait une « ligne rouge », particulièrement en ces temps de pandémie de Covid-19 potentiellement dévastatrice puisqu’il est particulièrement difficile de parvenir jusqu’aux populations situées à Idlib. À la date du 6 juillet 2020, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recensé près de 358 cas confirmés de Covid-19 dont 13 décès dans les zones contrôlées par le régime. Mais, là comme ailleurs, les chiffres ne reflètent sans doute pas la réalité. Une « tempête » se prépare maintenant que la région syrienne d’Idlib déchirée par la guerre se trouve confrontée à la pandémie mondiale de Covid-19, a ainsi alerté le jour même du vote la Commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie présidée par Paulo Pinheiro. De fait, un premier cas de nouveau coronavirus a été officiellement enregistré le 8 juillet dans le nord-ouest de la Syrie, ravivant les craintes d’un désastre si l’épidémie atteignait les camps de réfugiés du bastion rebelle[2].

La commission, qui a appelé à une trêve des combats de trois mois, « exhorte les belligérants à tenir compte de l’appel du Conseil de sécurité de l’ONU pour un cessez-le-feu durable », selon les termes de Paulo Sergio Pinheiro[3] qui dénonce, par ailleurs, les violations des droits de l’homme et les crimes de guerre commis dans cette région voire des crimes susceptibles de constituer des crimes contre l’Humanité.

En plus de l’impact du nouveau coronavirus, ce nouveau rapport de 29 pages a couvert la période du 1er novembre 2019 au 30 avril 2020 dans la région d’Idlib renvoyant à la campagne militaire lancée fin 2019 par les forces pro-gouvernementales pour reprendre les dernières zones encore sous le contrôle des groupes armés en Syrie, une offensive qui avait fait un million de déplacés et plusieurs centaines de morts civils, selon l’ONU. Durant cette période, la Commission d’enquête a fait état de 52 attaques emblématiques de toutes les parties, mais majoritairement de la part des forces du régime et de ses alliés, lesquelles ont fait nombre de victimes civiles ou causé des dommages aux infrastructures civiles (dont 17 installations médicales, 14 écoles, 9 marchés).

La commission Pinheiro n’exonère pas pour autant le principal groupe djihadiste dans la région, le Hayat Tahrir Al-Cham (HTS, l’ex-Front Al-Nosra), accusé de « pillages, détention, torture et exécution de civils, y compris des journalistes ». Le Hayat Tahrir Al-Cham aurait également « bombardé de façon indiscriminée des zones densément peuplées, semant la terreur parmi les civils vivant dans les zones sous contrôle gouvernemental », selon le rapport onusien.

Actant l’échec des deux premières versions de résolution, un nouveau projet de résolution pour livrer l’aide humanitaire en Syrie a été élaboré le 10 juillet sous l’égide de l’Allemagne et de la Belgique. L’Allemagne et la Belgique ne proposaient plus qu’une prolongation de six mois au dispositif, mais conservaient les deux points d’accès actuels en territoire syrien. « Nous avons besoin que davantage d’aide passe par la frontière, pas qu’il y en ait moins », avait insisté jeudi Stéphane Dujarric, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à la question de savoir si l’ONU pouvait se contenter d’un seul point de passage pour entrer en Syrie. Cela n’a manifestement pas suffi puisque la Russie et la Chine ont mis leur veto à la nouvelle version de la résolution germano-belge prévoyant le maintien en l’état de l’aide humanitaire transfrontalière en Syrie. Le projet de texte de l’Allemagne et de la Belgique a obtenu 13 voix sur 15 en sa faveur, mais a été rejeté suite au double veto de Moscou et Pékin, le deuxième utilisé par ces deux pays en trois jours. Il s’agit du 16e veto russe et du 10e veto chinois sur un texte lié à la Syrie depuis le déclenchement de la guerre en 2011.

Après l’expiration attendue, le 10 juillet dernier, de l’autorisation de l’aide humanitaire onusienne faute d’accord au Conseil de sécurité (les points d’accès le permettant avaient été momentanément fermés), et après une semaine de vaines tentatives, l’Allemagne et la Belgique, chargées du volet humanitaire du dossier syrien à l’ONU, ont remis à leurs partenaires une ultime version du texte initial. Cette dernière, finalement votée le 11 juillet, est parvenue à réactiver de manière très limitée le mécanisme de l’aide frontalière qui prévoit le maintien d’un seul point d’accès en Syrie (celui de Bab al-Hawa) contre les deux jusque-là en vigueur, mais pour une période de un an plutôt que six mois soit jusqu’au 10 juillet 2021. Il est prévu par la résolution que le Conseil demande aussi au secrétaire général de l’Organisation un rapport régulier, « au moins tous les 60 jours ». Douze pays ont voté en sa faveur, trois se sont abstenus : la Russie, la Chine et la République dominicaine qui a expliqué sa déception « qu’une fois encore le Conseil de sécurité [ait] été incapable de répondre collectivement et de manière constructive à l’une des plus grandes tragédies humanitaires actuelles ». Maître du jeu, Moscou n’a quasiment rien lâché (exception faite du délai d’un an plutôt que six mois), imposant sa volonté aux Occidentaux en leur infligeant un revers humiliant. C’est notamment le cas pour les États-Unis qui avaient fait du maintien de deux accès en Syrie une « ligne rouge ».

