Voilà une analyse lue dans « Le Monde ». Elle appartient bien évidemment aux auteurs et ne saurait engager l’administrateur de ce blog dans cette démarche … bien que certains points … Toutefois il est n’est pas interdit de regarder l’article sous un autre angle. Celui qui consisterait … à croire que la population est ignare, inculte, incapable d’avoir un avis personnel. MC

Face à la pandémie de Covid-19, les pays n’ont pas été affectés de manière uniforme et n’ont pas non plus fait le choix de politiques sanitaires convergentes. […]

Depuis plusieurs semaines, le discours politique de gestion de crise est soumis à l’annonce quotidienne d’un bilan sanitaire. Tantôt plus de morts, tantôt moins d’hospitalisations.

De tels chiffres affectent en retour la réception par les citoyens du jugement accordé à leurs responsables politiques. Et, globalement, le résultat est sans appel : plus la situation sanitaire se dégrade, plus la gestion de la crise par l’exécutif est condamnée.

Dans notre enquête comparée et longitudinale couvrant à ce jour huit pays, la satisfaction vis-à-vis de la manière dont les gouvernements ont fait face au coronavirus varie du simple au double : en France, elle est à son niveau minimal (38 %), dans d’autres pays, tels que la Nouvelle-Zélande (91 %) ou l’Autriche (84 %), elle culmine.

Des niveaux de soutien importants se retrouvent aussi en Australie (80 %) et en Allemagne (74 %). Ils se différencient de la Grande-Bretagne (61 %) et de l’Italie (55 %), où la satisfaction reste majoritaire bien que plus limitée.

A l’inverse, les Etats-Unis (47 %) rejoignent la France comme les deux seuls cas où le gouvernement ne bénéficie pas d’une approbation majoritaire sur la capacité de gestion d’une telle crise sanitaire.

[…] L’évaluation par les citoyens de l’action de leur gouvernement est fortement associée à l’intensité de la crise sanitaire, mesurée par l’évolution du taux de mortalité du Covid-19 pour 100.000 personnes, deux jours avant nos deux vagues d’interrogation (23 et 24 mars, 15 et 16 avril). Plus le taux de mortalité croît, plus la satisfaction se dégrade.

Soutien inégal La France et l’Italie, pays dans lesquels le taux de mortalité a le plus progressé, respectivement + 22,2 et + 21,5, partagent le plus fort recul de l’évaluation gouvernementale, respectivement − 12 et − 11 points.

A l’inverse, lorsque la progression du taux de mortalité est faible (Allemagne, Autriche) ou nulle (Australie, Nouvelle-Zélande), l’évaluation de l’exécutif évolue positivement.

[…] attardons-nous sur deux autres lectures.

En premier lieu, les exécutifs pouvaient bénéficier d’un soutien inégal au début de la crise sanitaire, ce qui conditionne les jugements pendant celle-ci. Il en est ainsi de la popularité fragile (inférieure à 50 %) d’Emmanuel Macron et de Donald Trump.

En second lieu, il existe un effet cognitif de réception des annonces sanitaires. […] Les individus semblent de facto comparer les performances réalisées par les autres pays et ajustent en conséquence leur jugement.

Ainsi, un citoyen français sera plus sévère à l’endroit d’Emmanuel Macron au regard de la gestion de crise en Allemagne et, inversement, un citoyen allemand rétribuera son exécutif à l’aune du bilan britannique.

[…]


Sylvain Brouard et Martial Foucau. Le Monde. Titre original : « Coronavirus : « Les gouvernants n’ont pas toujours tiré bonne fortune de leurs choix politiques en termes de popularité » ». Source (extrait)