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[Une fois réglée des élections municipales et le maintien ou pas d’Édouard Philippe, d’un vaste remaniement ministériel ou simple retouche, Macron entamerait le chantier territorial – MC]

Le chef de l’État aimerait mener (avec les régions et les départements ?) une réflexion de fond sur le nouveau « partage des responsabilités » qu’il érige en mantra de la dernière phase de son quinquennat ; mais il sait bien que la querelle politique et médiatique va se focaliser sur la question du calendrier des élections régionales et départementales. [Ni plus ni moins, l’autonomie des régions sont dans le viseur avec sa cohorte de disparités sociales et économiques. MC]

[…] Macron n’a pas été banquier d’affaires pour rien : sa proposition de reporter d’un an l’échéance normale des régionales, est formulée sous forme d’un « deal » : vous m’accordez le report que je désire, je vous accorde les compétences et les moyens financiers que vous réclamez.

« Gagnant-gagnant », comme veut le croire le chef de l’État ? Ou du « chantage », comme le dénonce Xavier Bertrand ?

Quand un exécutif veut changer une date ou un mode de scrutin, c’est toujours qu’il y cherche un intérêt personnel. En l’occurrence, après des municipales ratées faute de sortant et d’offre forte, mieux vaut éviter à un an de la présidentielle des régionales d’autant plus risquées qu’elles ont toujours servi d’exutoire contre le pouvoir en place.

Le pari de Macron est que Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez pensant aussi à la présidentielle pourraient aussi avoir intérêt à un report.

Mais évidemment, ces calculs ne peuvent pas être mis en avant.

D’où la justification par le plan de relance post-Covid dont il offre aux départements d’être les fers de lance en les « libérant » ainsi du temps d’une campagne. […]

Mais l’enjeu pour Emmanuel Macron est aussi d’enchâsser ce débat électoral dans une réflexion plus vaste sur la décentralisation. Ce n’est guère un mystère : le chef de l’État est agacé par ces « barons » locaux qui veulent toujours plus de compétences mais refusent d’endosser la responsabilité.

[…]

Macron croit plus à la déconcentration, c’est-à-dire à la revalorisation du rôle des préfets de département. Et surtout à la « différenciation », maître mot de la loi que prépare Jacqueline Gourault. C’est dans ce cadre qu’il pense rétablir le « conseiller territorial » instauré par Nicolas Sarkozy et supprimé par François Hollande. Mais dans certaines régions seulement ; celles qui comptent le moins de départements.

[…]… le vrai problème est une opinion toujours méfiante face à un pouvoir qui veut changer les règles [lorsque ça l’arrange. MC]. […]


Article réalisé d’après une trame de Guillaume Tabard. Le Figaro. Titre original de l’article : « Pièges et arrière-pensées d’un report des régionales ». Source (extrait)