Étiquettes

Entendez-vous le cliquetis du piège qui se referme sur les enseignants?

Dessin de Félix – Charlie Hebdo – 06/05/2020

À chaque fois qu’ils confient leurs doutes sur la rentrée des classes dès le 11 mai, le retour de bâton est instantané : Vous tergiversez! Est-ce qu’ils mollissent, les infirmiers et les réanimatrices? Les pompiers et les caissières? Les gendarmes et les chauffeurs de bus?

Les profs ont beau souligner que ce n’est pas pareil, qu’on exige d’eux qu’ils rompent un engagement, celui de protéger les élèves, rien n’y fait. N’est-ce pas pourtant l’un des premiers devoirs de la profession que de restituer les enfants à leurs parents dans l’état de santé où ils se trouvaient le matin même?

Or chacun a bien compris que ce ne sera pas possible. Des élèves risquent de transmettre le virus à leurs camarades, qui à leur tour le porteraient dans leur famille.

Bien entendu, il est urgent de raccrocher les « décrocheurs », ces élèves réfractaires pour mille raisons à l’enseignement à distance. Et il faut accueillir les enfants des Français qui reprennent le travail (ils rejoindront ceux des soignants pris en charge depuis déjà près de deux mois).

Mais les enseignants doivent pouvoir garantir que dès le 11 mai [2020] le protocole sanitaire de l’Éducation nationale (désinfections plusieurs fois par jour, distanciation dans les classes, les couloirs, les toilettes…) sera opérationnel dans leur établissement.

Le pourront-ils, si les élèves reviennent en grand nombre, encouragés par les autorités qui, certes, soumettent cette rentrée au « volontariat » ?

Alors ils préviennent : ils ne se lanceront pas à l’assaut des programmes. Il y aura des révisions, des remises à niveau, beaucoup de liens à renouer. […]


Marc Belpois. Télérama – 06/05/2020


Note de l’administrateur : nous ne savons comment prendre ce texte au premier degré, il nous semble incongru, déplacer, au second degré, il nous semble justement persifleur au regard de l’emphase des propos tenus par Macron et Blanquer.

Toutefois nous notons qu’à aucun moment dans l’article, n’ait pris en compte l’interrogation des Maires, rendus responsables au premier chef si il y a une quelconque complication dans les écoles ; de même le souci des parents d’épargner leur progéniture quitte à garder leurs enfants (et nous les comprenons aux vues des risques sanitaires) confinés et ainsi ne pas respecter l’injonction d’Emmanuel de reprendre le chemin de l’atelier, l’usine ou le bureau « pour sauver l’économie » de la France. MC