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Il y a urgence … dans tous les sens du mot !

Comme beaucoup d’entre vous, j’ai écouté le président Macron lundi soir à la télévision. Long discours au ton compassionnel, ne voulant oublier personne dans ses longs remerciements, peut-être, si on veut y croire, teintés d’une légère pointe d’autocritique mais vite tempérée par l’affirmation que d’autres pays sont dans la même situation, donc que ce n’est pas « de notre faute » si nous manquons de masques et de tests. Puis, comme d’habitude, des platitudes et des banalités avec un seul chiffre précis, répété de nombreuses fois : une date, celle du début du déconfinement.

Mais, Monsieur Macron, je souhaite vous rappeler avec mes collègues que votre discours intervient un an après le début du mouvement de protestation des hospitaliers, qui a débuté aux urgences de l’hôpital Saint-Antoine à Paris. Mouvement qui s’est élargi autour d’un socle revendicatif commun, et nous aurions aimé cette fois-ci entendre des réponses précises et chiffrées à nos revendications. Il ne suffit pas de remercier les « héros » et de répéter à l’envi de vagues promesses concernant les moyens pour l’hôpital. Vous savez être précis et aligner les milliards quand il s’agit d’aider vos amis des entreprises et des banques. Alors je vais répéter quelques-unes de nos demandes : une augmentation des salaires immédiate de 300 euros par mois pour l’ensemble des personnels ; l’annulation de la totalité de la dette des hôpitaux, qui se monte aujourd’hui à 30 milliards d’euros ; l’embauche de 100.000 agents dans les hôpitaux et de 300.000 dans les Ehpad ; l’annulation, et non la suspension comme l’a énoncé votre premier ministre, des plans de restructuration des hôpitaux et des fermetures de lits… J’arrête là ma liste, sinon mon billet serait trop long.

Alors, Monsieur le président, nous ne pouvons nous contenter de vagues déclarations d’intention et de votre annonce en fin d’intervention des futurs « jours heureux ». Citation du titre du programme du Conseil national de la Résistance à la limite de l’indécence dans votre bouche. Nous, hospitaliers, nous voulons et nous nous battons pour un changement radical de politique pour l’hôpital public. Ce qui passe par une réponse immédiate aux revendications très précises que nous portons depuis maintenant un an. Assez de promesses, des actes, Monsieur le président.


Le billet du Dr Christophe Prudhomme. Source