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Olivier Faure tout comme Christian Jacob, juge avec sévérité les choix du président de la République et de son nouveau Premier ministre, Jean Castex, ce lundi, dans la composition du nouveau gouvernement.

  • Comment analysez-vous le gouvernement Castex ?

Olivier Faure. La crise exigeait de profonds changements. Le président de la République a évoqué la nécessité pour lui de se réinventer. Il a été jusqu’à se séparer de son Premier ministre pour marquer un nouveau départ. Et finalement, on a quoi? Une politique plus que jamais orientée vers la droite et un président qui concentre plus que jamais tous les pouvoirs. Il choisit un Premier ministre qui ne lui fera pas d’ombre. Ce n’est pas un gouvernement, c’est le caprice d’un président qui voulait être roi!

  • Pourtant, parmi les entrants, il y a Barbara Pompili, ministre sous François Hollande, et Brigitte Bourguignon, issue du PS…

Olivier Faure. Vous évoquez là des femmes qui ont fait le choix du macronisme et qui ont soutenu toutes ses décisions depuis 2017, y compris la fin de l’ISF, la restriction du droit des réfugiés du droit d’asile, la régression des droits pour les chômeurs. Il n’y a aucun changement à attendre. Aucune volonté nouvelle ne se manifeste. Il faudra plus qu’un avocat médiatique pour défendre cette politique.

[…]

  • Vous tirez quelles conséquences, en tant que numéro 1 du PS ?

Olivier Faure. Nous venons de vivre une crise sanitaire sans précédent. Nous entrons dans une crise sociale violente. Il faut totalement changer d’orientation. En finir avec les premiers de cordée pour s’occuper enfin des premiers de corvée. Arrêter de gagner du temps sur les mesures à prendre pour éviter le réchauffement climatique. Rompre avec une vision jupitérienne de la démocratie pour entrer dans une République adulte qui n’infantilise plus les citoyens. Depuis les élections municipales, la gauche et les écologistes ont l’immense responsabilité de produire ensemble l’offre politique alternative pour 2022


Christian Jacob, le patron des Républicains, déplore un gouvernement sans grande ambition et appelle Emmanuel Macron a se méfier de Gérald Darmanin, nommé à l’Intérieur, qui aurait, selon lui, les « gènes de la trahison ».

  • Ce gouvernement était très attendu, comment réagissez-vous aux nominations ministérielles ?

Christian Jacob. Tout ça pour ça! On est quand même beaucoup plus sur un jeu de chaises musicales qu’autre chose. Il prend les mêmes et il recommence. Ce qui démontre, une fois de plus, l’affaiblissement du président de la République. On n’a jamais vu un président aussi affaibli avec un échec cinglant aux municipales, une majorité parlementaire qui explose…

[…]  Ce gouvernement est là pour expédier les affaires courantes d’une fin de quinquennat. On était en droit d’attendre autre chose.

  • Gérald Darmanin place Beauvau, Roselyne Bachelot à la Culture, Brigitte Klinkert chargée de l’Insertion auprès de la ministre du Travail… Cela ne traduit-il pas une inflexion à droite de la politique gouvernementale ?

Christian Jacob Aujourd’hui, ces ministres sont d’abord des opportunistes. […] Le président est allé chercher une personnalité ou deux qui avaient besoin de reconnaissance, c’est tout.

  • Vous n’attendez donc rien du discours de politique générale du Premier ministre la semaine prochaine ?

Christian Jacob Je ne sais pas ce qu’il faudrait en attendre. On a un Premier ministre qui se fait imposer son directeur de cabinet qui vient de la gauche (NDLR : Nicolas Revel, anciennement directeur de la Caisse nationale d’Assurance maladie), et qui a dû décaler, comme un collaborateur, son discours de politique générale. On nous occupe avec le remaniement depuis quinze jours et nous allons devoir encore attendre une semaine. Un mois de perdu à tergiverser!


Aperçu et synthèse de divers médias