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  • Est-ce à dire que les Français vont devoir se retrousser les manches, au-delà des 35 heures de travail hebdomadaire?
  • Vont-ils devoir renoncer à un jour férié?
  • L’âge légal de départ à la retraite va-t-il être repoussé, comme le prévoyait le brûlant projet de loi avant la crise sanitaire?

Cette expression présidentielle « a un air de déjà entendu », rappelle Philippe Martinez. Le secrétaire général de la CGT aurait, dit-il, « préféré entendre Travailler tous, plutôt que travailler plus ! ».

C’est justement ce qu’a précisé, ce mardi matin sur France Info, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, premier membre du gouvernement à faire l’exégèse du discours présidentiel. Selon lui, l’injonction d’Emmanuel Macron à « travailler et produire davantage » signifie surtout qu’il faut « travailler tous » et non demander aux salariés d’abandonner des jours de congé.

Dans l’entourage du ministre, on précise que « si les Français ont une bonne compétitivité au travail, au global, le volume d’heures effectué n’est pas suffisant. »

C’est-à-dire ? « Nous avons trop de chômeurs, des jeunes qui rentrent trop tard sur le marché du travail et des seniors qui en sortent trop tôt, précise un proche. C’est à nous de faire en sorte d’éviter les faillites pour empêcher le nombre de chômeurs d’augmenter. »

Il est aussi urgent, selon Bercy, de remettre le dossier des retraites sur la table. « La problématique ne s’est pas effacée avec le Covid », prévient-on, tout comme au Medef, où l’on s’inquiète des licenciements massifs de seniors dans les mois qui viennent.

Au cabinet du secrétaire d’état en charge des retraites, Laurent Pietraszewski, on explique d’ailleurs que la réforme des retraites avec son système par points (qui implique de travailler plus longtemps) « reste légitime ».

Autre préoccupation : les 700.000 jeunes qui entrent sur le marché du travail cette année. « L’arrivée de ces jeunes en septembre est attendue par tout le monde, souligne Patrick Martin, vice-président du Medef. Il faut mettre en place des dispositifs exceptionnels et dérogatoires.

[…] Déjà, depuis le confinement, des verrous juridiques ont été forcés pour faire exploser le volume horaire des salariés. « Certaines entreprises auront besoin d’avoir recours aux heures supplémentaires, reconnaît-on à Bercy. Et d’autres, en sous régime, auront besoin de baisser les rémunérations et le temps de travail. Tout cela se fera temporairement et au cas par cas. »

[…] « Des mesures à caractère général n’auraient aucun sens. Il faut des réponses entreprise par entreprise, négociées avec les salariés comme doivent l’être par exemple les accords de performance collective », précise Patrick Martin. […]

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Aurélie Lebelle, Matthieu Pelloli et Daniel Rosenweg. Le Parisien. Titre original : « « travailler davantage » : la petite phrase Emmanuel Macron qui fait grand bruit ». Source (extrait)