En vain. Après le vote, ils ont relevé que « la résolution n’était pas ce que le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres et des dizaines d’ONG opérant en Syrie avaient réclamé en suppliant le Conseil ». De fait, dans un rapport en juin dernier, il jugeait effectivement crucial un prolongement du mécanisme avec au moins deux points d’accès. Dans un communiqué dans la soirée du 11 juillet, il se bornait diplomatiquement « à prendre note » de la résolution, en qualifiant le dispositif transfrontalier en Syrie de « bouée de sauvetage ».

  • Que nous révèle cette position de la part de Moscou face au conflit syrien ? Quelles sont les autres forces étrangères toujours en présence ? Quid de Bachar al-Assad et du contrôle du territoire par ses forces ?

Le veto russe s’inscrit dans la continuité des précédents. La Russie entend imposer ses conditions sur le plan international et considère qu’elle est seule maître d’œuvre de l’évolution de la situation syrienne avec son allié iranien, avec en toile de fond le retrait souhaité et désormais plus ou moins avéré des Occidentaux. Le fait est que, grâce à ses soutiens déterminés, Bachar al-Assad a gagné la guerre, mais il est loin d’avoir gagné la paix. Une reprise progressive des différentes parties du territoire par le régime de Damas s’est sans nul doute opérée avec succès ces dernières années, à l’exception notable toutefois de l’Est riche en hydrocarbures, et du Nord où se trouve la minorité kurde qui avait rêvé d’une autonomie momentanément concédée (faute de mieux) par le régime de Damas.

Se pose en effet la question de la présence partielle des Américains dans la zone riche en hydrocarbures de Deir ez-Zor. « Toutes les régions et installations pétrolières doivent être mises sous le contrôle du gouvernement syrien », avait déclaré Mikhaïl Bogdanov, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, le 23 octobre dernier.

Les forces américaines garderont le « contrôle des champs pétroliers », car ils « fournissent une source de financement essentielle aux Forces démocratiques syriennes (FDS), qui leur permet de sécuriser les camps de prisonniers de Daech et de mener des opérations », avait néanmoins justifié le 25 octobre 2019 Mark Esper, le chef du Pentagone. Et à la question de savoir si la mission des forces américaines consisterait à empêcher les forces russes et syriennes de prendre le contrôle des sites de production d’hydrocarbures situés dans la province de Deir ez-Zor, Mark Esper avait précisé : « En bref, la réponse est oui. Et c’est le cas actuellement parce que nous voulons nous assurer que les FDS aient bien accès à leurs ressources pour sécuriser les prisons [où sont retenus les jihadistes de Daech] et armer leurs propres troupes pour nous aider dans notre mission contre ledit État islamique ».

Lors d’un discours prononcé à Chicago, le 28 octobre 2019 le président Trump a indiqué que ces puits de pétrole pouvaient rapporter jusqu’à 45 millions de dollars par mois. Les États-Unis avaient ainsi redéployé quelque 500 soldats dans les régions de Deir ez-Zor et d’Hassaké chargés d’assurer cette mission de « sécurisation » qui n’est pas toujours exempte d’incidents[4].

Parallèlement, pour ce qui est du Nord de la Syrie, et suite à un accord conclu, le 22 octobre 2019, à Sotchi par Moscou et Ankara, destiné à mettre un terme à l’opération turque contre les Kurdes, improprement dite « Source de paix » (Barış Pınarı Harekâtı), les troupes russes prenaient possession des bases abandonnées par la coalition anti-djihadiste, c’est-à-dire les forces américaines, dans le Nord-Est de la Syrie. Et cela, afin de mener des patrouilles conjointes – la 20e du genre a eu lieu sur l’axe M4 entre Troumbah et Aïn al-Khayr – avec leurs homologues turques dans les environs de la « zone de sécurité » que ces dernières venaient d’établir avec leurs supplétifs syriens et qui s’apparente de plus en plus à une forme de « protectorat » turc[5] au Nord de la Syrie ce qui ne satisfait évidemment pas Bachar al-Assad. Même si le régime de Damas a aujourd’hui repris le contrôle des deux tiers du territoire et la plus grande partie de la population, c’est Moscou, soutien essentiel à sa survie depuis septembre 2015, qui impose les paramètres des négociations sur le terrain et pour une sortie de crise politique.

