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C’est sans doute un sujet que le gouvernement devra suivre attentivement dans les semaines à venir s’il veut éviter des tensions sociales.

Si son plan d’urgence de 45 milliards d’euros mis sur la table pour contrer les effets économiques du coronavirus est largement approuvé par les Français, il en est tout autrement des mesures assouplissant le Code du travail, montre un sondage Elabe pour « Les Echos », Radio classique et l’Institut Montaigne.

Dans le détail, on voit donc apparaître un contraste fort entre la façon dont les mesures économiques en faveur des entreprises et des salariés d’une part, et celles liées au Code du travail d’autre part , sont perçues par les Français.

Pour les premières, il s’agit d’un plébiscite, puisque huit à neuf Français sur dix les approuvent. Cela va de 85 % pour le report en septembre de la réforme de l’assurance-chômage à 92 % s’agissant du délai accordé aux entreprises pour le paiement des cotisations sociales et des impôts.

Pour le chômage partiel tout comme l’aide de 1.500 euros aux indépendants et aux TPE qui ont perdu la moitié de leur chiffre d’affaires, le taux de soutien est de 90 %.

Il s’établit à 88 % pour les arrêts de travail accordés aux personnes sans solution pour la garde des enfants ou la prolongation des droits des chômeurs en fin d’indemnisation en mars.

« Ces mesures sont soutenues par toutes les catégories politiques, ce qui est très rare », souligne Bernard Sananès. Cela montre également « à quel point tout le monde a pris conscience de la dureté de la crise économique », poursuit le sondeur.

En revanche, l’accueil est nettement plus tiède pour les mesures tournant autour de l’assouplissement du Code du travail (possibilités de faire passer la durée de travail à 60 heures par semaine ou d’imposer des RTT et des congés aux salariés). Certes, en façade, elles restent majoritairement soutenues (55 % de Français favorables et 44 % opposés). Mais c’est déjà moins évident quand la question porte sur la seule deuxième mesure sur les RTT et les congés, rejetée par 56 % des Français.

Chez les actifs, les différences sont notables entre cadres et professions intermédiaires d’une part (52 %), employés et ouvriers d’autre part (45 %). « Au vu de ces chiffres, il apparaît que le gouvernement ne pourra pas prolonger ces mesures censées être dérogatoires trop longtemps, sauf à risquer de faire face à des tensions sociales », alerte le sondeur.


Renaud Honoré. Les Echos. Titre original : « Coronavirus : les dérogations au Code du travail divisent les Français ». Source (extrait)