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L’épidémie de Covid 10 19 a eu pour conséquence de faire prendre conscience aux entreprises nationales, comme internationales, qu’il était dangereux de persister à produire certaine source primordiale dans d’autres états du monde.

Si l’exemple de certaines substances médicamenteuses, les différents masques, gants ou blouses de protection, sous-traitées en Asie (Chine en particulier) s’est avéré criant avec l’expansion de l’épidémie, d’autres industriels ayant délégués par soucis de rentabilité financière leur fabrication dans les pays lointain ou la main-d’œuvre est le moins cher porte également sur la prise de conscience des transports et par conséquent de l’écologie.

Toutefois nous ne nous y trompons, pas les annonces de relocalisation sont souvent en trompe-l’œil, voir destinées à récupérer au non du rapatriement de la production des subsistes de l’État. À l’exemple de l’article qui suit. MC


Depuis que l’on a découvert que sous-traiter la fabrication de nos masques et de nos médicaments à l’Asie pouvait se révéler meurtrier, la mondialisation a mauvaise presse. Sanofi l’a bien compris, qui, dès le 24 février, annonçait la création d’« un champion européen pour sécuriser l’approvisionnement en principes actifs de qualité en France et en Europe, et réduire l’exposition en Asie ». Ces « principes actifs » — synthèses chimiques nécessaires à l’effet thérapeutique du médicament recelant une indéniable valeur stratégique, on ne peut qu’applaudir !

Astuces et…

Sauf que l’« exposition » de Sanofi en ce domaine est minuscule : le labo ne dépend de l’Asie que pour 5 % de sa production de principes actifs… En réalité, c’est de cette filière du Vieux Continent que le groupe entend s’écarter. Depuis 2017, il cherche en effet à se séparer de 6 de ses 11 usines européennes (dédiées à cette fabrication), et de leurs 3.100 salariés.

Le labo pense avoir trouvé l’astuce. Il annonce la naissance d’une nouvelle entreprise qui regroupera six unités de production : Brindisi (Italie), Francfort Chimie (Allemagne), Have­rhill (Royaume-Uni), Ujpest (Hongrie), Saint-Aubin-lès-Elbeuf et Vertolave (France). Mais il ne gardera que 30 % de la nouvelle boîte, et proposera à la BPI, bras armé de l’Etat, d’y investir des fonds publics avant une entrée en Bourse. Surtout, Sanofi s’engagera à s’y approvisionner… pendant seulement cinq ans !

… vieilles ficelles

Et voilà comment un abandon (partiel) d’activité est vendu comme une « relocalisation » !

Sanofi aimerait en profiter pour réorienter sa production vers les biotechnologies, qui rapportent bien davantage.

Les syndicats ne sont pas dupes. Dès septembre 2019, ils s’inquiétaient : « Le risque majeur de cette perte d’autonomie [concerne] l’approvisionnement en médicaments du territoire français. La France connaît déjà des pénuries de certains principes actifs, du fait entre autres de production étrangère, sans compter aussi la perte de maîtrise de la qualité de nos médicaments et d’une traçabilité qui n’en sera que plus difficile (sic) », écrivait la CGT le 13 septembre 2019, en demandant un rendez-vous à Bruno Le Maire.

Ni le ministre de l’Économie ni sa secrétaire d’État, Agnès Pannier-Runacher, n’ont, depuis, trouvé le temps de recevoir le syndicat.


Article signé des initiales : J.-M. Th. – Le Canard enchaîné. 08/04/2020