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Il attend quoi Jupiter, que le peuple se révolte enfin … il est comme un gosse qui accumule les conneries pour savoir jusqu’où il peut pousser le bouchon afin de faire sortir ses parents de leurs gonds. MC

Après La crise du Covid-19, on pensait naïvement que la santé publique deviendrait un objectif prioritaire de l’État.

Finalement, la privatisation de l’hôpital mise sur les rails depuis des années, et suspendue pendant l’épidémie, repart de plus belle, comme dans les autres services publics. Demain, les citoyens devront payer pour être soignés dans des cliniques privées, s’instruire dans des écoles privées et être protégés par des polices privées. […]

Dans ce climat de liquidation générale, l’appel du 18 juin ne mérite plus d’être célébré, car sa commémoration relève aujourd’hui de l’escroquerie. Tout le monde se prend pour de Gaulle, l’homme qui avait l’ambition un peu mégalo de sauver la France à lui tout seul, alors qu’aujourd’hui les têtes pensantes au sommet de l’État ne rêvent que de la privatiser et de la vider de sa substance, comme on éviscère un lapin ou une carpe.

Si on était vraiment gaulliste, on exigerait de débaptiser toutes les avenues du Général-de-Gaulle de l’Hexagone, de démonter toutes tes statues à son effigie, car de sa haute idée de la France, il ne reste plus rien. De Gaulle est devenu un hologramme qui flotte dans le vide. Et ceux qui osent encore le célébrer n’ont retenu de lui que son côté le plus déplaisant, c’est-à-dire son habileté à manoeuvrer, comme lorsqu’il fit croire aux Français qu’ils faisaient partie du camp des vainqueurs en 1945, et aux pieds-noirs que l’Algérie resterait française.

« Je vous ai compris », semblait dire à ses compatriotes le président Macron pendant la crise du coronavirus. Et à peine sorti du confinement, le démontage de l’hôpital public se poursuit.

Mais quand on ment à ce point aux citoyens, le mince fil d’Ariane qui relie encore le pouvoir à la légitimité populaire risque de se rompre. La prochaine étape sera-t-elle la guerre civile?

Macron a raison de craindre le sécessionnisme des banlieues, car cette menace en annoncerait d’autres, qui ne reposeraient plus sur des critères ethniques, mais sur des catégories sociales, des classes d’âge, des zones d’habitations rurales ou périurbaines.

Au lendemain des affrontements surréalistes dans les rues de Dijon entre communautés rivales, des représentants tchétchènes locaux nous ont assuré que tout était réglé.

Après avoir concédé ses missions de service public aux plus offrants, l’État délègue l’autorité qui lui reste à des petits chefs de quartier.

Le plus tragique est que cet abandon d’autant de prérogatives ne résulte même pas d’un choix idéologique véritablement affirmé, mais bien plus d’un manque total d’imagination, d’une incapacité à créer des outils politiques extraordinaires, comme la Sécurité sociale en 1945 ou le Code civil en 1804 par Napoléon. […]


RISS – Charlie Hebdo -24/06/2020