… la dette escamotable de François Villeroy de Galhau !

Au regard de l’agressivité du méchant virus, la question paraît accessoire, mais tout le monde se la pose néanmoins : comment la France va-t-elle rembourser la gigantesque dette supplémentaire qu’elle est en train de contracter ?

Et chacun, en dépit des déclarations de Darmanin et autre Le Maire, de répondre : avec l’aide du contribuable.

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a pourtant trouvé une autre solution, qu’il a évoquée au détour d’une interview (le « JDD », 19/4). Elle tranche avec le climat de sinistrose :

« Les précédents dans l’Histoire peuvent conduire à cantonner la dette liée au coronavirus, pour ne la rembourser que dans longtemps. »

En jargon financier, « cantonner » signifie « mettre à part », autrement dit « planquer ».

Interrogé sur cette brillante hypothèse, un membre du cabinet de Bruno Le Maire reste énigmatique : « Aucun commentaire à faire sur cette proposition. » Le conseiller en communication du gouverneur de la Banque de France se montre, lui, plus loquace. Il reconnaît que le sujet « fait partie des discussions à Bruxelles et pourrait concerner l’ensemble des pays européens».

Et d’invoquer « des précédents, par exemple au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ».

En 1953, la moitié de la dette allemande – soit 16 milliards de marks avait été effacée, et l’autre moitié étalée sur trente ans.

Un premier pas vers les coronabonds, préconisés par la France et qu’Angela Merkel refuse depuis le début de la crise ?

« L’idée serait de séparer clairement les dettes Covid de chaque pays, commente un spécialiste des finances européennes. Puis de les cantonner dans un pot commun, où elles seraient financées au niveau européen. »

Après tout, depuis 1953, l’Allemagne nous doit bien ça.

Ne serait-ce que pour remonter le moral des Français.


Article non signé. Le Canard enchaîné. 22/04/2020