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… et définir une autre façon de régler la situation !

L’écrivain royaliste et catholique traditionaliste Jean Raspail est mort le 13 juin, à presque 95 ans. Il laisse derrière lui un roman publié en 1973, Le Camp des saints, devenu le texte de référence de tous ceux qui croient la civilisation occidentale définitivement abîmée, sinon vaincue, par l’immigration, le multiculturalisme et l’esprit de repentance des Européens.

Survenue le jour même de la manifestation à la mémoire de George Floyd et d’Adama Traoré, sa disparition résonne en écho dans le slogan écrit sur la banderole déployée place de la République, à Paris, par Génération identitaire et réclamant « Justice pour les victimes du racisme anti-blanc ».

Car Raspail n’était pas seulement celui qui avait été précurseur de la théorie du « grand remplacement » : c’était l’enfant d’une famille bourgeoise d’avant 1940, élevé dans des traditions déjà mortes et qui, croyant son pays perdu parce qu’il ne le reconnaît plus, s’évade dans l’imaginaire de son autre oeuvre importante, Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie (1981).

Du Figaro à Marine Le Pen, de Philippe de Villiers aux groupuscules nationalistes les plus radicaux, la mémoire de Raspail a été saluée ; son roman « prophétique », décrit comme une lecture salutaire permettant de comprendre la réalité d’aujourd’hui.

Que dit Raspail dans son roman ?

Il décrit l’invasion migratoire, l’arrivée de 1 million de migrants venus d’Inde convoyés par bateau jusqu’aux rivages de la Côte d’Azur. Mais aussi la révolte des immigrés déjà présents en France contre les « Blancs » ; les Maghrébins qui quittent leurs barres de HLM pour s’installer dans les beaux quartiers des villes en profitant de l’exode des « Français de souche » face à « l’invasion » ; la prise de pouvoir, partout, des « allogènes » de toutes origines et, bouquet final, la révolte armée de ce qui reste de bons patriotes pour bouter hors de France et les nouveaux venus débarqués du Gange, et les plus anciens, originaires de nos ex-colonies.

Le Camp des saints, on l’a compris, est un livre raciste.

Son auteur lui-même a ajouté à une édition ultérieure la liste des 87 passages qui tomberaient aujourd’hui sous le coup des lois Pleven et Gayssot.

Des éditions, il y en a eu huit, pour un total de 130.000 exemplaires vendus à ce jour, et la mort de l’auteur va relancer le filon.

Traduit en huit langues, du tchèque à l’afrikaans, cité par Steve Bannon, connu d’à peu près tous les protagonistes des droites radicales européennes et américaine, c’est le bréviaire de la génération nationaliste qui ne supporte ni le regroupement familial ni les lois contre le racisme, celle qui tient meeting en 1973 avec Ordre nouveau « contre l’immigration sauvage » et qui, en 1978 déjà, voit les candidats du FN aux législatives inclure la lutte contre « l’invasion migratoire » dans leurs professions de foi électorales.

Mais Jean Raspail inspire aussi la nouvelle génération des identitaires, c’est le plus important. Il est leur prophète qui a prêché dans le désert. Il trouve un écho parce qu’il ne se contente pas de fustiger l’immigration non européenne : il parle du sentiment du déclin, de la supposée veulerie des « élites » qui débouche sur l’injonction faite aux Français de se repentir de leur histoire, de leur passé en tant que « Blancs ».

Bref, de tout ce qui est en train de se réveiller à l’extrême droite, mais aussi au-delà, dans un contexte où l’indigénisme dans les minorités n’a pas fini d’exacerber les tensions.


Jean-Yves Camus. Charlie hebdo. 17/06/2020


Un avis qui ne regarde que l’administrateur … quoique ….

Voilà bien un texte qui pourrait alimenter une polémique (stérile ?) car en réalité nous l’avons dit maintes fois, des solutions contre les migrations existent encore faudrait-il les mettre en pratique. Plutôt que d’accaparer les sols et sous-sols pour produire des richesses par des entreprises internationales laissons aux autochtones le choix d’exploiter leurs ressources et payons-les à leur juste prix.

S’ils peuvent vivre décemment au pays, pourquoi émigreraient-ils.

Pour cela bien évidemment il faudrait, que les entreprises internationales cessent de piller les ressources de ces états, ou de rémunérer valablement les ouvriers, etc.

Certes se comporter en négrier officiellement n’existe plus, sauf que la réalité est tout autre ; cette conception d’exploitation rationnelle des ressources d’un peuple existe bel et bien encore de nos jours. MC