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Saluée partout à travers le monde, la « méthode sud-coréenne » pour retracer la chaîne de contamination peine toutefois à déterminer l’origine de près d’une contamination sur dix.

Des experts se disent désemparés face à ce “virus vicieux”, rapporte le journal Dong-a Ilbo.    En Corée du Sud, les cas de contamination au nouveau coronavirus dont l’origine n’a pas été identifiée s’élèvent à 9,6 % et concernent donc 1.017 des 10.613 personnes diagnostiquées positives [au 16 avril 2020]. Alors que le nombre de nouvelles infections quotidiennes connaît une baisse sensible [moins de 30 depuis le 13 avril 2020], les autorités sanitaires prêtent une attention particulière à ces cas mystérieux. 

Elles redoutent une possible contamination massive, d’autant que l’application de la distanciation sociale s’est un peu relâchée ces derniers temps.

Sur les nouveaux cas identifiés à ce jour, 81,3 % (8.629 personnes) ont été infectées dans le cadre d’une contamination massive. Parmi elles, près de la moitié a été en lien avec la secte Shincheonji, 19 % se sont trouvées dans d’autres environnements peuplés et confinés comme des églises, des centres d’appels, des Ehpad et 11,7 % ont été en contact avec une personne porteuse du virus.

S’ajoutent à cela 967 personnes (9,1 %) ayant apporté le virus d’un pays étranger et contaminant à leur tour 154 autres (1,5 %).

Sur les 637 nouveaux malades enregistrés ces deux dernières semaines, du 2 au 16 avril 2020, les plus nombreux relèvent de ces deux derniers cas de figure, à savoir ceux qui viennent de l’étranger et ceux qui sont contaminés par ceux-ci. Pour tous les autres, à l’exception de 21 cas  (3,3 %) pour lesquels une enquête est en cours, on connait l’origine de la contamination.

Les 9,6 % de cas mystérieux ou dont les résultats ne sont pas encore communiqués inquiètent les autorités sanitaires, qui répètent qu’il est prématuré de relâcher l’état d’alerte, citant le cas de Yecheon, dans la province du Gyeongsang du Nord, où 31 personnes ont été infectées à partir d’un cas de contamination dont on n’a pas su trouver l’origine.

« Cela montre que les collectivités très peuplées ne sont pas à l’abri d’une contamination collective », déclare Kwon Jun-wook, du Centre de contrôle et de prévention des maladies.

C’est un virus vicieux, difficile à traquer, compte tenu de sa capacité de propagation même au stade asymptomatique. Certaines personnes « guéries » sont à nouveau diagnostiquées « positives ». En effet, ce dernier phénomène concerne au total 141 personnes d’âges divers. La tranche des 20-29 ans est la plus touchée par cette réapparition du virus avec 34 personnes.

M. Kwon reconnaît que le phénomène est particulièrement marquant dans le pays : « Plusieurs hypothèses sont possibles : soit le virus se ravive dans un corps affaibli par la maladie où les anticorps ne se sont pas encore formés, soit le test était erroné. Il peut s’agir d’un petit résidu de virus peu contagieux. C’est sans doute le cas d’un patient âgé de 16 mois et de ses parents, que la technique de pointe RT-PCR, qui consiste à amplifier les gènes, a révélés une seconde fois comme positifs ».


Un article du Dong-a Ilbo – Séoul. Lu dans Courriel International. Titre français : « Propagation. Cas mystérieux et “recontaminations” laissent la Corée du Sud perplexe ». Source