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Préambule. Il nous semblerait déplacé de faire une quelconque remarque à celui (demain à ceux) qui a quitté, qui quitteront, le service public pour postuler dans le privé. La privatisation du rail puisque c’est de ça qu’il s’agit dans cet article nous amène à nous poser plusieurs questions notamment sur la sécurité dans les transports ferroviaires a venir.

Les exemples de privatisation du rail existent dans plusieurs états du monde entier, aucun n’a réellement assuré un service de qualité et en toute sécurité, par contre état remarqué le nombre d’incidents voir d’accident grave que ce type de transport dans des pays étrangers a suscité.

C’est sur cette ligne de conduite que nous dénonçons non pas celles ou ceux qui s’engagent (nous pouvons les comprendre au regard de leur rémunération dans le service public) dans de nouveaux contrats sans garantie d’avenir mais avec des rémunérations nettement supérieures, par contre nous dénonçons avec toute la vigueur possible la privatisation rampante de ce mode de transport ou bien évidemment ne subsisteront que les lignes les plus rentables au détriment des dessertes régionales voir locales. MC

Il y a eu cette boule au ventre qui refusait de partir, puis ces nuits blanches à s’interroger sur la manière dont ses collègues cheminots allaient recevoir la nouvelle. Finalement, Steve (le prénom a été modifié) a franchi le pas. Après plus de 20 ans d’ancienneté à la SNCF, cet amoureux du train a abandonné le statut et ses avantages pour signer un contrat de travail classique avec l’entreprise publique.

Fini donc la garantie de l’emploi, la sécurité sociale propre aux travailleurs du rail et la retraite avantageuse. « J’ai vendu mon statut pour quelques centaines d’euros par mois, reconnaît ce père de famille, très soucieux de ne pas être reconnu. Mais je ne regrette pas. Je suis même soulagé. »

L’aboutissement de plusieurs mois de réflexion. « Vous vous demandez comment j’ai pu quitter ce fameux statut?, sourit Steve, un brin provocateur. Je n’avais plus de perspectives d’évolution à la SNCF. J’étais arrivé au maximum de ce que je pouvais toucher en suivant la grille salariale du statut. » Soit 1 900 euros nets par mois, jusqu’à 2 500 euros en empilant le travail de nuit, les week-ends et les astreintes.

Une entreprise extérieure prête à le recruter immédiatement

« Je voyais les jeunes que je formais, qui n’étaient pas au statut, gagner presque autant que moi après six ou sept ans d’ancienneté, décrit le quarantenaire. Leur formation SNCF en poche, ils quittaient la boîte, sans état d’âme, et retrouvaient facilement un boulot mieux payé et moins fatigant. Moi, comme beaucoup de cheminots, je travaillais au noir mes jours chômés pour arrondir mes fins de mois. J’ai dit stop. »

En fin d’année dernière, Steve met son CV sur les réseaux sociaux professionnels. L’effet est immédiat : « J’ai été contacté par plusieurs entreprises. Les profils SNCF intéressent la RATP mais aussi les compagnies belges, suisses, italiennes et même l’industrie aéronautiques. Notre cœur de métier c’est la sécurité. Et à la SNCF, nous ne sommes pas si mauvais que ça. »

De son premier rendez-vous avec les ressources humaines d’une entreprise extérieure, Steve en tire une conclusion : « Je vaux bien plus que ce que me paye la SNCF. Cela a un choc. Sans discuter, ils m’ont proposé un salaire net équivalent à ce que je touchais à la SNCF, primes comprises. Sans compter les dispositifs financiers, comme l’épargne salariale. »

[…] Dans la foulée, le cheminot prévient la compagnie de ces appels du large : « Les RH de la SNCF m’ont rapidement contacté, ils ne voulaient pas me perdre. » Un empressement qui interroge sur le métier de Steve. « Je travaille au matériel, dans l’entretien des TGV. » Il n’en dira pas plus, toujours attentif à préserver son anonymat pour « éviter la provocation ».

Qu’importe ! Non seulement la compagnie s’aligne largement sur ses prétentions salariales, tient compte de son ancienneté, mais lui organise aussi un plan de carrière : « Je me suis interrogé sur ce que valait le statut, reconnaît Steve. 30 000 euros ? 40 000 euros ? C’est compliqué à calculer. Mais le plus dur a été de voir l’étonnement du RH en découvrant sur ma fiche de paie que j’étais si peu payé. »

[…]


Vincent Vérier. Le Parisien. Titre original : « Rachat du statut de cheminot : « la SNCF ne voulait pas me perdre », raconte un employé ». Source (extrait)