Les hôpitaux psychiatriques, ces oubliés

Manque de personnel, conditions d’hygiène alarmantes, vocations en berne… En psychiatrie, les patients sont parfois maltraités. Et les soignants aussi. Affaibli par des querelles internes, le secteur saura-t-il dépassé ses dissensions ? Il y a urgence.

Fin mars, alors que le pays s’installe dans le confinement, des masques et du gel Hydroalcoolique sont distribués aux hôpitaux, sauf… en psychiatrique.

Étourderie ? Trois mois plus tard, l’oubli porte toujours les professionnels qui depuis longtemps déjà se sentent méprisés. D’autant que l’épidémie aura aggravé le quotidien de leurs patients, confiné dans des chambres « monacales » comme nous le confie un chef de secteur du groupe hospitalier universitaire de Paris.

Des patients privés de télévision et de radio (car les fils pourraient aider au suicide). Contraint à assurer leur hygiène dans des sanitaires si vétustes qu’elle-même n’y prendrait pas une douche.

Le nouveau coronavirus à tout chamboulé.

  • Il a fallu assurer les soins au moment où les effectifs baissaient ;
  • jongler avec les règles du confinement pour assurer l’hôpital de jour ;
  • garder plus que prévu sans-logis et sans-papiers, faute d’établissements sociaux pour les accueillir.

Mais depuis des années la filière tire la sonnette d’alarme. En 2018, un mouvement de grève réclamée davantage de moyens ; à l’hôpital de Rouvray, en Seine-Maritime, plusieurs soignants en étaient arrivés a mené une grève de la faim…

Depuis, une mission d’information parlementaire s’est penchée sur le dossier, accumulant les témoignages glaçants – du type « faute de lit en a renvoyé une dame, elle s’est jetée le soir même dans la Garonne ».

En septembre 2019, le rapport rédigé par la députée Martine Wonner (alors LR-EM) et dédié une professionnelle (dont le suicide « a endeuillé les travaux de la mission »), estimait que la psychiatrie française se trouve « au bord de l’implosion »

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Youness Bousenna – Télérama. (Court extrait) 17/06/2020