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Le virus, qui au-delà de ses effets directs, nous impose ses effets secondaires sur l’économie.

Le nombre croissant d’entreprises en difficulté déjà sous assistance respiratoire intensive a de quoi inquiéter. Les milliards ne manquent pas pour redonner de l’air aux secteurs étouffés par la crise. Mais, comme chacun ne peut plus l’ignorer désormais, avec la surinformation sur le sujet, même quand l’intubation est réalisée avec le meilleur matériel et réussie, le problème en matière de coma artificiel n’est pas l’entrée mais la sortie.

La mortalité reste importante, et les séquelles ou les sérieuses difficultés à s’en remettre très fréquentes.

En clair, une entreprise qui ne survit pas ou sort mal ou diminuée de la période de l’épidémie, c’est évidemment d’autres ravages en chaîne pour les salariés.

A commencer par le chômage, que ne prennent déjà plus la peine de masquer les « soignants » du gouvernement.

Au début du confinement, Macron, la main sur le coeur, martelait qu’« aucune entreprise » ne serait exposée « au risque de la faillite ».

Deux mois et demi plus tard, ce n’est plus le cas. « Il y aura des faillites et il y aura des licenciements dans les mois qui viennent », déclare désormais Le Maire, son ministre de l’économie. « Je suis inquiète pour l’emploi », ajoute Pénicaud, celle du Travail.

Comme pour les patients atteints de comorbidité, les entreprises déjà en difficulté avant la crise auront du mal à résister. Beaucoup d’autres, frappées de plein fouet et clouées par l’inactivité, vont voir aussi leur survie menacée. La chute de production et la baisse d’activité auront dans les grands groupes des effets ravageurs sur l’emploi. Et nombre de PME et de commerces, de leur côté, ne pourront s’en relever.

Même si l’État veille à se désengager pas trop brutalement du chômage partiel, la sortie s’annonce aussi périlleuse que compliquée. Sans parler des pas moins de 700 000 jeunes qui se présenteront sur un marché du travail aussi cabossé à la rentrée…

Avec autant de réjouissances de ce genre annoncées, la moindre bonne nouvelle sur les suites du déconfinement, ce jeudi, sera, on l’aura compris, fortement appréciée.


Erik Emptaz Le Canard enchaîné. 27/05/2020