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… Il se peut, il se pourrait, nous pourrions … cela prépare sous couvert l’opinion à un avenir proche, vraiment pas réjouissant.

La crise pourrait faire 620.000 chômeurs supplémentaires en France

Emplois perdus, baisse de salaires, chute de l’activité… Les données statistiques permettent de brosser un premier tableau, extrêmement sombre, de la France en crise.

Les chiffres donnent le vertige. Selon la dernière note de l’OFCE (organisme de prévision affilié à Sciences-Po), le chômage pourrait augmenter de 460 .000 personnes supplémentaires le premier mois du confinement, puis de 160.000 personnes les 25 jours restant. Soit, au total, 620.000 chômeurs supplémentaires, ce qui correspondrait à une hausse de 2,1 points du taux de chômage sur l’ensemble de la période.

Du jamais vu !

Cette flambée sans précédent passerait pour plus de la moitié par une chute drastique des contrats courts (CDD et intérim), et « refléterait la flexibilité accrue du marché du travail ces dernières décennies », note pudiquement l’organisme.

En période de crise, ce sont bien les salariés les plus précaires qui paient les pots cassés les premiers…

Pour l’instant, il s’agit bien évidemment d’hypothèses, construites par l’OFCE à partir d’une série de projections (taux de recours des entreprises au chômage partiel, emplois en contrats courts non reconduits, fins de période d’essai, etc.).

Mais les dernières statistiques de l’Insee confirment le pessimisme de l’organisme : selon l’institut public, l’économie française a détruit 450.000 emplois au premier trimestre, dont 300.000 emplois intérimaires.

Demain, le soutien de l’État va diminuer

Et tout porte à croire que la note risque de s’alourdir dans les semaines et mois qui viennent. « Si l’activité économique tourne au ralenti au moment du redémarrage, l’économie va continuer de détruire des emplois, souligne Pierre Madec, co-auteur de la note de l’OFCE. Sans compter que le dispositif de chômage partiel mis en place par l’Etat en mars va probablement être durci en juin : cela risque d’entraîner des suppressions d’emplois supplémentaires. » 

Le raisonnement est simple : en ce moment, l’Etat prend à sa charge la totalité des indemnités versées aux salariés au chômage partiel (soit 84 % du salaire net). Demain, le soutien de l’Etat va diminuer : de nombreuses entreprises pourraient du coup préférer licencier des salariés plutôt que de financer un chômage partiel jugé trop coûteux.

Il va de soi que si le gouvernement n’avait pas décidé d’étendre ce dispositif depuis mi-mars, le bilan social serait encore plus catastrophique. Mais l’OFCE rappelle que pour les salariés concernés, il n’est pas indolore.

Selon ses estimations, environ 6,6 millions de travailleurs devraient se retrouver effectivement au chômage partiel le 11 mai. Du fait de la compensation partielle de leur rémunération, ils devraient perdre au total 2,7 milliards d’euros de revenus, soit… 410 euros en moyenne pour huit semaines de confinement.


Cyprien Boganda. L’humanité. Source