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Quand ils ont une idée dans la tête, chez Sanofi, un Doliprane ne suffit pas à l’effacer. Et encore moins un chef de l’Etat.

Le 16 juin, Macron était à Marcy-l’Etoile (Rhône) pour saluer l’installation d’une nouvelle usine de fabrication de vaccins. Un investissement de 490 millions d’euros qui doit générer 200 emplois, a triomphé Paul Hudson, le directeur général du géant pharmaceutique français.

Pour ne pas laisser filer les vaccins de Sanofi aux États-Unis, le chef de l’Etat a aussi annoncé une petite enveloppe de 200 millions d’euros pour accompagner les labos dans leurs recherches contre le Covid-19.

Certes, une aumône, au regard des 4 milliards de dividendes que Sanofi va verser cette année à ses actionnaires, mais de là à s’asseoir dessus… Et à annoncer, dix jours plus tard, que le labo français allait se séparer de 1.700 salariés en Europe, dont 1.000 dans l’Hexagone.

Vite un vaccin contre les licenciements

A quoi ça sert que le Président sorte des millions de la poche du contribuable au nom de la souveraineté ? Et que Serge Weinberg, le président de Sanofi, se targue d’être l’un de ses grands copains ? Il ne le lui avait pas dit, à Macron, que depuis des années sa boîte voulait faire le ménage parmi ses salariés pour abaisser ses coûts de 2 milliards d’euros d’ici à 2022.

Dès février, d’ailleurs, elle prenait le prétexte de la crise du Covid pour annoncer qu’elle allait rendre à la vieille Europe son indépendance pour la production des produits actifs par rapport à l’Asie. En fait, depuis 2017, elle souhaite se séparer de six de ses 11 usines de production en Europe. Elle veut se concentrer sur une centaine de médicaments (contre 300 actuellement).

Le médicament rentable, c’est son truc, et, pour le moment, elle n’en a pas trouvé un qui prémunisse contre les suppressions d’emplois…


Article signé des initiales J.-M. Th. – Le Canard enchaîné. 01/07/2020