Très curieuse atmosphère ces jours derniers relatés (ou interpréter, ou déformer) par …

…  Les médias de toutes sortes, tant au niveau des enchères et surenchères sur le « déconfinement », sur la validité de la réouverture des écoles, sur la pérennité d’Édouard Philippe à son poste de premier ministre, sur les flots de paroles souvent contradictoires du locataire provisoire de l’Élysée, sur l’économie nationale et le risque d’un énorme krach boursier, sur le nombre les risques de faillite d’entreprise, sur l’effarante évolution du nombre de chômeurs, de personnes obligées de quémander auprès des associations caritatives, sur le moral général, sur l’envie des Français de tourner la page sur cette société inégalitaire demandant de trouver une société équitable après cette épidémie, faisant en sorte d’oublier toutes les crises antérieures qui ont jalonné les 3 premières années du quinquennat Macron, et notamment (celle qui est la plus préoccupante) toute la partie de service public concernant l’hôpital, son personnel et les soins.

Nul doute que la cellule de communication de l’Élysée fonctionne à plein temps et avec elle ses relais médiatiques appartenant à des capitaines d’industrie, utilisant tous les moyens psychologiques, techniques, aussi bien que la rouerie ou le mensonge pour essayer de faire changer l’état d’esprit des Français, remonter avec juste raison, contre une gestion gouvernementale paupérisant la plus grande partie de la population française pour le plus grand profit de quelques-uns.

Nous parlons bien évidemment de ce quarteron d’entrepreneurs (en grand partie ceux qui ont installé le roitelet à ce poste et en attendant retour), par exemple, en autorisant, hors tous avis de sécurités sanitaires, la réouverture d’usines afin qu’ils retrouvent des rentrées financières, ce qu’ils feront n’en doutons pas par tous les moyens y compris en marchant sur la tête de la famille politique droitière, de leur syndicat le MEDEF ou encore en bafouant tous les accords syndicaux. MC


  • 100 principes pour un nouveau monde Le Monde – Interview de Nicolas Hulot. – Source (extrait)

« Réparer la planète », « relocaliser des pans entiers de l’économie », « entendre la jeunesse », « de la dignité pour tous »… L’ancien ministre de la transition écologique et solidaire énonce ses propositions pour l’après-Covid-19.

[Le 10 mai 1994, Nelson Mandela, premier président noir d’Afrique du Sud, élu deux semaines plus tôt, prononce un discours d’investiture qui marque les esprits. Il y prône notamment les valeurs de réconciliation et déclare : « Le temps est venu de panser nos blessures. Le moment est venu de réduire les abîmes qui nous séparent. Le temps de la construction approche ». A l’approche du déconfinement, s’inspirant de cette phrase, Nicolas Hulot, militant écologiste et ancien ministre de la transition écologique et solidaire d’Emmanuel Macron, a décidé de décliner à sa façon son « temps est venu », à travers cent principes fondateurs, selon lui, d’un nouveau monde pour l’après-crise du Covid-19, qu’il énonce dans une tribune au « Monde ».

Plusieurs célébrités du monde de la musique ou du cinéma, mais aussi vingt Prix Nobel, ont signé une courte tribune dans Le Monde contre le « consumérisme ».

« La catastrophe écologique en cours relève d’une « méta-crise » : l’extinction massive de la vie sur Terre », affirme le texte. « Le consumérisme nous a conduits à nier la vie en elle-même : celle des végétaux, celle des animaux et celle d’un grand nombre d’humains. La pollution, le réchauffement et la destruction des espaces naturels mènent le monde à un point de rupture », lit-on plus loin.  « Pour ces raisons, jointes aux inégalités sociales toujours croissantes, il nous semble inenvisageable de « revenir à la normal » », plaident les signataires, pour qui il s’agit là d’une « question de survie ».

Mais cet appel au changement exigé par ces personnalités publiques n’a pas manqué de faire grincer des dents, notamment en raison de la banalité du texte publié, qui ne comporte aucun détail sur la modalité du changement réclamé.

