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[…] … En fait d’annonces fracassantes, le chef de l’État s’est borné à vanter les mérites de sa politique économique, tout en traçant un timide cap pour la suite.

« Chômage partiel, prêts aux entreprises, accompagnement aux indépendants… Tout a été mis en œuvre pour sauvegarder nos emplois », a-t-il tout d’abord énuméré.

Avant de renchérir dans l’autocélébration : « Plans massifs pour l’industrie automobile, l’aéronautique, le tourisme… Nous avons mobilisé près de 500 milliards d’euros pour notre économie. Dans combien de pays tout cela a-t-il été fait ? »

Pour ce qui est de l’avenir, Emmanuel Macron s’est placé dans le droit-fil de son discours du 31 mars dernier, où il avait surpris par ses accents souverainistes. Il va falloir « reconstruire une économie forte, écologique, souveraine et solidaire », a-t-il martelé, appelant à sceller un nouveau « pacte productif ». Ce « pacte », aux contours flous, impliquera visiblement des relocalisations, mais seulement « lorsque cela se justifie ».

Au détour d’une envolée, Emmanuel Macron a également laissé entendre qu’il faudra « travailler davantage » (sans reprendre la formule sarkozienne jusqu’au bout qui précisait « pour gagner plus ») tout en insistant sur la multiplication probable des « faillites et des plans sociaux ». Une porte ouverte au chantage à l’emploi, qui a déjà commencé à être utilisé par certaines directions d’entreprises ?

Finalement, la seule annonce tangible tient en un plan de rénovation thermique des bâtiments, sans chiffrage pour autant. Quant aux mesures censées assurer la transition écologique de notre modèle productif, elles se résument à une « industrie plus verte » et à un énigmatique recours à « notre puissance maritime ».

Enfin, le chef de l’État a adressé quelques phrases aux personnels soignants, qui ont prévu de descendre dans la rue le 16 juin. Après avoir salué leur courage, il a assuré qu’ils seraient « revalorisés » dans le cadre du Ségur.

Les syndicats redoutent que, si les négociations débouchent bien sur une revalorisation de leur traitement, ce rattrapage salarial se fasse au prix d’une nouvelle flexibilisation.

 C’est ce qu’avait annoncé il y a trois semaines déjà le ministre de la Santé Olivier Véran en expliquant à des soignants de la Pitié-Salpêtrière sidérés : « Nous avons fait le bon diagnostic, nous avons pris les bonnes orientations. Mais nous n’avons été ni assez vite ni assez fort. » […]

Source [Extrait)


Version Jonathan Bouchet-Petersen dans « Liberation . Titre original : « Macron, réinvention et tentation du déni ». Source (extrait)

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  • Se réinventer sans rien renier de ce qui a été fait, ni la suppression de l’ISF ni la réforme de l’assurance chômage. Question de tempérament.
  • Se réinventer sans avoir élargi, durant ses trois premières années de mandat, le cercle de ses convertis. Pire, en ayant perdu en marche une bonne part des soutiens de sa conquête du pouvoir. Question de bilan et traduction d’une droitisation continue depuis 2017.
  • Se réinventer, parce qu’il le faut pour se relancer, mais sans élan et même sous une contrainte financière inédite avec une dette autour de 120% du PIB.
  • Telle est l’équation complexe personnelle à laquelle fait face Emmanuel Macron. Trouver un second souffle, pour le dire avec les mots du vieux monde, le défi est un classique du mandat présidentiel.

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Version Adeline Daboval dans « Le Parisien ». Titre original : « Restauratrice, policier, militant antiraciste…comment ils jugent l’allocution d’Emmanuel Macron » source (extrait)

[…] Amandine Chaignot pense rouvrir la salle de son restaurant mardi soir mais elle craint une reprise en douceur. « C’est bien d’avoir la possibilité de rouvrir, encore faut-il que les clients soient au rendez-vous… » s’inquiète-t-elle. Et l’habitante de Montmartre de craindre que cet été, les Parisiens déconfinés n’aient qu’une seule envie : quitter la capitale.

