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L’Élysée a annoncé vendredi 3 juillet la nomination de Jean Castex au poste de Premier ministre, après la démission du gouvernement d’Édouard Philippe.

Ce changement, qui n’était plus une surprise, marque la deuxième phase de la présidence Macron, remarque la presse étrangère. Cette décision était attendue […] après que « le Premier ministre français, Édouard Philippe, [a] présenté […] la démission en bloc du gouvernement, ainsi que la sienne », alerte depuis l’Espagne El País.

« Le profil de Jean Castex n’est pas éloigné de celui de Philippe », note El Periódico de Catalunya (Espagne) pour ce haut fonctionnaire de droite de 55 ans, ancien secrétaire général adjoint de Nicolas Sarkozy. [Pas moins vrai que ce premier ministre est avant tout un haut fonctionnaire qui selon les bruits de couloir (toujours à vérifier) ne serait plus que l’élément passe plat des ordres du chef de l’État Macron. Nous verrons à l’usage si ces bribes d’information se révèlent exactes. MC]

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En changeant de Premier ministre, « Emmanuel Macron a choisi […] de miser sur ce qu’il maîtrise le mieux, malgré les colères qui déchirent le pays : prendre les Français directement à témoin, convaincu que son socle d’électeurs est suffisamment solide pour lui permettre d’affronter les tourmentes sociales et économiques à venir », estime Le Temps, quotidien généraliste suisse.

Horizon 2022

Le Conseil des ministres prévu vendredi matin a été annulé. L’annonce de la composition du nouveau gouvernement devrait être connue avant le 8 juillet, date du prochain Conseil des ministres. Toute activité ministérielle est également suspendue hors affaires courantes, ainsi que les travaux à l’Assemblée nationale.

« Macron est désireux de relancer sa présidence à l’approche de la prochaine élection présidentielle de 2022. Ses trois premières années ont été marquées par des réformes économiques parfois controversées, les manifestations antigouvernementales de Gilets jaunes et la pandémie de coronavirus qui a tué près de 30 000 personnes en France et a déclenché une profonde récession », détaille, à Londres, The Financial Times.

Pour Le Temps (Suissse) : « [Le président de la République] accélère à un moment où la France, toujours fracturée, reste en convalescence post-Covid 19. Mais il semble vouloir le faire en prêtant davantage attention aux fondamentaux du pays : poids de territoires, importance de la participation des électeurs (à travers un possible référendum sur des mesures écologiques), réorganisation de l’Etat… »

Courrier international. Source (Extrait)  


Quelle version de la Macronie pour terminer le quinquennat ?

Le président de la République entame les deux dernières années de son mandat, alors que sa popularité stagne en France. Pour la presse étrangère, Emmanuel Macron est à un tournant de son quinquennat : sa politique penchera-t-elle à gauche ou à droite ?« À moins de deux ans de la fin de son premier mandat, le président français doit prendre une décision capitale qui pourrait sceller son sort » : pour le quotidien britannique The Times (Londres), l’été 2020 apparaît comme un tournant dans la présidence d’Emmanuel Macron.

Défait lors des élections municipales (où son parti, La République en marche, s’est noyé sous la vague écologiste) et éclipsé dans les sondages par l’ombre de son Premier ministre, Édouard Philippe, le président français s’interroge sur la marche à suivre pour aborder la course à la présidentielle de 2022.

Ex-trublion du paysage politique français

« Emmanuel Macron finira-t-il comme tant de ses prédécesseurs dans le rôle du président impuissant et sans autre ambition que celle d’éviter les grèves, les manifestations et les révoltes dont les Français aiment tant accabler leurs dirigeants ? » s’interroge The Times, journal conservateur.

« L’auteur du plus grand bouleversement électoral de l’histoire moderne française réalisera-t-il plutôt un second miracle en convainquant ses compatriotes de le suivre sur cette ‘nouvelle voie’ qu’il a promis d’ouvrir au début du mois de juillet ? »

« Trois ans après avoir fait exploser le système des partis dominants avec sa victoire à l’élection présidentielle et le raz-de-marée des élections législatives, LR-EM n’est plus le trublion du paysage politique français », soutient la bible des milieux financiers, The Financial Times.

La razzia écologiste au second tour des municipales […] a fait d’Europe Écologie-Les Verts (EELV) la force politique du moment à gauche. « S’ils parviennent à reprendre les électeurs centristes de Macron, les écologistes pourraient sérieusement entamer ses chances de réélection en 2022 », prévient leThe Financial Times..

Tournant “vert” !

Pourtant, « Macron affiche de plus en plus de préoccupations environnementales, et se rapproche des Verts », commente la Die Tageszeitung, quotidien berlinois classé à gauche.

La Convention citoyenne pour le climat, dont le chef de l’État français a déclaré qu’il retenait 146 des 149 propositions ce lundi 29 juin, est une façon de « tenir ses promesses électorales concernant la protection du climat », poursuit la Die Tageszeitung.

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« Seule l’émergence d’un candidat ou d’une candidate crédible du centre droit ou du centre gauche dans les deux prochaines années pourrait réduire les chances de Macron de parvenir au second tour et d’être réélu ».

Valentin Scholz – Courrier international. Source (Extrait)