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… apparemment l’exécutif peine à mettre en pratique les « sorties de fumées voluptueuses et se voulant ensorcelantes macronesques ».

Facile de débiter le « Je veux et j’exige, Il le faudra » autour de quelques dizaines d’annonces destinées à faire patienter bon nombre de français en vue d’une échéance pour le 11 mai (attention, a minima toutefois) d’un espoir libérateur de mouvement, déplacement, reprise de toutes les activités salariales comme commerciales …


Selon Cécile Cornudet, les Echos –Titre : « Macron ou les cent travaux d’Hercule » (Extrait)


De l’organisation concrète des classes à la « refondation » du pays, Emmanuel Macron a mis lundi sur la table des dizaines de travaux hors norme : préparer en un mois le déconfinement et sa myriade de déclinaisons concrètes, faire repartir une machine économique sous assistance respiratoire, le tout en équipant suffisamment le pays pour éviter la rechute sanitaire, et enfin « rebâtir un autre projet dans la concorde ».

  • Une montagne.

L’homme qui se trouve à son pied n’a que deux ans devant lui, un rapport abîmé avec l’opinion et une assise politique fragile. « On ne relèvera pas ces défis avec les équilibres politiques actuels et notre socle électoral », en déduit un proche.

Macron devant des travaux digne d’un Hercule mythologique a toutefois besoin de force. Autour de lui, la question est dans toutes les discussions. Où en trouver, comment se relégitimer ?

  • Face à face avec le peuple

Les outils habituels font défaut. Le virus interdit les rassemblements, donc les élections : dissolution et référendum paraissent écartés. Emmanuel Macron semble caresser l’idée d’une union nationale, qui avait été la clef de l’après-guerre, mais est-elle possible en fin de mandat, sans ouvrir qui plus est la voie aux extrêmes ?

Les partis consultés ce week-end ont été clairs : si la crise sanitaire étouffe les critiques, la crise économique les réveillera.

Dès lors, il faut trouver une méthode pour associer les composantes de la nation, réfléchit l’Elysée : politiques, paritaires, associatives, citoyennes. « Chercher un consensus large », dit Gilles Le Gendre, le chef de file des députés En marche. […]


Éducation

Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation, était hier aux 20 heures du JT de Fr2. Il n’a su que louvoyer aux questionnements que pose la reprise des écoles à partir du 11 mai. S’il a été champion, c’est surtout dans l’utilisation de la langue de bois en esquivant toutes les questions organisationnelles directes. Le cheminement de pensée de tous les parents d’élèves, de tout le personnel gravitant dans et autour des établissements scolaires, n’a pu que constater le manque d’impréparation dans les décisions, dans les garanties de santé à deux titres :

le premier concernant les scolarisés, les enseignants mais aussi l’environnement scolaire et périscolaire, les cantines, les agents d’entretiens, etc. tout comme un certain nombre de fournisseurs (ramassages scolaires, agriculteurs, fournitures scolaires)

le deuxième, est dans le but inavoué de cette opération. Le retour à l’école étant de remettre aux salariés, « grâce » à cette réouverture de débarrassés les parents du rôle de gardien-confiné et d’éducateur forcé pour retourner dans les entreprises. Toutefois ces parents retrouvant leurs emplois n’ont pas plus de incertitudes sur le respect de leur santé. N’est pas « régler » le problème des enfants hors les jours et horaires écolières – qui organisera le périscolaire : les associations, les villes (ou villages) ? Autre question la « garderie par des grands-parents « en possible confinement » sera-t-elle possible ?

A tout cela aucune réponse de Blanquer … comme d’habitude cela est de l’impro, du démerdez-vous … mais surtout que l’activité économique reparte … qui seront les victimes collatérales, nos enfants, les institutions? MC


Les seniors, c’est personnes à risques

Ludwig Gallet. Le Parisien pose la question : « Coronavirus : pourquoi le confinement des personnes âgées et fragiles est un casse-tête » -Extrait


Emmanuel Macron ne s’en est pas caché, le premier acte d’un déconfinement progressif, […] ne concernera pas, quoi qu’il advienne, tous les Français.

« Pour leur protection, nous demanderons aux personnes les plus vulnérables, aux personnes âgées, en situation de handicap sévère, aux personnes atteintes de maladies chroniques, de rester, même après le 11 mai, confinées, a nuancé le président de la République. Au moins dans un premier temps […], il faudra essayer de s’y tenir pour vous protéger, pour votre intérêt. »

 […] Lors de son audition par la mission d’information à l’Assemblée nationale le 1 er avril, Édouard Philippe s’était chargé de préparer le terrain. […] Une déclaration qui, en l’état, soulève de nombreuses questions. « À ce stade, il s’agit d’une recommandation » C’est la question que tout le monde se pose après les annonces d’Emmanuel Macron et qui, à ce jour : qui devra rester confiné le 11 mai?

À vrai dire, le gouvernement lui-même n’est pas en mesure d’apporter d’éléments précis ce mardi. Les modalités du déconfinement (et donc du possible maintien du confinement pour certaines populations) seront précisées dans les quinze jours à venir.

[…] C’est une préoccupation envers les personnes les plus fragiles qui a été exprimée par le chef de l’Etat. » Pas question, en l’état, d’envisager un maintien en confinement sous la contrainte de la loi. Un argument majeur plaide tout de même pour cette différenciation par l’âge : les statistiques. […]

Si le gouvernement venait effectivement à mettre en œuvre un déconfinement progressif à compter du 11 mai, pourrait-il obliger les personnes âgées et fragiles à se maintenir confinées?

Le professeur Yves Buisson, membre de l’Académie nationale de médecine, comprend la logique mais appelle à la prudence. « On sait que les personnes âgées développent davantage de comorbidités et sont de fait plus à risque. Stratifier le déconfinement en fonction des risques tombe sous le sens, mais ça ne fait pas une stratégie pour autant », prévient-il. […] « Les personnes à risque sont identifiées médicalement, explique-t-il. Les patients atteints de comorbidités, qui souffrent de diabète, d’hypertension ou autre, sont suivis par les médecins. C’est à eux d’indiquer à leurs patients s’ils peuvent sortir de chez eux ou s’ils doivent se maintenir en confinement. »

Pour Didier Maus juriste constitutionaliste : le gouvernement osera-t-il réduire ainsi le contrôle du confinement d’une population jugée plus à risque ? […]  Mais alor il faudra repondre à : qu’est-ce qu’une personne âgée ? Qu’est-ce qu’une personne fragile ? Ça n’existe pas en droit, détaille-t-il. […] Le critère de l’âge est-il vraiment pertinent ? », s’interroge le spécialiste, laissant entrevoir un risque non négligeable de contentieux. […]