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Lorsque l’on est un des hommes les plus riches du monde, la vanité pousse à paraître au-dessus de tout soupçon, de toutes d’irrégularités, pourtant ce n’est qu’un humain qui s’engraisse du travail de ses salariés. MC

Bernard Arnault ce mystérieux bienfaiteurs ne cessent d’embellir sa page .Wikipédia en supprimant ce qui fâche : arrangements fiscaux ou citations [diverses]

Empereur du luxe juché sur le podium des plus grandes fortunes mondiales, Bernard Arnault se doit de présenter une image impeccable. C’est l’avis de certains de ses « admirateurs », qui s’emploient à corriger les vilénies et autres dénigrements qui lui sont infligés par les médias.

Ainsi sa fiche Wikipédia est-elle, dans sa version tricolore, l’une des plus fréquemment enjolivées !

L’opération n’est pas sans intérêt : l’encyclopédie en ligne est consultée chaque jour par 600 millions d’humains, dont plus de 3 millions en France.

Les deux administrateurs du géant du Web auxquels on doit cette découverte avaient, à l’origine, bouclé une vaste enquête sur les modifications apportées aux articles par les agences de communication ou assimilées. Leur travail a mis en lumière l’action de mystérieux « contributeurs » qui, sans être formellement raccordés à ces agences, travaillent tout comme elles…

Pirate des îles Caïmans

Comme l’a souligné « lemonde.fr » (30/5), ce sont eux, concluent les administrateurs, qui ont procédé à 61 modifications majeures (un record !) entre 2011 et 2019 sur l’article consacré au PDG de LVMH. Plus de la moitié de ces bienveillantes interventions sont l’œuvre d’un poète dont le petit nom (pour le Web) est Roy La Poutre. Le duo ne l’a, à ce jour, pas identifié.

Exemples de ses retouches …

Le 28 avril 2016, il supprime la référence à un article du « Canard enchaîné », titré « Merci poltrons ! », racontant que Bernard Arnault a fait pression sur les médias dépendant de son groupe afin qu’ils passent sous silence la sortie en salles de « Merci patron ! », portrait corrosif signé François Ruffin.

Le 13 mars 2018, l’obligeant La Poutre fait disparaître la mention « paradis fiscal » accolée aux îles Caïmans, où le milliardaire a immatriculé son yacht. Et les plus beaux attributs (cinéma, piscine à fond de verre) du yacht en question, décrits par « Le Canard », sont pareillement escamotés par ses soins.

Exit, aussi, les références à un article du « Monde » sur les « Paradise Papers » où il est fait mention d’une propriété en Angleterre de Bernard Arnault.

Biffé, le rappel de l’embauche par LVMH de Bernard Squarcini, ancien patron de la DGSI.

Autre jolie censure repérée par l’équipe de Wikipédia : le 19 septembre, d’un coup d’éponge magique, Roy La Poutre efface la référence à une enquête de « Pièces à conviction », le magazine de France 3, intitulée « Bernard Arnault, l’art de payer moins d’impôts ».

Effacement fiscal

Quand il ne joue pas des ciseaux, Roy La Poutre manie la brosse à reluire.

Le 2 février, la fiche de l’homme d’affaires s’embellit d’une information capitale : « En février 2016, selon un sondage réalisé par l’institut d’études de marché et d’opinion BVA, Bernard Arnault arrive en tête du classement des entrepreneurs préférés des Français. » Interrogée par « Le Canard » pour savoir si Bernard Arnault a missionné La Poutre pour retravailler sa fiche Wikipédia, la direction du groupe assure ne pas être au courant.

On ne prête qu’aux (très) riches…

D’ailleurs, si Bernard Arnault inonde de pubs les journaux, s’il a acheté « Les Echos », « Le Parisien » et vient d’acquérir un quart de la holding personnelle d’Arnaud Lagardère (propriétaire, entre autres, d’Europe 1, de « Paris Match » et du « JDD »), c’est par amour de l’information. Et pas du tout pour contrôler son image dans les médias.

Honni soit qui « malle » (Vuitton) y pense !


Jérôme Canard. Le Canard enchaîné. 03/06/2020