Exhumer les notes, suffisait …

C’est fou (et anormal !) le nombre de notes qui prédisaient cette pandémie au niveau mondial.

Les dirigeants des pays occidentaux — et en particulier les patrons de la « start-up » France (dixit Macron) ne pourront pas jouer les ignorants si une commission d’enquête parlementaire osait, un jour prochain, leur demander des comptes.

Seule excuse envisagée par un haut dirigeant civil du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) : « Les décideurs politiques lisent-ils vraiment les notes qui leur sont adressées ?» Il affirme en douter. A l’en croire, nous sommes donc gouvernés par des nuls…

Après l’épidémie de Sras (2003-2004), 25 experts de la CIA furent parmi les premiers à prédire une mutation de « virus existants ». En septembre 2005, sous la présidence Obama, ils avaient remis un rapport circonstancié au National Intelligence Council, qui prévoyait notamment l’arrivée d’une pandémie, « une maladie respiratoire, virulente, extrêmement contagieuse, [sans] traitement adéquat ».

Les Etats, ajoutait ce rapport, tenteraient en vain de contrôler les mouvements de population et d’éviter l’infection. Suivait cette brutale prédiction : « La maladie pandémique se manifestera sans doute dans une forte densité de population, de grande proximité entre humains et animaux. » Et de prophétiser la « dégradation des infrastructures vitales et des pertes économiques » à l’échelle mondiale.

Comme c’est l’usage, les services des pays alliés avaient reçu ce document, puisqu’il ne contenait rien qui aurait pu nuire au président de la Grande Amérique.

Alertes transmises à des sourds

Trois ans plus tard, en juillet 2008, alors que Nicolas Sarkozy siégeait à l’Elysée, le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale annonçait le « risque plausible (…) d’une pandémie massive à forte létalité dans les quinze années à venir ».

En avril 2013, un nouveau Livre blanc sur la défense, préfacé par François Hollande, se voulait plus inquiétant encore : « Le risque existe d’une nouvelle pandémie (…) hautement pathogène, résultant de l’émergence d’un nouveau virus qui aura franchi la barrière des espèces ou qui aura échappé (sic) d’un laboratoire. » Sous-entendu : l’un de ces lieux où certains Etats préparent secrètement la guerre bactériologique… [Est-il nécessaire de donner crédit à cette affirmation relevant du complotisme … en ce moment. MC]

En décembre 2017 paraissait la « Revue stratégique de défense et de sécurité nationale », diffusée par le ministère des Armées. Sous le titre « Risques sanitaires », un article y décrivait, une fois encore, le « risque d’émergence d’un nouveau virus franchissant la barrière des espèces ».

La dernière trace de ces alertes méconnues date du 29 janvier 2020 (soit onze jours après le premier cas déclaré de coronavirus en France). Louis Gautier, ancien secrétaire général de la Défense, s’inquiétait, devant des amis journalistes, d’« un retard à l’allumage » du gouvernement d’Edouard Philippe. « Je ne comprends pas, s’interrogeait-il, pourquoi ils n’ont pas encore déclenché le plan Pandémie. On perd un temps précieux. »

 Exact. Et c’est ainsi que le coronavirus a gagné.


Claude Angeli – Le Canard Enchainé – 08/04/2020


2 réflexions sur “Exhumer les notes, suffisait …

  1. bernarddominik 10/04/2020 / 19:11

    Macron osera t il se représenter ? En tout cas la constitution le déclarant irresponsable, lui seul ne risque aucun procès. Mais face à l’opinion publique la constitution sera t elle encore une barrière à la justice ? Oui ils savaient, mais prendre des décisions radicales est très difficile. Ce n’est pas par rapport à la décision, tardive, du confinement qu’ils ont lourdement fauté, mais de ne pas avoir constitué les stocks, préparé les moyens, face à une pandémie que tous les experts disaient hautement probable. Et pire encore, d’avoir tergiversé sur les médicaments et les moyens à donner aux soignants, dont ils savaient qu’ils avaient été utilisés avec succès en Chine ( proportionnellement 80 fois moins de décès qu’en France). De plus mentir et faire mentir pour cacher l’incurie du gouvernement. Bizarrement Olivier Véran serait très populaire, suivant les sondages des instituts contrôlés, faut le dire, par les grandes fortunes. Là aussi mensonge? Quand j’étais étudiant à Montpellier mon professeur de statistiques était un expert reconnu internationalement, il enseignait aussi à Montréal, il ne nous avait jamais autorisés à retoucher les chiffres donnés par les calculs. Or c’est ce que font nos fameux instituts de sondage. D’ailleurs on ne nous donne jamais les coefficients de corrélation, pourtant indispensables pour évaluer les résultats

  2. jjbey 10/04/2020 / 23:08

    Dès lors que la question se pose de choisir entre la santé et les profits et ce depuis longtemps c’est le fric qui gagne. Fallait un gouvernement présidé par De Gaulle et son ministre communiste Ambroise Croizat pour que la santé soit une priorité.

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