Étiquettes

… nous amène à un constat sans discussion possible : une très grande disparition de la dioxide d’azote dans le monde.

Une proposition, une occasion unique de remodeler notre système de production pour une planète plus saine.

Rien qu’à l’échelle de la France, le trafic s’est effondré de 70 % dès la première semaine de confinement aux Aéroports de Paris, Orly s’arrête de fonctionner à partir de mardi prochain, et des pans entiers de la production industrielle sont en stand-by (Airbus et ses fournisseurs ont fermé leurs usines pendant plusieurs jours avant de reprendre une activité partielle, plusieurs sites Renault et PSA ont interrompu leur production, Naval Group a fortement réduit son activité…).

L’une des conséquences de la crise du coronavirus est même visible sur les images satellites – comme le ciel de la Chine, nettoyé en deux mois des émissions de dioxyde d’azote ; pour l’Europe, le changement de qualité de l’atmosphère est notamment visible au-dessus de la plaine du Pô, en Italie. Mais aussi à Paris. D’après l’association indépendante de surveillance de la qualité de l’air ambiant Airparif, les émissions d’oxyde d’azote au-dessus de la capitale hexagonale ont chuté de 60 % au cours de la première semaine de confinement.

Suspension éphémère avant que la machine de la croissance ne reparte de plus belle dès que la page de la crise sera tournée ou occasion unique de remodeler notre système de production ? Comme nous l’avons expliqué il y a quelques jours dans Mediapart, l’émergence et la propagation du coronavirus ne sont pas étrangères à notre schéma de croissance effrénée, lui-même fondé sur la mondialisation des échanges. La gestion de la crise montre en outre que les dirigeants sont capables de prendre des mesures radicales pour faire face à un danger qui touche les populations, et de les mener avec une certaine détermination. N’y a-t-il pas là des leçons à tirer pour s’attaquer, avec la même urgence, aux causes profondes à l’origine de la pandémie ?


Amélie Poinssot. Médiapart. Titre originale : « L’urgence, plus que jamais, de repenser le système ». Source (Extrait)