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Oui il y a de quoi sortir de ses gonds lorsque l’on trouve dans une des pages du Dauphiné de ce jour et ce même si nous sommes le 1er Avril, un tel titre: « Balance ton voisin …»

Un tel titre pris par bon nombre de personnes au pied de la lettre, contribue à rendre l’atmosphère délétère alors que nous sommes déjà stressé avec ces conditions de confinement actuel

Il est malheureusement vrai que la délation est pour quelques-uns un sport bien connu. Est-il possible de penser que ce soient un héritage apporté dans la famille par leurs parents ou grands-parents et les « restes  » de comportements de 40-45 obeissant aux injonctions d’un Pétain et de sa milice.

Quoi qu’il en soit un quotidien n’a pas le droit d’écrire un tel titre surtout dans un « Dossier du jour » et ce, même si à la lecture de l’article complet l’annonce du titre est quelques peu « adoucie ». MC

L’article du Dauphiné

Geste citoyen ou vilaine dénonciation ? Depuis le 17 mars, de nombreux Français se « balancent » entre eux auprès des forces de l’ordre, pour signaler ceux qui ne respectent pas les règles de confinement

« Nous avons des appels incessants de personnes qui dénoncent des regroupements de jeunes ou autre », confie un agent de police du Grand Est. À ses yeux, c’est plutôt une bonne nouvelle : « C’est bien la preuve que la majeure partie des gens ont pris conscience de la situation. » Car il ne s’agit pas seulement de rapporter un délit, mais aussi de faire œuvre de santé publique.

Une dénonciation, une intervention.

Aux premières heures du confinement, les appels au 17 ont explosé, augmentant dans certaines zones de 40 à 50 %. Il s’agissait alors en grande majorité de demandes de renseignements concernant les dérogations de déplacement. Aujourd’hui, le pli est pris et « le surplus d’appels vers Police secours est moindre », selon le ministère de l’Intérieur.

Les dénonciations en revanche continuent. Impossible de les quantifier. Mais on sait que policiers et gendarmes sont contactés par des riverains se plaignant de bars restés ouverts derrière les rideaux, de leur voisin qui reçoit du monde, de familles avec enfants se retrouvant en groupe dans les parcs…

Sans le dire ouvertement, le ministère de l’Intérieur confirme que ces appels donnent toujours lieu à intervention : « Les patrouilles sont parfois interpellées pour des individus qui ne respectent pas les mesures de confinement », indique la place Beauvau. « Chacun doit respecter les gestes barrières. » Ces appels « ne restent pas sans action de notre part », appuie le policier du Grand Est. Les dénonciations peuvent donc donner lieu à des verbalisations ou à des retours en confinement. Et donc prouver leur efficacité.

D’autres voies de signalement

« Les signalements permettent aussi d’orienter les patrouilles », complète la gendarmerie nationale. L’institution militaire propose aussi de passer par « les bailleurs sociaux, les services municipaux ou les élus », notamment dans les petites communes. « Cela peut permettre de désamorcer la situation par le dialogue », pointe la gendarmerie.

Visiblement conscientes que le sujet reste sensible en France, où la référence à l’Occupation revient très vite, les forces de l’ordre restent prudentes et n’incitent pas ouvertement les Français à la dénonciation. Le tchat de la police nationale se garde de le suggérer aux internautes. « Faut-il dénoncer les non-respects de confinement ? », lui a-t-on demandé. « Non, les forces de l’ordre constateront les infractions sur la voie publique », répond la police.

Le 17 doit être réservé aux appels d’urgence.

Dénoncer son voisin n’en fait pas partie, rappelle la police, qui conclut  « Restez chez vous et prenez soin de vous ».


Aurélien Poivret. Le Dauphiné – 01 Avril 2020