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J’ai diffusé récemment un certain nombre de mini textes d’un auteur Dan Franck. Comme vous, j’ai bien aimé la construction de ses phrases et la narration souvent illustrative, aussi je me suis procuré « Nu couché » afin de voir comment l’auteur s’en sortait avec l’écriture d’un roman.

Je vous le dis tout de go ce livre m’a emballé et plus que cela. Dans bien des chapitres je me suis retrouvé sur la période de mon enfance à l’adolescence bien sonnée.

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore je suis né dans le monde de la peinture artistique et même si la période relatée dans le livre « nu couché » est antérieure à celle que j’ai connue, il reste quand même que de l’immédiate après-guerre jusque dans les années 65, j’ai eu à côtoyer bon nombre de personnages peintres tels que relatés, (certains sont devenus célèbres), comme de me rendre dans maints ateliers (les odeurs, les tableaux sur chevalet, les modèles posant), et dès l’adolescence de côtoyer un certain nombre de lieux qui n’étaient plus des « bordels » officiels certes mais ou grouillait une faune décrite dans le livre.


Sur le livre :

Comme beaucoup d’autres artistes, Lev Karavine est venu en France attiré par la liberté et le mouvement artistique qui s’y développe.

A travers cette histoire romancée, Dan Franck, nous décrit une époque.

Elle fût par un certain coté, merveilleuse en nous faisant revivre un des temps les plus riches de Paris en matière d’art. Les personnages de ce roman s’appellent Modigliani, Zadkine, Soutine, Fujita, Max Jacob, Apollinaire, Vlaeminck, Juan Gris, Picasso, Utrillo et bien d’autres.

Horrible parce que nous sommes en pleine guerre de 14 et que l’auteur nous rappelle, par morceaux, la guerre des tranchées, les bombardements, les hommes éventrés, déchiquetés, qui agonisent des heures et une chose que je ne connaissais pas, l’utilisation d’artistes peintres au front, chargés de peindre des leurres.

C’est un fait historique avéré que nous trouvons dans le roman. Plusieurs de ces immigrés estimeront normal de s’engager dans l’armée afin de défendre leur nouvelle patrie d’adoption. Parmi eux, il y aura Modigliani, mais il sera refusé pour raison de santé et Apollinaire qui se rendra sur le front et connaîtra les horreurs des bombardements.

Revenons au roman. Lev Karavine s’engage aussi et, laissé pour mort, blessé dans le dos sans pouvoir bougé un homme agonise sous lui prononçant un nom de femme avant de s’éteindre. Gravement blessé, Karavine rentre à Paris et découvre qu’il n’arrive plus à peindre. Peindre est son seul gagne-pain, mais aussi sa raison de vivre et, sans elle, ses amis sont convaincus qu’il ne survivra pas. Toute son énergie est tournée vers la recherche de cette femme dont il n’a entendu que le nom et qu’il veut à tout prix retrouver. Un jour, à une vente chez Drouot, il croit la voir, hélas, elle disparaît aussitôt.

Je ne vous livrerais pas le reste du livre, il est à découvrir.

Il semble que le héros de l’histoire Lev Karavine soit un peintre fictif (un Constantin Korovine d’origine russe, a bien existé par contre).