  • Les Français attendent avec impatience le déconfinement mais doutent du gouvernement François-Xavier Bourmaud. Le Figaro. Source (Extrait)

Déconfiner, oui. Sans faire confiance à Emmanuel Macron et à son gouvernement pour y parvenir. Si les Français attendent avec impatience la date du 11 mai, et pensent à 65 % que le déconfinement aura bien lieu à cette date, ils sont presque tout aussi nombreux (58 %) à ne pas faire confiance à l’exécutif pour le réussir. Pour autant, ils laissent de grandes latitudes au premier ministre sur les modalités de mise en œuvre de l’opération, prêts à ce que le déconfinement soit adapté au cas par cas.

« C’est une exception bien française en Europe, souligne l’institut de sondage Odoxa. Les Français ne font structurellement pas confiance à leur gouvernement dans toute la gestion de la crise sanitaire ». Signe de cette défiance, les Français sont persuadés que la sécurité promise pour le déconfinement ne sera pas au rendez-vous que ce soit dans les écoles (69 %) où les transports (74 %).

Sur ce dernier point, la défiance est d’autant plus forte que l’on se rapproche des grands centres urbains, […], souligne ainsi l’étude.

À l’évidence, le gouvernement n’a pas réussi à convaincre les Français que le 11 mai se traduirait par une plus grande disponibilité de masques sanitaires ou de tests de dépistage du Covid-19. « Initialement confiants dans le gouvernement lors de l’annonce du confinement le 16 mars, les Français ne lui font plus confiance depuis le 27 mars, date à partir de laquelle ils ont été persuadés que le gouvernement leur avait menti sur les masques», note l’étude.

  • Bernard Sananès (Elabe) : « Réorienter sans se renier est, pour Macron, un exercice extrêmement périlleux » Les Echos. Source (Extrait)

Président de l’institut Elabe, Bernard Sananès analyse la situation d’Emmanuel Macron, qui célèbre le troisième anniversaire de son élection en pleine crise du coronavirus. Il estime que le chef de l’Etat, qui « a eu beaucoup de mal à trouver le bon registre » face à la pandémie, aura du mal à « substituer à l’image du président des riches, celle du président pour tous ».

[…] …un rendez-vous est passé sous les radars de l’agenda présidentiel, et pas n’importe lequel : l’anniversaire de son élection, il y a trois ans. « J’avoue que je n’y avais même pas pensé… » confiait ce mercredi 6 mai un de ses collaborateurs, presque gêné par ses aveux. Signe d’une époque où les journées du pouvoir sont plutôt rythmées par l’urgence sanitaire, économique et sociale du pays, et surtout l’incertitude des jours prochains, l’entourage du chef de l’Etat aurait-il dont décidé de ne pas marquer le coup? « On ne fera rien, le contexte ne s’y prête pas, ça n’a même pas été évoqué, jure-t-on. Et puis, franchement, peu de gens ont capté que ce sont les trois ans effectifs de son anniversaire. Personne n’en parle ».

Avec trois années chamboulées par autant de crises au plus haut sommet de l’Etat : de l’affaire Benalla aux Gilets jaunes, jusqu’à cette terrible épidémie de Covid-19 qui met le pays quasiment à l’arrêt, au point de faire exploser les fondements économiques de son programme. On pourrait aussi y ajouter la réforme des retraites, comme les crises politiques marquées par les démissions de plusieurs ministres soupçonnés d’irrégularités, parmi lesquels François Bayrou, Richard Ferrand, François de Rugy ou encore Jean-Paul Delevoye. Et que dire de ces phrases présidentielles, parfois maladroites ou mal comprises, qui ont jalonné cette première partie de mandat et rythmé, elles aussi, ses courbes de popularité.

Nécessité de soutenir à la fois l’offre et la demande, alors que les caisses sont vides : on savait déjà l’équation complexe. Il s’y ajoute une préoccupation qui va croissant au sein de l’exécutif : la perspective d’une rentrée épouvantable pour les jeunes, diplômés ou non, qui vont arriver sur un marché du travail à l’arrêt, alors que des vagues de licenciement sont redoutées dans les prochains mois. « L’accès à l’emploi des jeunes est une question absolument vitale qui devra être une des priorités du plan de relance, et même une priorité nationale, souligne Bruno Le Maire. Il faut mesurer l’angoisse des centaines de millions de jeunes qui s’apprêtent à démarrer dans la vie sans aucune perspective. » Une préoccupation partagée au ministère du Travail : « Aujourd’hui, on est concentré sur la reprise, mais assez rapidement on va se poser la question des plans de relance et une des très hautes priorités portera clairement sur la jeunesse », confiait Muriel Pénicaud

