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A partir du 1e juillet 2020, un tiers de la Cisjordanie devrait être annexé par Israël.

Ce territoire, où cohabitent 2,7 millions de Palestiniens et 450.000 colons, devrait donc faire partie de l’Etat hébreu. En rupture avec l’accord d’Oslo (1995), qui avait décidé que cette zone, déjà, de fait, sous contrôle israélien, aurait vocation à être transférée à un futur Etat palestinien.

Ce plan, finement élaboré par Trump et bruyamment applaudi par Netanyahou comme « un nouveau chapitre glorieux dans l’histoire du sionisme », devrait (dans sa version la plus stricte) intégrer au territoire israélien 130 colonies considérées comme « illégales » par la communauté internationale et annexer la vallée du Jourdain. Ce qui reviendrait aussi à ratifier le morcellement de la Cisjordanie en un territoire palestinien constitué de confettis enclavés.

Après avoir reconnu unilatéralement l’annexion du Golan par Israël en 2019, Donald Trump a présenté son plan de « paix vers la prospérité », le 29 janvier dernier, comme « une solution à deux Etats réaliste » au conflit israélo-palestinten. Succès immédiat !

Le 6 juin à Tel-Aviv, des milliers d’Israéliens, craignant une dégradation de la situation, ont défilé contre le projet. Pour l’Autorité palestinienne, « l’annexion n’est pas seulement illégale, c’est un crime ». « C’est une déclaration de guerre », a ajouté le Hamas. Tandis que le roi Abdallah de Jordanie évoquait le spectre d’« un conflit majeur» et que l’ONU, comme la Ligue arabe, demandait à Israël d’enterrer son plan. L’Europe, elle, s’interroge toujours : « mesures ou sanctions ? ».

Mais, bien loin de ce chaudron, des évangélistes américains jubilent. Ces fondamenta­listes protestants, que Trump consulte comme des oracles, voient en lui une réincarnation de Cyrus le Grand, fondateur de l’Empire perse, choisi par Dieu pour libérer les Juifs de Babylone. C’est dans le « Livre d’Isaïe », verset 45, que Cyrus reçoit cet ordre divin. Et, justement, Trump est le 45e président des Etats-Unis. Un signe qu’acclament les sionistes chrétiens, ses plus fidèles supporteurs.

Au-delà des électeurs juifs américains, qui avaient été majoritairement favorables à Obama, ou de l’opinion publique israélienne, c’est à certaines Eglises évangéliques que Trump donne des gages. Pourquoi ces pasteurs ont-ils un tel amour du peuple juif ? Parce qu’il serait la clé de leur propre salut.

Tenez-vous bien : pour ces croyants, le chaos qui règne au Proche-Orient s’inscrit dans un plan divin conduisant à la bataille finale entre le Bien et le Mal (Armageddon).

Mais, pour que le monde soit détruit et puisse renaître en majesté, les enfants d’Israël doivent réaliser la prophétie biblique, revenir à Jérusalem, y reconstruire le Temple et battre leurs ennemis. Avant de renoncer à leur foi.

Car, pour ces bigots de combat, seuls les chrétiens survivront à l’Apocalypse. Et les Juifs seront priés de se convertir.

Trump devrait bricoler un petit tweet pour expliquer tout ça aux Israéliens et aux Palestiniens.


Article signé des initiales S. Ch. – Le Canard enchaîné – 01/07/2020


Le fin mot de la position de Donald Trump est dans le renouvellement espérer de son possible deuxième et dernier mandat présidentiel, pour lequel, il a absolument besoin de l’électorat juif américain. Son positionnement est dans la suite logique qu’il donne à voir au même titre -qu’au moins dans cette période transitoire préélectorale- il n’entend faire aucune concession en matière internationale sur la sécurité ou à titre commercial. Rappelons-nous aussi qu’il est guidé par sa représentante personnelle appartenant à l’église évangélique, sa « gourou », laquelle ce faisant un malin plaisir à désigner les pays où la religion coranique est pratiquée comme le mal infini qu’il faut éradiquer. MC