Étiquettes

Soixante-quatre jours qui marqueront a jamais l’espoir de démocratie véritable faite par et pour le peuple …

Trop souvent oubliées même dans l’ensemble des livres d’histoire et passés sous silence par les pseudo historiens-présentateurs-royalistes, Stéphane Bern en tête, Laszlo Matekovics (plus connu sous le nom de Lorànt Deutsch), Philippe De Villiers, … MC


[…]

Eugène Varlin a prononcé en 1868, devant un tribunal, alors que lui et huit de ses compagnons membres de l’Association internationale du travail (AIT, la Ière Internationale) étaient condamnés à des peines de prison pour avoir soutenu financièrement les grévistes du bâtiment à Genève.

Ses mots (dont on lui fait crédit même s’il s’agit d’une œuvre commune dont il est le porte-parole) sont hélas toujours d’actualités :

« Tant qu’un homme pourra mourir de faim à la porte d’un palais où tout regorge, il n’y aura rien de stable dans les institutions humaines. (…) 

Mettez le doigt sur l’époque actuelle, vous y verrez une haine sourde entre la classe qui veut conserver et la classe qui veut reconquérir ; vous y verrez une recrudescence des superstitions que l’on croyait détruites par le XVIIIe siècle ; vous y verrez l’égoïsme effréné et l’immoralité partout : ce sont là des signes de la décadence ; le sol s’effondre sous vos pas ; prenez-y garde ! »

[…]

Beaucoup de gens passent dans ces rues nommées Eugène Varlin et pourtant bien peu de gens ne savent qui est ce fils d’une famille paysanne né en 1839 à Claye-Souilly, en Seine-et-Marne. Il fut pourtant l’un des héros de la classe ouvrière naissante – « la personnalité la plus remarquable de la Commune », « l’âme de toutes les grèves, de toutes les manifestations », écrit de lui Jules Vallès, pourtant son adversaire parmi les meneurs de l’insurrection parisienne. […]

Eugène Varlin : Membre de la première heure de l’AIT (Association Internationale du Travail) en 1865, se consacre entièrement à organiser la solidarité ouvrière à travers les premières chambres syndicales, les caisses de résistance et la propagande en faveur du « socialisme collectiviste ou communisme non autoritaire », selon ses propres termes.

Ce n’est pas pour rien si, le 26 mars 1871, il fut élu au conseil de l’assemblée municipale par trois arrondissements parisiens (e 6ème, le 17ème (avec 81 % des voix) et le 12ème (avec 86,9 % des voix)). « C’est le Paris ouvrier principalement qui vote pour lui », note Rougerie. Il le lui rend bien.

« L’ère moderne fera son temps »

Eugène Varlin milite sans relâche pour la réduction de la durée de la journée de travail, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la liberté de la presse et d’association, l’instruction laïque et obligatoire ou encore l’impôt progressif. […]

Après avoir défendu désespérément Paris contre les Versaillais, et s’être opposé à l’exécution d’une cinquantaine d’otages, rue Haxo (20ème), il est fait prisonnier et exécuté à Montmartre le 28 mai 1871, Il avait 31 ans. […]


Mathieu Dejean. Les Inrocks. Titre original : « Pourquoi il est important de se souvenir d’Eugène Varlin, militant ouvrier et communard ». Source