Le 28 avril, le premier ministre, Édouard Philippe, avait annoncé devant les députés trois indicateurs qui allaient permettre de colorer en vert ou en rouge la carte des départements français en vue du déconfinement. Il y avait «la circulation du virus», «les capacités hospitalières en réanimation» et enfin «le système local de tests et de détection des cas contacts». Or si les deux premiers points sont précisés et mis à jour tous les soirs par la Direction générale de la santé, le troisième critère a lui complètement disparu des radars et n’a jamais fait l’objet de la moindre carte. L’administration promet que les données seront disponibles jeudi 7 mai, au moment de préciser l’étendue du déconfinement. 

Dans cet établissement parisien, très touché par l’épidémie, le nombre de malades a diminué. Mais médecins et infirmières craignent une fausse trêve. Blues, fatigue, appréhension…

  • « « On a vécu une tragédie » : pourquoi les Ehpad payent un si lourd tribut à l’épidémie due au coronavirus » Béatrice Jérôme. Jérôme Béatrice. Le Monde. Source (Extrait)

Depuis le début l’épidémie, plus de la moitié des 25.531 victimes du Covid-19 vivaient en maison de retraite. Au total, quelque 12.769 résidents en Etablissements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) sont morts depuis le 1er mars, selon le dernier bilan de Santé publique France. Parmi eux, 3.298 sont décédés à l’hôpital. Alors que les portes de leurs établissements s’ouvrent de nouveau aux familles, directeurs, soignants, médecins estiment avoir mené « une guerre sans arme », sur « un front sous-estimé » par le gouvernement avec des « directives ministérielles peu claires, inadaptées » et « corrigées » trop tard. Pour ces sentinelles du grand âge, des vies auraient pu être épargnées.

Alors que les premières plaintes en justice de proches de résidents décédés visent l’Etat mais aussi des Ehpad privés lucratifs, « il n’est pas question que l’on paye l’addition pour tout le monde », prévient Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Syndicat national des établissements et résidences privés pour personnes âgées (Synerpa). De bonne guerre ; elle braque les projeteurs sur les tutelles.

« Force est de constater que quand Olivier Véran [ministre des solidarités et de la santé] a repris nombre de nos demandes, l’administration a déroulé derrière. Mais on a perdu un mois et demi. Un retard à l’allumage sans lequel, affirme-t-elle, on peut penser qu’il y aurait eu moins de morts. »

Malgré la faible confiance des Français envers Emmanuel Macron et malgré les crises qui émaillent son mandat, ses opposants, de gauche comme de droite, ne sont pas parvenus à améliorer un tant soit peu leur image depuis 2017. Aucun nouveau visage n’a par ailleurs émergé.

Aucune personnalité politique ne parvient à recueillir ne serait-ce qu’un tiers de bonnes opinions. Gérard Larcher, le patron LR du Sénat, qui se plaît à se poser en contre-pouvoir, ne dépasse pas 16 % de bonnes opinions. L’écologiste Yannick Jadot, pourtant dopé par les dernières européennes, n’est qu’à 19 %, Jean-Luc Mélenchon a repris 7 points depuis le début de la crise du coronavirus ).

Evidemment, les ténors de l’opposition font de meilleurs scores dans leur camp. Marine Le Pen séduit plus de 80 % de ceux qui ont voté pour elle en 2017 et Jean-Luc Mélenchon plus de 60 % des siens. Même sympathie des électeurs de Xavier Bertrand, François Baroin ou Valérie Pécresse. Mais ils n’élargissent guère leur électorat. « Chacun reste dans son couloir de chalandise », résume Bernard Sananès, le président d’Elabe.


Conclusion générale qui ne regarde bien sûr que l’auteur de ces lignes : malgré tout ce qui est écrit, les sous-entendus sont nombreux laissant entendre qu’il était impossible de faire autrement et par conséquent que tout était bien fait en son temps par le gouvernement en place. Après il y a différentes façons de lire un texte même si ce n’est qu’un extrait. Ainsi chaque lectrice lecteurs de ce blog aura une lecture peut-être personnelle à l’inverse de notre conclusion. MC