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Sous prétexte de coller à la réalité le président locataire temporaire élyséen annonce vouloir relocaliser un certain nombre de productions en France.

Bien évidemment nous souhaiterions que cela ne soit pas des effets d’annonces temporaires, d’autant qu’elles sont insidieusement destinées à récupérer une partie de la population qu’il a, ainsi que son gouvernement, perdue essentiellement par leurs atermoiements successifs, annonces de dupes, hasardeuses, autour de l’expansion de cette épidémie. Derrière les effets de manches, est cachée une amorce de souverainisme, destinée avant tout à récupérer une partie des électeurs du Rassemblement national. enfin relocaliser n’est pas nationalisée et par conséquent cela offrira la possibilité de délocaliser … à nouveau. MC


  • Ultralibéral hier ce président qui a certes fluidifié le marché du travail et la fiscalité mais ne s’est jamais attaqué à la réduction de la dépense publique (et ne risque plus de le faire maintenant) ?
  • Souverainiste aujourd’hui ce chef de l’État qui, à Angers, n’a parlé que de ce qui entrait dans le périmètre sanitaire des intérêts stratégiques vitaux du pays?

L’opposition est donc réductrice, mais après tout, Emmanuel Macron a sa part de responsabilité dans cette simplification sémantique du débat. Tout comme le libéralisme ne se résume pas à un «laisser faire, laisser passer» sans intervention de la puissance politique, le souverainisme n’est pas non plus synonyme de nationalisme lui-même synonyme de rejet des autres, comme il en a accrédité l’idée.

Maintenir l’exclusivité du duel de 2017 avec Marine Le Pen est un des éléments qui interdit la nuance. Il n’en est pas moins vrai que la soudaineté et la violence de la crise économique à venir ont fait évoluer le discours des dirigeants du monde entier.

Remiser toute règle d’orthodoxie budgétaire, déverser des milliards d’argent public, ouvrir tous les airbags sociaux possibles, envisager des nationalisations, suspendre toutes les réformes, celle des retraites comprise: tout cela, il est vrai n’était pas dans le kit macroniste de la campagne de 2017.

S’adapter à un contexte hors norme, quitte à changer d’outils, cela a pour nom pragmatisme et non revirement.

Quant à Macron, la crise du coronavirus n’est pas le premier événement venant ébranler son assurance réformiste. La crise des «gilets jaunes», le grand débat national, la contestation de la réforme des retraites: tout cela est venu lui rappeler le besoin exacerbé de protection ; et de protection par l’État.

Reste à trouver une voie de passage. Emmanuel Macron veut inventer une « souveraineté » (européenne). Rêve ou projet?


Guillaume Tabard. Le Figaro. Titre original : « Macronisme rimerait-il avec souverainisme ? ». Source (extrait)