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Nous y allons tout droit … la grande crise économique mondiale identique à 1929 est très certainement en marche. Les prévisions des économistes du monde entier, des banques centrales, diffusant des dialogues alarmistes, sont peut-être dans le vrai et c’est bien triste à constater. MC

Petit tour des médias écrits …

Romaric Godin. Médiapart. Dans un article titré : « La politique économique de crise révèle les incohérences du gouvernement ».

En une semaine, le ton a changé. Mardi 24 mars 2020, le ministre de l’économie et des finances Bruno Le Maire a précisé les mesures prises par le gouvernement pour faire face aux conséquences économiques de la situation d’état d’urgence sanitaire. […]

Face à cette situation assez inédite dans l’histoire du capitalisme, parce que globale et synchronisée, Bruno Le Maire assure avoir proposé une « réponse immédiate, massive et cohérente ». Pourtant, rien n’est moins sûr.

L’importance de la réponse semble certes, à première vue, à la mesure du choc subi par l’économie. Mais l’objectif premier du gouvernement semble être une forme de « suspension du temps » en attendant un « retour à la normale » que le ministre de l’économie et des finances lui-même prétend ne pas être réellement possible. Cette politique a donc une face qui ne dit pas son nom : celle de demi-mesures […]

On le voit surtout dans l’incapacité ou le refus du gouvernement à prendre réellement le contrôle de l’économie. La récession actuelle a ceci de particulier qu’elle a été provoquée pour sauver des vies. On a fait, non sans retard du reste, prévaloir in fine l’urgence sanitaire sur les nécessités économiques. […]

[…]…, le gouvernement français laisse clairement aux acteurs privés le pouvoir de décider des priorités. Pire même, il crée des incitations au travail comme une prime défiscalisée et désocialisée de mille euros que les employeurs pourront offrir à leurs salariés pour les inciter à venir travailler, et des contraintes en allongeant la durée du travail légal, notamment. C’est donc donner encore plus de raison de contourner le confinement et de créer des risques pour les salariés. Et pourquoi ? Pour « assurer un service économique minimum capable de nous faire rebondir le moment venu », a reconnu le ministre. […]

En analysant la politique d’urgence du gouvernement, il faut se rendre à l’évidence : la seule ambition de ce gouvernement est de sauvegarder l’existant et de continuer, comme auparavant, des performances en termes de PIB et de compétitivité. Le terme de « pont aérien de cash » de la BPI traduit bien ce dont il s’agit : passer seulement le fossé de la récession et repartir de plus belle. C’est une position qui peut se défendre.


Guillaume De Calignon. Les Echos. Dans un article titré : « Coronavirus : une crise économique comparable à celle de 1929, selon Bruno Le Maire »

Bruno Lemaire, dont la conférence était retransmise sur Twitter, n’a pas caché la brutalité de la crise économique liée à l’épidémie de coronavirus .

Des secteurs comme le tourisme, l’hôtellerie-restauration ou encore l’événementiel connaissent des baisses d’activité « de 90 % à 100 % », l’automobile fait face à une chute de son chiffre d’affaires « de 80 % à 85 % », selon le ministre. Et « l’industrie tourne à 25 % de ses capacités », a-t-il redit. Dans l’ameublement, la cosmétique, la mécanique ou encore la plasturgie et le textile, l’activité a chuté de 80 %. Dans le bâtiment, la semaine dernière, 80 % des chantiers étaient à l’arrêt.

Seuls l’agroalimentaire et la grande distribution fonctionnaient correctement.

Conséquence logique de cet effondrement : « le chiffre de la croissance pour 2020 sera bien inférieur à celui prévu dans le projet de loi de finances rectificative », pourtant voté la semaine dernière. En clair, la baisse du PIB sera supérieure à 1 %, sachant que « chaque semaine, chaque mois de confinement supplémentaire aggrave cette prévision », a-t-il souligné.

