Étiquettes

Le gouvernement plus prompt à distribuer des médailles qu’à s’occuper réellement du problème de la santé et des hôpitaux français. Rien ne bougerait et la casse toujours d’actualité. MC

Au lendemain de la manifestation nationale des personnels hospitaliers, la Fédération hospitalière de France (FHF) devait présenter ses propositions détaillées pour l’hôpital public de demain. Mais son président a tenu d’entrée à « tirer la sonnette d’alarme ».

Car le Ségur de la santé, vaste négociation lancée le 25 mai devant déboucher, à la mi-juillet, sur une réorganisation de notre système de santé, suscite déjà « colère et déception ».

« On a l’impression de travailler dans un brouhaha, sans priorités définies, et rien n’est sur la table concernant les promesses du gouvernement relatives aux salaires et aux investissements », regrette amèrement ce mercredi Frédéric Valletoux, président de la FHF, qui représente plus de mille établissements de santé.

« Le Ségur devait être un acte politique fort, on n’y est pas ! »

[…] Pour autant, la Fédération veut croire que des avancées sont encore possibles. Pour cela, elle propose un « new deal de la santé », qui repose sur six piliers :

  • une gouvernance des établissements plus démocratique et plus fluide,
  • un nouveau système de financement et d’investissement,
  • la revalorisation des carrières,
  • une vraie politique pour le grand âge,
  • une offre mieux organisée autour des besoins de chaque territoire
  • une politique européenne volontariste.

Une « nouvelle donne » à plus de dix milliards d’euros par an. Dont « 6 à 7 milliards » pour financer un « choc d’attractivité des carrières dans les secteurs sanitaire et médico-social », détaille Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération.

Elle assure que cette revalorisation « peut se faire très vite », en fusionnant entre 4 et 10 échelons selon les catégories de personnels, permettant une hausse immédiate de 130 euros (personnels techniques et administratifs) à 250 euros par mois (infirmières, manipulateurs radio…).

Au passage, la FHF propose de réformer le système « illisible » des primes, pour passer de cent primes différentes aujourd’hui à trois.

S’agissant des premières pistes de discussions sur le financement, « on ne va pas dans le bon sens », estime la FHF.

  • D’une part parce que la politique de prévention n’apparaît pas comme une priorité dans le Ségur,
  • D’autre part parce que la tarification à l’acte (T2A) conserverait une place importante dans le financement des établissements, notamment privés.

Face aux énormes besoins d’investissement, la FHF demande que « 7 % du budget, soit environ 2 milliards d’euros par an, soient dédiés à l’investissement », précise Zaynab Riet qui dévoile une proposition innovante.

La Fédération propose en effet de « recourir à l’épargne des Français », avec la création d’un « livret H », calqué sur le « livret A » dédié au logement social.

Le fruit du livret H, commercialisé par les banques, au taux bonifié, serait réservé au financement des investissements hospitaliers, en plus des subventions.

Rattraper le manque de personnel dans les Ehpad Sur le pilier « autonomie », la FHF salue l’engagement de création d’une 5e branche de la Sécurité sociale, dédiée au grand âge. Mais alors que le ministre de la Santé vient d’avancer le chiffre de 1 milliard d’euros de budget en 2021, les hôpitaux en exigent au moins 2,4 milliards d’euros.

Sur ce volet « autonomie », la Fédération estime qu’il faut embaucher 20000 à 25000 personnes par an, pendant trois ans, pour rattraper le manque de personnel dans les établissements médico-sociaux type Ehpad. « Dans un établissement de 100 places, cela représente 3 agents de plus par an, pendant trois ans », selon la secrétaire générale. La facture, elle, est évaluée à 2,4 Mds € sur trois ans


Daniel Rosenweg. Le Parisien. Titre original : « Ségur de la santé : la « colère et déception » des hôpitaux publics ». Source (extrait)