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La « 5 G » présente d’abord (et surtout) des avantages commerciaux mais… quant à la multiplication des antennes et des ondes, ainsi que les traumatismes sanitaires qu’elle exercera sur certaines personnes… nous verrons le problème … après ! MC

Prenons l’une des 149 mesures présentées en fanfare par les citoyens de la convention Climat, mesures que le président Macron s’est engagé à reprendre « sans filtre ». Elle n’a rien de révolutionnaire. Elle est même, du point de vue sanitaire, d’une logique imparable. Elle concerne la 5G, dont le déploiement, prévu après les enchères de septembre, va entraîner une prolifération d’antennes (en plus des 200.000 d’aujourd’hui).

En janvier, l’Anses, l’agence censée veiller sur notre santé, publie un rapport dans lequel elle avoue qu’on ne sait pas grand-chose des effets sanitaires de la 5G sur la population (« Le Canard », 29/1). Elle annonce avoir commandé une étude, dont les résultats ne seront connus qu’au printemps de l’année prochaine. Quand les citoyens proposent d’« instaurer un mora­toire sur la mise en place de la 5G en attendant les résultats de son évaluation sur la santé et le climat », ils font donc preuve de bon sens. D’ailleurs, même la ministre « verte » Elisabeth Borne va dans leur sens et fait aussitôt savoir qu’Olivier Véran et elle ont demandé au Premier ministre d’« attendre l’évaluation de l’Anses avant le déploiement de la 5G » (le « JDD », 21/6).

Trois jours plus tard, mercredi 24, le Sénat publie un rapport qui porte sur l’« empreinte environnementale numérique ». Les sénateurs ont constaté que la multiplication des « terminaux » (smartphones, ordinateurs portables ou fixes, tablettes, etc.) entraînait une hausse fulgurante et continue non seulement de la consommation d’énergie mais aussi des émissions de CO2. Pas terrible, dans un pays qui s’enorgueillit de l’accord de Paris sur le climat…

Les sénateurs précisent que c’est la fabrication de ces terminaux (bourrés de métaux rares et de plastique) qui est responsable à 70 % de l’empreinte carbone du numérique. Ils notent qu’avec la 5G le débit sera multiplié par dix par rapport à la 4G : les possesseurs de smartphone devront donc en acheter un nouveau. Or ils sont 46 millions… A l’instar du président de l’Ademe, qu’ils ont auditionné, les sénateurs recommandent que la 5G « fasse enfin l’objet d’une étude d’impact complète ». Ils ne vont pas jusqu’à demander un moratoire, mais ça y ressemble. L’Anses se préoccupe de la santé, le Sénat du climat : tout a l’air de converger.

Deux jours plus tard, vendredi 26, Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’Etat à l’Economie, reçoit plusieurs représentants d’associations écolos. Sophie Pelletier, présidente de Priartem, qui réclame un moratoire depuis longtemps, l’interpelle.

Réponse de la sous-ministre : « Les Français ne comprendraient pas pourquoi la France serait le dernier pays au monde à mettre ses fréquences aux enchères. » Lundi 29, contredisant sa sous-ministre, Macron déclare qu’il tiendra compte des mesures proposées par les citoyens.

A l’en croire, le moratoire sur la 5G sera adopté. Sauf que rien n’est moins sûr.

Pas grave : les Français comprendront.


Jean-Luc Porquet. Le Canard enchaîné. 01/07/2020


Habitant la campagne nous ne savons pas ce qui se passe dans les villes au niveau de la diffusion des ondes, toujours est-il que dans la ruralité il nous est déjà difficile d’obtenir que des zones blanches soient enfin « couvertes », quant à l’arrivée de la fibre optique dans nos villages, nous devrons attendre encore quelques années avant d’être raccordé. Ainsi avant d’avoir la 5 G aimerions nous avoir au minimum la 4 G en continuité, sans baisse de flux, ni de zones blanches. MC