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Il est « culbuto » jouet électoral, couleuvre passe-partout, avertisseur de seconde zone, navigateur par vents et marées, possesseur d’autant d’amis que d’ennemis… c’est François Bayrou, l’homme qui voudrait se faire aimer, au-delà de ces postillons éructés. MC

Le président du MoDem est en lévitation. Nul ne peut plus douter, à l’en croire, que son heure est venue, car il est l’un des rares, sinon le seul, vu la gravité de la crise économico-sanitaire, à avoir assez d’expérience, de sagesse et de neurones pour l’affronter. Pour commencer, il a dénoncé, devant ses amis, l’organisation bordélique de l’Etat.

« La crise, s’est-il écrié, a démontré à quel point la puissance publique est entravée par sa mauvaise organisation ! » En conséquence de quoi il milite notamment pour un retour de la planification sur le modèle Rocard 1981, sous l’égide d’un grand homme dont les initiales sont FB.

Et François Bayrou de préciser : « Il faut tout revoir, faire une révolution décentralisatrice. Car l’Etat est trop centralisé, trop bureaucratisé et trop engoncé. »

Selon lui, les décisions prises à Paris sont souvent « myopes » : elles méconnaissent les réalités très différentes du terrain. En outre, deux administrations locales peuvent prendre des mesures contradictoires. Exemple : la sécurité civile autorise une commerçante à ouvrir et la sécurité sanitaire lui ordonne, le lendemain, de fermer.

Enfin, chaque organisme se retranche derrière la procédure.

Exemple : les inspecteurs du Travail exigent que les toilettes des chantiers soient désinfectées par une entreprise agréée, « alors que chacun pourrait mettre un coup de gel sur la lunette ».

Quoi qu’il en soit, Bayrou s’est convaincu qu’il ne parviendrait pas à devenir le deuxième Premier ministre du quinquennat. En revanche, il se verrait bien être le premier Premier ministre du second quinquennat.

« Macron peut encore gagner en 2022, répète-t-il. Mais, pour cela, il faut tout changer, de l’organisation de l’Etat au gouvernement, et imposer une politique plus sociale. »

Au moins, c’est clair : Macron n’a plus qu’à suivre la ligne tracée. Fastoche !


Article non signé lu dans le Canard enchaîné. 20/05/2020