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Tout se sait un jour  … après tout ce désordre unit-t-il de conserver tous ces olibrius incompétents, vite, trouvons de nouveaux élus, avec un programme sérieux social équitable pour virer toute cette clique d’amateurs. MC

Tests de dépistage : un amateurisme détestable

L’énorme retard de la France concernant les tests de dépistage s’explique mieux à la lumière d’un épisode peu connu. Il aura fallu attendre le 21 mars (une semaine après l’annonce du confinement) pour qu’un groupe interministériel soit constitué sur le sujet !

Ce samedi-là, dans l’urgence, une vingtaine de cadres des ministères de la Recherche, de l’Économie et de la Santé sont chargés de travailler sur la stratégie et l’approvisionnement.

Première mission : établir la liste des fournisseurs et leurs capacités de production. « Ce travail basique n’avait pas été fait, ni en janvier ni en février, raconte, encore sidéré, un membre de la cellule. En deux jours et deux nuits, il a fallu rattraper un retard de plusieurs semaines. Cela ne coûtait pourtant rien de faire la liste des fournisseurs, même si on ne leur passait pas commande tout de suite, puisqu‘il fallait attendre l’homologation des tests par l’Institut Pasteur. »

Ce n’est que le 2 avril (la France déplore déjà plus de 5.000 morts) que la « cellule tests », définitivement constituée, est installée au centre de crise sanitaire du ministère de la Santé.

Son coordonnateur, Thomas Lombès, passe alors la main à Nicolas Castoldi, le directeur de cabinet de Frédérique Vidal, la ministre de la Recherche.

« Avant la cellule, il y a eu un vrai problème de réactivité. En février, on a contacté le ministère de la Santé, sans obtenir de réponse pendant quinze jours, alors qu’on a de grosses capacités de production », raconte un fabricant.

Après le retard à l’allumage, l’embouteillage : le 9 avril, Bain & Company, un cabinet de consultants privé, est lui aussi missionné sur le sujet, quitte à doublonner avec le groupe interministériel.

Selon la lettre de mission (épluchée par « Le Canard ») cosignée par Frédérique Vidal et Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État à l’Économie, Bain est chargé d’« assister » le gouvernement « clans le développement de capacités de production nationales ».

Objectif : assurer la « souveraineté » de la production.

« Logique : on fait appel à une boîte privée pour assurer notre souveraineté ! » se marre un haut fonctionnaire. « C’est une mission d’appui. Ils nous ont proposé leur aide gracieusement », explique le cabinet d’Agnès Pannier-Runacher.

Si c’est gratuit…


Article signé des initiales I. B. – Le Canard enchaîné. 29/04/2020