Si Bachar al-Assad est aujourd’hui dans une situation plus favorable qu’il n’a jamais été sur le plan militaire, il demeure également plus que jamais dépendant de ses soutiens iraniens et russes. Or, la question stratégique de la reconstruction du pays ravagé par la guerre, dont le coût faramineux est estimé entre 250 et 400 milliards de dollars, se pose désormais.

À noter que l’aide éventuelle de l’Union européenne demeure conditionnée à la mise en œuvre d’un processus politique inclusif de transition[6] qui peine à voir le jour en dépit du lancement laborieux, le 30 octobre 2019, du processus piloté par la comité constitutionnel syrien qui pose en creux la lancinante question du maintien au pouvoir à terme de Bachar al-Assad dont le régime est accusé a minima de crimes de guerre.

Sans parler du fait que des attaques sporadiques de Daech perdurent depuis sa défaite officielle en Syrie en mars 2019, comme celle faisant dans la nuit du 2-3 juillet dernier une cinquantaine de morts (20 combattants pro-régime et 31 djihadistes) près de la localité d’al-Soukhna située entre Palmyre et Raqqa dans le désert central de la province de Homs, dernier bastion de Daech dans cette province officiellement reconquise par les forces de Damas le 6 août 2017.


Propos recueillis par Agathe Lacour-Veyranne – La lettre d’IRIS N°764. Source (Lecture libre)


  1. La « Loi César », du pseudonyme du déserteur qui a documenté « l’industrie de la torture », le Caesar Act, votée par le Congrès américain et signée sous forme de décret n°13894 par le président américain le 20 décembre 2019 vise à asphyxier le régime de Bachar al-Assad et à frapper de sanctions tous ceux qui veulent continuer de commercer avec lui selon un modèle éprouvé d’extraterritorialité.
  2. Le patient est un médecin syrien âgé d’une trentaine d’années qui travaillait dans un hôpital de la ville de Bab al-Hawa, à la frontière turque, selon Mahmoud Daher, chef du bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Gaziantep, en Turquie.
  3. Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté le 1er juillet dernier à l’unanimité la résolution 2532 réclamant l’arrêt des conflits dans le monde pour faciliter la lutte contre la pandémie de Covid-19, après plus de trois mois de blocages entre la Chine et les États-Unis sur fond de guerre larvée à propos de l’action contestée de l’OMS. La résolution vise à soutenir un appel du 23 mars du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, pour un cessez-le-feu mondial.
  4. Le 29 janvier, les forces américaines auraient bloqué un convoi russe à la hauteur du village d’al-Kharita, sur la route menant à Hassaké, la capitale régionale. Le 31 janvier, les soldats américains auraient bloqué une patrouille russe en route vers la frontière irakienne. L’incident se serait produit entre les villes de Tall Tamer et d’al-Malikiyah [ou Dayrik] toujours dans la province d’Hassaké, sur l’autoroute M4, laquelle est en quelque sorte devenue une « ligne de démarcation » entre les deux rivaux géopolitiques. Le 4 février 2020, un scénario similaire se serait joué dans les environs du village de Karki Laki, à l’est de Qamichli où une patrouille américaine aurait intercepté un convoi russe qui tentait de rejoindre à nouveau al-Malikiyah. Cf ; Laurent Lagneau, « Syrie : les forces américaines bloquent des convois russes se dirigeant vers les champs pétroliers en zone kurde », in Zone militaire Opex360.com, 5 février 2020.
  5. Comme le soulignent Marie Jégo et Laure Stephan, dans les régions du nord-ouest de la Syrie, conquises par l’armée turque et ses supplétifs syriens entre août 2016 et octobre 2019, l’utilisation de la livre turque (TL) s’est généralisée depuis le mois de juin 2020. Ce changement insidieux a été présenté comme une réaction à l’effondrement de la livre syrienne. Le dollar a récemment franchi le seuil des 3.000 livres syriennes, soit plus de quatre fois le taux officiel, fixé en mars par la Banque centrale à 700 livres pour un billet vert alors qu’avant la guerre, un dollar valait 47 livres. Il s’agit de l’aboutissement d’un lent processus favorisé par la Turquie qui entend consolider sa présence dans les territoires qu’elle contrôle. Et d’aucuns s’inquiètent déjà d’une « partition » monétaire progressive de leur pays. Cf. Marie Jégo ; Laure Stephan, « Ankara renforce son influence dans les territoires syriens sous son contrôle », in Le Monde, 6 juillet 2020.
  6. La conférence des donateurs pour la Syrie organisée à Bruxelles, le 14 mars 2019, avait permis d’engranger près de 7 milliards de dollars pour venir en aide aux réfugiés, mais le déblocage des fonds pour la reconstruction restait conditionné à un processus de paix crédible.