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Aux États-Unis, Joe Biden mène la course pour l’élection présidentielle de novembre prochain et semble creuser l’écart. Une réélection de Donald Trump n’est pourtant pas à exclure.

Il est peu de dire que l’élection de Donald Trump le 8 novembre 2016 avait pris par surprise les Européens. Cette élection avait alors suscité de nombreuses inquiétudes dans les chancelleries européennes. Et les quatre ans du mandat de Donald Trump n’ont fait que confirmer cette première impression.

Il faut dire, et c’est une vraie rupture,  que c’est la première fois que le président des États-Unis est ouvertement opposé au projet européen. En témoigne la dégradation très symbolique de l’ambassadeur de l’UE auprès des États-Unis passé du 27e au 173e rang de l’ordre protocolaire américain.

Trump est philosophiquement opposé à l’unité européenne au nom de la protection des intérêts américains. Et, il n’aura eu de cesse de tenter de favoriser la division des Européens au cours de son mandat. Tout part d’une lecture mercantiliste des relations internationales. Pour Trump qui ne jure que par les rapports de force, le système multilatéral affaiblit considérablement les États-Unis en les soumettant à des accords perçus comme inéquitables.

Les attaques contre les institutions multilatérales (OMC, OMS dernièrement) et contre ces accords nuisent aux intérêts européens qui bénéficient et promeuvent ce système multilatéral. En cherchant à diviser les Européens, Trump entend réduire leur pouvoir de négociation. Pourtant, en attaquant brutalement les intérêts commerciaux des Européens dans ses guerres commerciales, Trump, plutôt que de diviser l’Europe, a réussi à renforcer son unité. Pour l’instant, au moins.

Un second mandat de Trump serait-il nécessairement aussi mauvais pour l’Europe ? Après tout, pour faire face à la Chine, les États-Unis auront probablement besoin d’alliés. Il est pourtant tout à fait probable qu’un second mandat de Donald Trump soit tout aussi mauvais que le premier, s’il n’est pas pire. Et, la prochaine victime de l’ire trumpienne pourrait bien être l’OTAN, perçu par le président américain comme le financement par les États-Unis de la défense de l’Europe.

Rappelez-vous, il y a quatre ans, le candidat Trump évoquait la possibilité d’un retrait américain de l’OTAN. L’annonce du retrait de 10.000 soldats américains du sol allemand la semaine dernière rappelle que le sujet est loin d’avoir disparu pour lui.

Mais l’élection de Joe Biden serait-elle une bonne nouvelle pour l’Europe ? Ce n’est pas si simple. Bien sûr, l’élection de Joe Biden serait une meilleure nouvelle qu’une réélection de Trump.

Pour autant, les intérêts américains et européens ne sont plus nécessairement convergents au XXIe siècle. Trump n’est ainsi pas le seul à penser que les États-Unis devraient se retirer de l’OTAN.

Il y a 4 ans, l’idée était également défendue par un certain Bernie Sanders. Les Européens vont devoir apprendre à vivre avec ; ou plutôt sans les États-Unis.


Edouard Simon, RCF-La Matinale. Source (lecture libre)