Étiquettes

Il serait un descendant du préfet de police de Paris Maurice Papon (méthode 1958) que cela nous étonnerait pas plus, tant le comportement et les allégations du Préfet Lallement sont le disproportionnés à l’évènement, mais il faut bien le dire conviennent  à son chef Castaner.

L’un parle avec la rigueur austère qui sied au préfet ; l’autre emploie ces formules simplistes et polémiques qu’affectionnent les politiques.

Problème : les deux hommes ont échangé leur casquette…

Sur TF1, jeudi soir, on a entendu Édouard Philippe rendre compte avec précision de la mise en œuvre des mesures contre le coronavirus ; refusant toute emphase et préférant ne pas répondre quand il ne savait pas.

Dans les rues de Paris, on a vu vendredi le préfet de police, Didier Lallement, faire la leçon aux malades en réanimation (1). L’intéressé s’est très vite excusé de ses propos. Mais qui mieux qu’un préfet de ce niveau devrait se méfier de l’impact de propos à l’emporte-pièce ?

Cette maladresse n’en crée pas moins trois problèmes dont le pouvoir, en cette période, se serait volontiers passé. Elle entretient l’image d’un préfet « récidiviste », d’abord. C’est le même qui avait rétorqué « nous ne sommes pas dans le même camp » à une « gilet jaune ».

Certes, sa mission l’oblige à la fermeté […], mais qu’un préfet se place dans un « camp » plutôt que de se poser en gardien de la nation tout entière était déjà maladroit. Car cette phrase et la conception « musclée » du maintien de l’ordre du préfet […] ont alimenté le discours de la gauche contre la tentation autoritaire supposée du pouvoir macroniste.

Ensuite, cette sortie du préfet Lallement a eu lieu lors d’une opération de communication destinée à prévenir qu’aucune infraction au confinement ne serait tolérée alors que les vacances scolaires commencent. Là encore, faire respecter les règles est un devoir de l’État. Mais le ton menaçant du préfet trahissait une obsession de la verbalisation, comme si celle-ci était le seul outil de lutte contre l’épidémie.

[…] Surtout, le coup de gueule du préfet […] mise sur la seule « peur du gendarme » pour forcer les citoyens à rester chez eux. Peut-on, comme le cherche l’autorité politique, solliciter la confiance des Français en leur lançant des paroles de défiance ?


Guillaume Tabard. Le Figaro. Titre original : « La triple faute de Didier Lallement un préfet maladroit ». Source (extrait)


  1. Didier Lallement n’a pas pour habitude de faire dans la demi-mesure. Pour lui, c’est bien simple : les patients atteints du coronavirus et aujourd’hui en réanimation ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. « Pas besoin d’être sanctionné pour comprendre que ceux qui sont aujourd’hui hospitalisés, qu’on trouve dans les réanimations, sont ceux qui au début du confinement ne l’ont pas respecté. Il y a une corrélation très simple », a-t-il estimé ce vendredi matin, suscitant immédiatement la fureur de nombreux médecins.