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Depuis longtemps, les champs électromagnétiques sont soupçonnés de provoquer tumeurs du cerveau, baisse de la qualité du sperme, infertilité…

Soupçonnés seulement, car malgré des faisceaux d’indices concordants, il est en l’état actuel des connaissances scientifiques difficile d’affirmer que ces ondes sont responsables de tous ces maux. D’autant que deux camps se font face.

Des opposants au bombardement qui citent des études où la causalité est très probable versus les promoteurs des radiofréquences qui brandissent des rapports ultra rassurants. Au milieu : la santé.

Dans ce contexte, l’arrivée programmée de la 5G réveille les tensions.

Les associations Agir pour l’environnement et Priartem (1) ont déposé des recours auprès du Conseil d’État pour demander «la suspension de la procédure d’attribution des fréquences 5G en application du principe de précaution ».

Une autre plainte, portée par 500 militants écolos au tribunal judiciaire de Paris, demande aux opérateurs mobiles «de prendre des mesures efficaces sur la prévention du risque pour la santé humaine […], et l’innocuité de cette technologie ». Tous réclament un moratoire avant toute installation.

Logique : devant l’existence de risques potentiels pour la santé, on suspend le joujou technologique, surtout vu l’inutilité du machin et ses dégâts certains sur l’environnement. Sauf que non, en fait, car des intérêts économiques et géopolitiques colossaux sont en jeu.

Saisie pour conduire une expertise sur l’exposition de la population aux champs électromagnétiques de la 5G et sur les éventuels effets sanitaires, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) estime dans son rapport préliminaire(2) qu’il existe « un manque de données scientifiques sur les effets biologiques et sanitaires potentiels liés à l’exposition aux fréquences » de la 5G.

En bref, pour en savoir plus, il faudrait plus d’études.

On souhaite bon courage aux juges. Les inévitables céphalées dont ils vont souffrir seront, elles, directement imputables au dossier 5G.


N. Devanda. Charlie hebdo. 01/07/ 2020


  1. Créée en 2000, l’association Priartem informe sur les risques liés à l’exposition aux ondes électromagnétiques.
  2. Publié en janvier 2020.