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A peine remise en selle, (est-elle liée à la nomination du nouveau premier ministre (?)), la réforme des retraites fait des remous. Ni le patronat, ni les syndicats de salariés ne veulent reprendre les discussions dès cet été.

Bonne bouille, une voix chantant le terroir, il est certainement le plus servile des nouvelles carpettes Élyséennes … certes il ne fera pas d’ombre au locataire temporaire du « palais », mais Jupiter décideur maintenant sans paravent, trompera-t-il son monde … En tous cas, ses chevilles ont bien enflées …. MC


« Il n’y aura pas d’abandon d’une réforme des retraites », a assuré le chef de l’Etat, se disant toutefois « ouvert » à ce qu’elle « soit transformée ».

« On ne va pas se remettre à se foutre sur la gueule sur la question des retraites dans cette période », tonne dès le lendemain Laurent Berger, numéro un de la CFDT, pourtant l’un des rares à soutenir un système universel, réforme épineuse adoptée grâce au 49-3 début mars et suspendue sine die par Emmanuel Macron mi-mars pour cause de confinement des Français. « Ce n’est pas du tout le moment »

Ce dimanche, le nouveau Premier ministre, Jean Castex, a derechef fait bondir les partenaires sociaux en indiquant au JDD sa volonté de régler « à court terme » le dossier des retraites. Dans la droite ligne d’Emmanuel Macron qui évoquait la nécessité d’aborder « dès l’été le volet des équilibres financiers », il a expliqué que « la crise a aggravé fortement le déficit de nos régimes de retraite »… « Ce n’est pas du tout le moment, l’urgence c’est l’emploi », estime Yves Veyrier, numéro de Force Ouvrière (FO), rappelant que sa position n’a pas varié. « Je refuse de donner au futur gouvernement tous les paramètres du système de retraites alors qu’il veut aller à l’économie. Ensuite, le système par points ne sera pas plus juste pour les précaires », martèle le leader de FO, que les premiers mots de Jean Castex n’impressionnent visiblement pas. «La négociation sociale, il sait très bien faire» « On ne peut pas dire dialogue social, et faire fi de toutes les organisations ! Les cinq organisations de salariés, les trois patronales disent toutes que ce n’est pas le moment », tacle Yves Veyrier.

De fait, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux a lui aussi appelé samedi à « appuyer sur pause pendant quelques mois ». Face à cette levée de boucliers, Jean Castex va devoir retrouver ses vieux réflexes. « La négociation sociale, il sait très bien faire. Il a un vrai goût et un talent pour cela car il aime parler avec les gens. Sa caractéristique était d’être engagé personnellement dans les discussions », dit de lui Raymond Soubie, qui l’a vu œuvrer comme directeur de cabinet au ministère du Travail et avait soufflé son nom pour le remplacer en tant que conseiller social de Nicolas Sarkozy.

En 2006-2007, Castex s’était occupé de « faire bouger pour la première fois la retraite des régimes spéciaux », se souvient-il…


Séverine Cazes. Le Parisien. Titre original : « Réforme des retraites : les syndicats attendent Castex l’arme au pied ». Source (extrait)