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L’avenir après la sortie du confinement, se présente sombre en matière de financement pour l’État … et par conséquent… C’est loin d’être une devinette, c’est une certitude même pas pessimiste, juste ultra réaliste, hélas. Préparez vos ceintures !

Finances publiques

Elle serait beaucoup plus salée que les 40 milliards de déficit supplémentaires prévus par le budget rectificatif voté le 19 mars. Le Haut Conseil des finances publiques, qui dépend de la Cour des comptes, souligne que le « scénario » gouvernemental « repose sur deux hypothèses fortes : un confinement limité à un mois et un retour rapide à la normale » de l’économie dès la fin du confinement. Deux « hypothèses fortes » reposant sur des bases faibles…

La durée du confinement sera en effet d’« au moins six semaines », a estimé le Conseil scientifique du gouvernement. Ce qui équivaut, selon l’Insee, à une bonne trentaine de milliards de déficit supplémentaires. Une reprise rapide de l’économie ? Tous les experts en doutent.

Bercy reste optimiste sur les rentrées fiscales (taxe sur les carburants stable, malgré la diminution de l’activité et des déplacements, TVA et impôt sur le revenu à peine écornés). Quant aux 8 milliards prévus pour indemniser, au titre du chômage partiel, 3 millions de salariés pendant deux mois, ils risquent de s’avérer très insuffisants.

Le 30 mars, quelques jours après le lancement du dispositif, on comptait déjà 2,5 millions de bénéficiaires. Selon Charles de Courson, député centriste et spécialiste des finances publiques, la facture tutoiera les 20 milliards.

Le différé d’impôts et de cotisations sociales consenti par le gouvernement (21,5 milliards en mars et en avril reste, lui, théoriquement payable). Mais quand les entreprises, convalescentes, en auront-elles les moyens ?

Idem pour les 300 milliards de garantie d’État accordés aux emprunts des sociétés : un taux de défaillance de 5 % ferait grimper la facture à 15 milliards. Sans oublier les organismes sociaux (Sécu, Unédic, etc.), qui perdent, par mois de confinement, plus de 20 milliards de cotisations. Non récupérables, ceux-là.

N’en jetez plus ! Il va falloir d’urgence (en juin ?) rectifier ce budget rectificatif…

Article non signé paru dans Le Canard enchaîné. 01/04/2020

Sécu vache à lait

Gérald Darmanin et Bruno Le Maire se sont relayés, la semaine dernière, pour appeler quelques grandes entreprises à davantage de civisme. Des vedettes du CAC 40, mais aussi des boîtes telles que SFR ou La Poste. Les patrons de l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss), la banque de la Sécu, avaient en effet alerté Bercy sur le nombre de sociétés prospères s’apprêtant à reporter le versement de leurs cotisations sociales, comme les y autorise l’une des ordonnances Macron.

La première échéance (5 mars) n’a coûté « que » 3 milliards. Pour celle du 15 avril, le banquier de la Sécu a des sueurs froides. « On s’attend à ce que la totalité des grosses sociétés et des entreprises individuelles re­portent leurs versements », s’inquiète l’un des dirigeants de l’ Acoss.

Autre effet d’aubaine, dépendant, cette fois, du ministère du Travail : le chômage partiel aux frais de l’Etat. Plus de 220 000 sociétés y ont déjà eu recours. Et le relèvement à 70 milliards du plafond des emprunts que l’Acoss peut lever risque de s’avérer insuffisant. « Il n’est pas normal que tant d’entreprises profitent de la situation pour augmenter leur trésorerie sur le dos de la Sécurité sociale », peste un grand patron resté vertueux.

A quand une condamnation de ces pratiques par le Medef ?

Article signé des initiales A. G. – Le Canard enchaîné. 01/04/2020