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Déconfinement: le vote du 28 avril fait bondir l’opposition et une partie de LR-EM selon Huffington Post… mais c’est oublier que LR–EM à la majorité de vote au Parlement et donc tout ce que dira Édouard Philippe sera accepté. MC


Quoi qu’il soit avancé, quoi qu’il soit dit, quoi qu’il soit légiféré, cet après-midi dans, pendant et après le discours du premier ministre, le respect de la santé pour tous ne sera pas totalement assuré notamment par la cause du retard à l’allumage dans les mesures sanitaires françaises, concernant le lancement, l’achat de matériel (ou fabrication) de protections sanitaires indispensables. Nous ne voulons pas accoler de possibles pensées morbides aux décisions gouvernementales (quoi que… Et sans humour noir) juste considérer les faits sur le terrain. Enfin il faut absolument prendre note que « comme d’habitude » toutes les décisions sont édictées pour les grandes villes et villages d’importances mais sont pratiquement inapplicables dans la plus grande partie de la ruralité française (manque de centres de dépistage, absence de transport en commun, nécessité de déplacement important, lois, décrets ou simplement prescriptions pratiquement irréalisables ou mettant en péril financièrement les municipalités). MC


Cette semaine, Edouard Philippe voulait “prendre le temps” de préparer le plan de déconfinement, le voilà finalement prêt à le défendre dès ce mardi 28 avril devant l’Assemblée nationale. 

La nouvelle est tombée ce samedi 25 avril dans la soirée, soit trois jours avant, alors que le débat parlementaire du mardi 28 avril devait à l’origine être consacré à la seule question du tracking. Déjà, à ce moment-là, la proposition d’un débat sans vote sur l’application Stop-Covid avait fait bondir les oppositions, avant qu’Édouard Philippe n’accepte de lui consacrer un vote.

Respecter le contrôle du Parlement

« Je présenterai la stratégie nationale de déconfinement mardi après-midi autour de 6 thèmes: la santé, l’école, le travail, les commerces, les transports et les rassemblements », précise ce dimanche le Premier ministre sur Twitter, avant d’assurer que cette « annonce de la stratégie de déconfinement » se ferait à l’Assemblée nationale pour « respecter le contrôle du Parlement ». [S’il vous plaît, veuillez ne pas rire à la dernière phrase. MC]

Pas sûr que les députés, eux, l’interprètent de la sorte. Première critique: le fait de mêler les deux débats, celui sur le traçage numérique et le plan global de déconfinement.

Aurélien Taché, figure notable de l’aile gauche de LR-EM, a pris les précautions d’usage pour s’en prendre à ce vote unique qui ne correspond pas, à ses yeux, « au niveau de démocratie parlementaire suffisant »

“C’est triste pour notre démocratie”

Son collègue Matthieu Orphelin se montre plus sévère, lui qui a quitté LR-EM il y a un an et qui a lancé avec Aurélien Taché une plateforme de mobilisation citoyenne pour penser à l’après-crise: « Le thème du débat et du vote ont été changés trois jours avant qu’ils n’aient lieu par l’exécutif. C’est triste pour notre démocratie. Le renouvellement des pratiques en politique, ce n’est pas ça », attaque-t-il. 

La concomitance des deux débats est également jugée « troublante » par la députée LR-EM Martine Wonner, qui a écrit en ce sens au président de l’Assemblée Richard Ferrand. « Comment le législateur peut-il se prononcer en sérénité sur un ‘plan de déconfinement’ – fondamental pour les mois à venir- alors qu’il ne le découvrira que quelques minutes avant le vote? », interroge l’élue alsacienne dans ce courrier obtenu par l’AFP, en réclamant que le vote sur le plan de déconfinement soit repoussé plus tard dans la semaine.

Cosigné par une dizaine de ses collègues, ce courrier déplore « que notre Assemblée ne soit réduite qu’à un avis consultatif »

L’opposition, évidemment, n’est pas en reste.

Pour les Insoumis. Revoilà l’attaque « Playmobil » pour dénoncer des députés « godillots » qui pourraient adopter le texte du gouvernement sans y apporter de grandes contributions, selon Jean-Luc Mélenchon. « Le texte sera détaillé 24 heures avant le vote en bloc. Les robots LR-EM voteront comme des automates. Telle est la monarchie macroniste. […]», dénonce le leader insoumis.

« M. Edouard Philippe va arriver mardi devant l’Assemblée nationale, va nous réciter son discours, nous dire quelles seront les mesures et ensuite séance tenante, sans aucun temps de réflexion ni d’examen critique, nous devrons voter pour ou contre. C’est une méthode insupportable », s’est insurgé Jean-Luc Mélenchon sur France 3. […]

Du côté du Parti socialiste, Olivier Faure. « Silence exigé dans les rangs LR-EM! Et le plan sera connu mardi matin pour un vote dans la foulée. Ainsi va la démocratie au temps du Macronisme! », s’agace-t-il, soulignant lui aussi que l’ordre du jour du Palais-Bourbon a été « bouleversé in extremis ». « Ce n’est pas sérieux, les députés ne peuvent être mis au pied du mur », a abondé le porte-parole du PS, Boris Vallaud, sur le même réseau social. 

La droite ne pense pas autre chose. Le député (LR) Eric Woerth, président de la commission des Finances, et le patron des députés LR Damien Abad, réclament tous deux de reporter le vote, afin de laisser « un temps de réflexion » aux parlementaires.

« C’est un sujet extrêmement grave, extrêmement sérieux. Il faut peut-être laisser 24 ou 48 heures aux parlementaires pour avoir un temps de réflexion et émettre un vote solide », a insisté Eric Woerth, y voyant un « bon moyen de concilier urgence et vie démocratique ».

Après avoir longtemps tergiversé sur la date et la forme à donner à cette annonce cruciale pour le pays, l’exécutif a néanmoins tranché. Alors qu’il ne voulait pas de vote sur l’application Covid-19, justement pour ne pas avoir à compter les députés de leurs rangs qui en seraient sortis, le vote sera donc global dès ce 28 avril.


Astrid de Villaines. Huffington Post. Source (extrait)