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Notre avis (qui ne regarde que nous … quoique) : Même si l’application est autorisée à titre d’engagement personnel, rien, personne, est capable de dire qu’aucun affichage quel qu’il soit ne soit pas intégré au logiciel incorporé dans le smartphone. Ainsi la liberté de chacun peut être mise en cause à jour l’autre… qui peut le prévoir, qui le sait aujourd’hui. MC

C’est l’un des outils sur lequel le gouvernement mise afin d’éviter une deuxième vague épidémique dans la crise du Covid-19, une fois le déconfinement lancé, à partir du 11 mai.

L’application pour smartphone StopCovid, en cours de développement sous l’égide de l’Institut National de Recherche en scIences et technologies du numérique (Inria), doit permettre de repérer et d’alerter des personnes ayant été en contact avec une personne diagnostiquée positive au coronavirus.

Etre prêt pour le 11 mai est un « défi », selon les propres termes du secrétaire d’Etat au numérique Cédric O, tant le déploiement de ce système sur lequel planche un consortium d’une dizaine d’entreprises privées (CapGemini, Dassault Systèmes, Orange…) est semé d’embûches techniques.

Le StopCovid soulève des questions éthiques.

Certains verrous techniques ont tout de même sauté. Comme celui empêchant le Bluetooth, le système sans fil utilisé pour détecter un autre utilisateur à proximité, de calculer les distances. « Afin de calibrer le système, il ne reste plus aux épidémiologistes qu’à évaluer la meilleure distance de détection et le temps de contact minimum », confie-t-on au cabinet de Cédric O.

Un gros point noir demeure toutefois et pourrait, s’il n’est pas réglé rapidement, compromettre l’efficacité de l’application.

Apple refuse de voir le Bluetooth activé en permanence sur ses iPhone afin de ne pas dégrader les capacités des batteries. Si le géant californien ne change pas de doctrine, l’application n’aura qu’une utilité très limitée sur les smartphones de la marque, soit près de 20 % des appareils en France.

Le système se heurte aussi aux réticences de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), voire à une franche hostilité.

Le gouvernement a beau assurer que l’utilisation de StopCovid sera « volontaire, anonyme, transparente et temporaire », les critiques pleuvent. « Le fait de télécharger StopCovid sur son téléphone signifierait qu’on serait volontaire pour l’utiliser. Mais est-ce un consentement libre et éclairé ? » s’inquiète également Malik Salemkour, président de la Ligue des droits de l’Homme. Et de poursuivre : « La pression sociale et patronale, la stigmatisation des réfractaires, peut-être aussi parce qu’on n’aura pas accès à tel ou tel service si on n’a pas l’application, risquent d’obliger un grand nombre d’entre nous à l’installer. »

Plusieurs flops à l’étranger

« Qui dit application de traçage dit accès à des données pour savoir si la personne est réellement contaminée, et, surtout, qui décrète qu’elle l’est ? Une autorité médicale ? La personne elle-même ? Chacun sur son téléphone ? », s’interroge de son côté Fred Raynal, PDG et fondateur de Quarkslab, entreprise spécialisée dans la recherche en sécurité.

L’adhésion, ou non, des citoyens fait également partie des questions qui restent en suspens et les expériences déjà menées à l’étranger ne sont pas encourageantes.

L’application TraceTogether, lancée le 20 mars à Singapour, n’a convaincu que 20 % des citoyens du pays. L’échec est encore plus flagrant en Autriche, où seuls 2 à 3 % des personnes ont adhéré à l’application lancée par la Croix-Rouge autrichienne


Aymeric Renou. Le Parisien. Titre original : « Déconfinement : le projet d’application «StopCovid sous le feu des critiques ». Source (extrait)