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Dans mon enfance, si je ne me trompe, pif le chien contenant entre autre les aventures de Rahan fils de Craô, paraissait tous les jeudis.

Il était le seul hebdomadaire pour « gosses » que mon père autorisait à acheter chez le libraire de ce village à l’activité encore agricole, de pépiniériste ou maraicher avant de commencer d’être une cité dortoir à partir des années 65-70.  C’est dans ce village de mon enfance que résidait la nombreuse famille de ma grand-mère logée dans la rue principale, dans cette banlieue sud parisienne, Villejuif. Aujourd’hui les familles sont au quatre coins de la France, ne reste de la famille villejuifoise, que des tombes au cimetière communal.

Dans Pif le chien, les aventures de Rahan le plus célèbre héros préhistorique de la bande dessinée évoque souvent son père, le sage Craô, lequel, juste avant de mourir, lui avait offert son collier à cinq griffes, chacune symbolisant une vertu dont il devrait faire usage par la suite (la générosité, le courage, la ténacité, la loyauté et la sagesse). Que d’allégories issues de la résistances notamment et des mœurs et mentalité de l’immédiat après guerre… Toute une éducation ou le culte de la solidarité de l’union contre l’ennemi extérieur envahisseur et dictateur était naturellement enseigné. Une éducation qu’on ne peut aujourd’hui comprendre.


Rahan avait également deux géniteurs, au sens artistique : le scénariste Roger Lécureux, décédé en 1999, et le dessinateur André Chéret. Ce dernier s’est éteint jeudi 5 mars à l’âge de 82 ans. Il rejoint le « territoire des ombres », nom donné à l’au-delà dans cette série au long cours (200 épisodes) revisitant la vie des premiers hommes, restée culte dans la mémoire de nombreux lecteurs de Pif le chien – Pif Gadget.


Par obligation il y a plus de 20 ans de cela j’ai dû prendre ma retraite et ne voulant pas rester en région parisienne confiné dans un appartement, j’ai décidé de m’installer en Ardèche pour rénover le vieux mas de vacances familiales achetée par les parents en 1964.

Ma femme plus jeune, devant poursuivre son activité professionnelle, je décidais de restaurer en solitaire la bâtisse dans cette belle région. Très vite un chien fut acquit pour me tenir compagnie entre les trop rares venues mensuelles de mon épouse restée en région parisienne, par obligations.

J’ai toujours aimé les chiens de bonne taille, il doit être en rapport avec le souvenir de domino, un griffon blanc et noir qui gambadait autour de moi enfant de 5-6 ans lorsque nous avions investi un temps, un pavillon avec jardin, un luxe absolu en 1945-46.

Un chien de bonne taille, devint mon compagnon ardéchois. Pour de bonnes tailles il le fut c’était un dogue allemand (ou grand danois) qui a l’âge adulte pesait 80 kg et lorsqu’il se mettait debout, dépassait le mètre 75 que je faisais alors. Chien de race il avait un pedigree à rallonge, aussi très vite, il devint tout simplement Rahan, une vieille connaissance de mon enfance.

Alors qu’il était d’une gentillesse absolue, il faisait peur aux adultes, ne serait-ce que par sa taille. Lorsqu’il se promenait à mes côtés sa tête était un peu plus haute que ma ceinture. Pour boire il se postait devant l’évier la gueule pointée sous le robinet et attendait qu’on lui ouvre l’eau.

La seule contrainte était de ne pas brusquer un enfant devant lui car là, il pouvait, pour défendre l’enfant, devenir méchant. Nous avons vu une enfant de 4-5 ans attraper notre amour de chien par le collier et suivre docilement la petite fille sans aucune brusquerie en réglant son allure a ceux de l’enfant, étonnant attelage d’un chien plus grand que la fillette, la protégeant pourtant alors qu’elle devait peser à peine le quart du poids de notre quatre pattes

Ces chiens de pure race sont toujours très fragiles, il mourut dans mes bras, il avait un peu plus de 8 ans. Je n’ai jamais voulu reprendre un autre chien.

Je n’oublierai jamais les quelques instants où la vie la quitté. Il s’est immobilisé sur ces quatre pattes, je me souviens avoir été étonné de son attitude la tête et la queue basse, de son absence u moindre mouvement , du millième de seconde ou il m’a semblé que plus un bruit régnait dans l’entourage … je lui ai parlé « ben qu’est-ce qui s’passe mon chien », j’ai juste terminé ma phrase … il est tombé sur le flan.

Putain, « C’est ainsi qu’on quitte la vie » fut ma réflexion.

C’est en entendant le décès du dessinateur de cette bande dessinée, que me reviennent ces souvenirs.


Rahan agé