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On vit une époque formidable : explications …

Les mécontents qui depuis cinq semaines râlent parce qu’ils ne peuvent plus sortir dehors à leur guise ne connaissent pas leur bonheur. Quand cette période de confinement prendra fin, on commencera à la regretter. Finalement, ce n’était pas si mal de rester toute la journée à glander, à ne travailler que dix minutes par jour en visioconférence, à s’occuper de ses gosses comme on devrait le faire toute l’année (s’ils sont chiants, tant pis pour vous, il fallait réfléchir avant de les pondre). Et surtout, à ne voir personne de la journée.

Fini les casse-couilles qui vous empêchent de vous concentrer sur votre boulot, qui vous sonnent toutes les dix minutes pour des trucs jamais urgents. Enfin seul, enfin tranquille, enfin confiné.

Le confinement actuel pourrait même esquisser un nouveau contrat social : on ne me dérange pas et je ne dérange personne.

Le repli sur soi, volontaire et réfléchi, rendrait le monde beaucoup plus paisible. Car les guerres, les destructions, les ravages subis par la planète sont toujours causés par des types qui sortent de leur périmètre de confinement et empiètent ainsi sur celui de leurs voisins.

L’Alsace-Lorraine, le Koweït, l’Irak ont été envahis par des types qui n’ont pas respecté le confinement et sont sortis de chez eux pour piétiner les plates-bandes de leurs voisins qui, eux, respectaient la distance de sécurité avec les autres peuples.

Avec le confinement, plus de conquête coloniale, plus d’invasion de la Pologne et de l’URSS, plus de guerre du Vietnam, plus d’État islamique, plus d’emmerdeurs qui viennent violer nos femmes, égorger nos enfants et réduire en esclavage nos familles.

Pour vivre heureux, vivons confiné.

Les rabat-joie rétorqueront qu’il faut bien sortir de son confinement pour aller travailler et ramener une paye pour nourrir sa famille. C’est vrai, mais si c’est uniquement pour avoir de l’argent sur son compte en banque à la fin du mois, il y a des moyens d’en trouver facilement quand on constate avec stupéfaction, comment en quinze jours la France a sorti 110 milliards de son chapeau.

En tout cas, cette expérience ne fait que commencer, et la génération qui vit actuellement ce confinement, comme celles qui ont vécu Mai 68 ou la chute du mur de Berlin, ne pourra pas faire autrement que de réfléchir sérieusement à ce qu’elle veut faire de sa vie.

Confinée ou confisquée.


RISS. Charlie hebdo. Titre original. « Confinement étudiant Milan ». Extrait. 22/04/2020