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En déjouant bon nombre de manœuvres macronesque, la gauche en s’unissant sur des programmes bien précis, semble au travers des élections municipales, reprendre goût à un travail en commun qui permettra aux communautés municipales, la prise en compte du bien-être de l’humain, plus que des valeurs financières. MC

Exemple le Val-de-Marne

Plusieurs villes à suspense, quelques attelages baroques et peut-être une bonne surprise : voilà le goût qu’aura pour la gauche le cru des municipales dans le Val-de-Marne.

La deuxième ceinture rouge de la région parisienne après la Seine-Saint-Denis abrite certes quelques bastions historiques, mais cela fait longtemps que la ceinture a besoin de bretelles pour se maintenir. Autrement dit, le soutien des autres partis de gauche, au moins au deuxième tour. […]

  • Un du côté de l’union à gauche

A Villejuif, les règles du jeu entre les quatre impétrants de gauche ont été fixées dès l’automne. « Nous nous sommes rencontrés pour nous expliquer et pour nous apprivoiser », relate Nathalie Gandais, tête de liste EE-LV, qui a claqué la porte de la majorité municipale de droite en 2016.

Au vu de leur bon score aux élections européennes de 2019, les écolos se sont montrés gourmands dans les négociations. Le PS en a fait les frais, se voyant par endroits piquer sa place de partenaire privilégié des communistes. « On s’est saigné pour faire l’union de la gauche, fait savoir Jonathan Kienzlen, secrétaire fédéral du PS du Val-de-Marne. On a accepté de perdre des élus pour faire une place aux écolos ». . […]

La poussée verte est réelle au premier tour, y compris dans les villes de droite comme Saint-Mandé ou Saint-Maur-des-Fossés (19 %). . […]

A Choisy-le-Roi, la tête de liste écolo a rejoint le candidat LR contre Didier Guillaume (PCF). Baroque – et immédiatement désavoué par la direction d’EE-LV.

Boissy-Saint-Léger, un ticket EE-LV – LFI se présente contre le maire socialiste. «Si la gauche perd ces deux villes, ça va remettre en question l’union pour les départementales [de 2021, ndlr]» prévient le patron du PS départemental. . […]

  • Les mésunions

Autre excentricité de l’édition 2020 : à Arcueil, le candidat insoumis a pris place aux côtés d’un marcheur et d’une LR. La fusion a été condamnée par LFI mais, selon Fabien Guillaud-Bataille, patron du PCF du Val-de-Marne, « le problème, c’est qu’il n’y a pas d’instance de régulation à LFI, donc les comités locaux sont très divers : parfois ils participent à l’union et parfois ils se désistent malgré un beau score, comme à Choisy ou Villeneuve-Saint-Georges ». […]

Nicolas Massol. Libération. Titre original : « Dans le Val-de-Marne, une gauche unie à géométrie variable ». Source (extrait) https://www.liberation.fr/france/2020/06/11/dans-le-val-de-marne-une-gauche-unie-a-geometrie-variable_1790988

  • Le dispatche des Macrons compatibles …

76 alliances à droite

C’est le cas à Strasbourg (Bas-Rhin), où Alain Fontanel, lui aussi transfuge socialiste, a annoncé en dernière minute mardi soir une coalition avec le LR Jean-Philippe Vetter, arrivé quatrième le 15 mars, ou encore à Aurillac (Cantal), à Tours (Indre-et-Loire) et à Bordeaux (Gironde), pour contrer l’alliance de la gauche décidée avant le premier tour. Dans le Ve arrondissement de Paris, l’ex-LR Florence Berthout a finalement déposé une liste « d’ouverture » divers droite explique LR-EM. Un accord condamné par le député LR-EM de Paris Hugues Renson. 

33 alliances à gauche

Sur le flanc gauche, on dénombre 33 alliances avec des candidats LR-EM, «investis ou soutenus» par le parti présidentiel. A Dreux (Eure-et-Loire), un accord a été scellé entre le candidat LR-EM, la candidate PS et une divers droite contre le candidat divers droite. A Cholet (Maine-et-Loire), PS et LR-EM se sont unis contre le maire sortant divers droite Gilles Bourdouleix. A Auxerre, le maire sortant Guy Ferez était soutenu avant le premier tour par LR-EM et le PS. Pour le second, il s’est allié à la liste EE-LV, contre le candidat divers droite. A Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne), les candidats LR-EM, EE-LV et PS se sont alliés (les fédérations départementales socialistes et écologistes ont toutefois indiqué ne pas soutenir cette liste).

A Nîmes (Gard), la tête de liste de la gauche au premier tour, Daniel Richard, a annoncé son soutien au candidat LR-EM. Un ralliement vécu comme une «trahison» par les partis (PS, EE-LV et LFI) le soutenant avant le premier tour et ses colistiers.

Enfin, […] la candidate LR-EM ayant fusionné à Annecy (Haute-Savoie) avec le PS et EE-LV est en fait… une dissidente. Dans cette ville, le parti présidentiel soutient le maire sortant Jean-Luc Rigaut (UDI, aussi soutenu par LR). 

Des candidats soutenus par LFI ont par ailleurs rejoint des listes LR-EM pour le second tour, au grand dam du parti de Jean-Luc Mélenchon. C’est le cas à Arcueil (Val-de-Marne) et Colomiers (Haute-Garonne), où le candidat a rejoint un dissident LR-EM. A propos de ces ralliements, LFI a indiqué dans un communiqué : « Des têtes de liste ont pris la décision de rallier une liste LR-EM ou conduite par des dissidents LR-EM contre l’avis des insoumis(es) locaux. Ces décisions individuelles, contraires à notre texte d’orientation, n’engagent donc pas la France insoumise.»

54 désistements

Notons, enfin, que des candidats LR-EM se sont désistés, sans conclure d’alliance. C’est le cas dans 54 communes, selon le parti. A Perpignan (Pyrénées-Orientales), Cavaillon (Vaucluse) et Frontignan (Hérault), cette décision a pour but de faire barrage au Rassemblement national. A Montauban (Tarn-et-Garonne), le candidat LR-EM s’est désisté, sans donner de consigne de vote, ouvrant la voie à un duel LR-Divers gauche (DG). A Albi (Tarn), la candidate LR-EM, arrivée quatrième, s’est désistée sans donner de consigne de vote. Mais en expliquant, à propos de la fusion entre un collectif de gauche rassemblant déjà le PS et les Insoumis avec la liste EE-LV, qu’«il est hors de question pour nous que cette liste d’extrême gauche accède à la tête de la mairie d’Albi». A Rouen (Seine-Maritime), le candidat LR-EM s’est aussi désisté après avoir échoué à concrétiser une union.

Quant aux trois dernières villes citées dans cette liste dénonçant les alliances avec la droite pour le second tour, Angers (Maine-et-Loire), Nice (Alpes-Maritimes) et Toulouse (Haute-Garonne), les accords y ont en fait été passés avant le premier tour.

En résumé, le parti indique que «sur les 296 candidats investis ou soutenus par LR-EM présents au second tour des élections municipales dans les villes de plus de 9.000 habitants (hors arrondissements Paris-Lyon -Marseille)», 125 listes sont autonomes ou alliées avec le centre, 76 ont conclu des alliances à droite, 33 à gauche, 54 se sont retirées, et le soutien du parti a été retiré à huit candidatures. 


Pauline Moullot. Libération. Titre original : « Municipales : combien d’alliances LR-EM a-t-elle passé avec la droite ou la gauche pour le second tour ? ». Source (extrait)