Indice en chute libre Pour l’instant, les économistes tablent sur un recul de l’ordre de 5 % du PIB de la zone euro et de la France cette année. Mais ces anticipations sont évidemment appelées à changer en fonction de l’évolution de la situation sanitaire.

Ce mardi, l’indice d’activité publié par Markit, retraçant les attentes des chefs d’entreprise pour la France pour le mois de mars, a chuté de plus de 20 points. En s’établissant à seulement 30,2 points, l’indice PMI a atteint son niveau le plus bas depuis que cette enquête existe, c’est-à-dire depuis vingt-deux ans. Le plongeon des services est bien plus fort que celui de l’industrie. Tous ces chiffres font dire au ministre de l’Economie que « cette crise, qui touche l’économie mondiale et l’économie réelle, n’est comparable […] qu’à la crise de 1929 ». […]


Ingrid Feuerstein. Les Echos. Dans un article titré : « Coronavirus : l’Etat s’apprête à monter au front pour sauver son patrimoine industriel »

« La liste des entreprises industrielles qui doivent être soutenues par l’Etat est prête, à la demande du président de la République », a déclaré mardi sur France.info le ministre de l’Economie et des Finances, précisant aussitôt qu’elle comprenait « plusieurs entreprises » mais qu’elle restait « évidemment confidentielle ».

Sans précédent depuis 1929 Après les premières mesures d’urgence, qui passent par des reports de charges et du chômage partiel, viendra une seconde phase d’intervention, pour venir en aide aux entreprises à court de trésorerie. « Nous n’allons pas laisser des fleurons industriels sur lesquels nous avons investi des milliards d’euros partir en fumée parce qu’il y a une crise économique qui est d’une violence sans précédent depuis la grande dépression de 1929 », a avancé Bruno Le Maire, rappelant la situation de l’automobile, par exemple, qui subit une « baisse vertigineuse de son chiffre d’affaires ».

La nationalisation peut être envisagée, mais uniquement « en dernier recours ».

Pour l’heure, aucune participation de l’Etat ne se trouve dans une situation critique. Même Air France, dont plus de 90 % des vols sont cloués au sol, a indiqué disposer de 6 milliards de liquidités.

Les modalités d’intervention de l’Etat au chevet des grands noms de l’industrie française dépendront surtout de la durée du confinement et du rythme de redémarrage de l’activité à son issue. Si la situation du secteur aérien paraît aujourd’hui alarmante, elle pourrait se redresser rapidement une fois les mesures de confinement levées, plus que pour l’industrie automobile, sur laquelle pèse le risque d’un ralentissement prolongé des achats de biens durables de la part des Français. Auquel cas, l’Etat pourrait intervenir sous forme de prêts, comme il l’a fait en 2009.

Les constructeurs avaient rapidement remboursé cette aide publique, néanmoins assortie de contreparties. Cette fois encore, les aides de l’Etat pourraient être conditionnées à des engagements de la part des entreprises.

Concernant la garantie de 300 milliards pour les prêts bancaires (une garantie à 80 % pour les groupes comptant plus de 5.000 salariés et plus de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires, et à 70 % pour ceux qui dépassent les 5 milliards de recettes annuelles), Bruno Le Maire a déjà posé comme condition que les entreprises qui en font la demande soient en règle sur leurs délais de paiement.

Il y a fort à parier qu’en cas d’aides supplémentaires, l’Etat demande des garanties sur le maintien de l’emploi.

Viendra enfin la troisième phase de cette intervention de l’Etat, qui passe par un plan de relance communautaire. « Un certain nombre de secteurs demanderont des dispositifs de soutiens appropriés, massifs et européens », a martelé Bruno Le Maire, qui demande en attendant à toutes les entreprises, « notamment les plus grandes », de « faire preuve de la plus grande modération » dans leur politique de dividendes !!!

[Vont pas avoir l’audace de demander de l’aide de l’état et les actionnaires s’octroyer des dividendes … nonnnnnn, nonnn,  z’oserons pas  … qui va y croire ! MC]