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La fonderie de Bretagne dans l’engrenage des fermetures Renault, étant en jeu le ministre des affaires étrangères si cher à « la Macronie » a pesé de tout son poids … MC

La France et, accessoirement, Emmanuel Macron sont passés, jeudi 28 mai [2020], tout près d’une grave crise ministérielle. Ce jour-là, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, menaçait d’abandonner le Quai d’Orsay et de claquer la porte du gouvernement, comme un vulgaire Collomb.

Objet de son chantage à la démission : l’avenir de la Fonderie de Bretagne, que Renault possède à Caudan, dans le Morbihan, le fief de Le Drian. Cette usine, qui emploie près de 400 personnes, devait être fermée, selon le « plan de réduction des coûts » voulu par la nouvelle direction de la régie et révélé par « Le Canard » (20/5).

La nouvelle à peine connue, les syndicats de l’entreprise, CGT en tête, décident d’occuper les ateliers. La direction de Renault fait alors savoir qu’avant d’acter une fermeture définitive du site elle va procéder à « un examen stratégique (sic) » et tenter de trouver un repreneur.

Jean-Yves Le Drian prévient Matignon et l’Elysée que cette solution est inacceptable.

Parallèlement, il entreprend le siège de Bercy afin que Bruno Le Maire demande à Renault de renoncer purement et simplement à fermer les grilles de la fonderie bretonne.

Vendredi 29 mai au matin [2020], Jean-Yves Le Drian obtient satisfaction. Le même jour, à l’issue d’un comité social et économique extraordinaire organisé à Lorient, le directeur du site, Laurent Gaimard, annonce que « la fonderie ne fermera pas ». Le représentant de la CGT s’en réjouit en déclarant : « Pas de fermeture et pas de projet de repreneur ». Et annonce aux employés, réunis devant les grilles de la sous-préfecture de Lorient, que la direction va chercher de nouveaux débouchés pour la production de l’usine, qui va très vite reprendre.

Et à qui on dit merci, en breton ?


Article non signé. Le Canard enchaîné. 03/06/2020