« Son discours ne suffit pas à calmer la colère des policiers » Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat de police Synergie Officiers « Après des semaines de « police bashing » et de caricatures, le président de la République est enfin sorti du mutisme et de l’ambiguïté pour livrer une parole de soutien envers les forces de l’ordre. On sent qu’il y a un changement de braquet au plus haut sommet de l’Etat : les manifestations avaient entraîné une certaine fébrilité et conduit le ministre de l’Intérieur à faire des déclarations dans la précipitation. Le président reconnaît que le quotidien de la police n’est pas le racisme et la violence, contrairement à ce que racontent les organisateurs de cette campagne de dénigrement. » « Nous n’avons jamais contesté qu’il y avait quelques personnes qui se comportaient mal dans nos rangs mais elles sont poursuivies et sanctionnées. C’est un phénomène très marginal et non systémique, comme tentent de le faire croire certains manifestants dont le but est de stigmatiser la police pour déstabiliser les institutions et affaiblir l’Etat ». […]

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Version Ellen Salvi dans « Médiapart ». Titre original : « Macron parle encore, mais ne promet toujours rien de précis ». Source (extrait)

Dix-neuf minutes pour ne pas dire grand-chose. Dimanche 14 juin au soir, Emmanuel Macron s’est exprimé pour la quatrième fois depuis le début de la crise sanitaire afin d’en « tirer les premières leçons » et de « dessiner en quelques lignes » le « nouveau chemin » qu’il entend emprunter pour les deux dernières années de son quinquennat. Comme il l’avait fait lors de sa dernière allocution, le président de la République a lancé des promesses de « réinvention », sans offrir de garanties concrètes. […]

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C’est en fin d’allocution que le chef de l’État a renoué avec le discours classique de la droite, appelant tout un chacun à s’« unir autour du patriotisme républicain » et n’abordant les mouvements actuels que sous l’angle du « communautarisme ». « La République n’effacera aucune trace ni aucun nom de son Histoire. La République ne déboulonnera pas de statue », a-t-il affirmé, confondant de nouveau l’histoire et la mémoire, comme l’a souligné l’historien Nicolas Offenstadt sur Twitter […]

Version Grégoire Poussielgue dans  « Les Échos ». Titre original : «Emmanuel Macron accélère le déconfinement et promet de reconstruire l’économie ». Source la parenthèse extrait)

[…] Emmanuel Macron a dressé ce dimanche [14 juin 2020] à la télévision le bilan de ces trois mois inédits et esquissé les premières étapes de l’après. « Tourner la page du premier acte de la crise que nous venons de traverser », a-t-il dit en préambule, se déclarant « fier de ce qui a été fait » pendant la crise sanitaire, malgré les failles. Après avoir réuni vendredi matin les membres du Conseil scientifique puis, dans la foulée, le Conseil de défense, Emmanuel Macron a pris la décision d’accélérer le déconfinement. […]

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Les pressions pour accélérer le déconfinement se faisaient de plus en plus fortes au cours des derniers jours. « S’il se confirme que la pandémie est sous contrôle, oui il faut accélérer le déconfinement parce que chaque jour, chaque semaine coûte à l’économie, et que plus vite on déconfinera, plus vite on repartira travailler, consommer, voyager, plus vite on sauvera l’emploi », avait répété dimanche le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux. « Faire repartir pleinement notre économie » La crise sanitaire presque passée, il faut maintenant reconstruire. La facture du « quoiqu’il en coûte » évoqué le 16 mars est lourde. « Nous avons mobilisé 500 milliards d’euros », pour sauvegarder les salariés et les entreprises, a souligné Emmanuel Macron. Il a promis de « s’engager dans cette reconstruction économique ». […]

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Emmanuel Macron est sous une triple pression. Celle de sa majorité. De plus en plus fébrile, elle attend des lignes claires sur les deux dernières années du quinquennat. Celle des oppositions ensuite, qui, après avoir pointé les défaillances dans la gestion de l’épidémie de coronavirus , restent très critiques. Enfin, Emmanuel Macron reste sous la pression de l’opinion. L’inquiétude vis-à-vis de l’épidémie baisse, mais la confiance des Français n’est pas revenue pour autant.