Après l’allocution du 12 mars …

Ce jeudi 12 mars 2020, 20 h. commence un discours anxiogène … comme seul un président de la république peut le faire.

Qu’il eut annoncé l’entrée en conflit international de la France, que nous allions recevoir des bombes atomiques sur le coin du nez, n’aurait pas plus diffusé la peur dans une grande partie de la population française. Certes une annonce officielle était attendue sur l’évolution de cette épidémie de Covid19, mais de là à cette dramaturgie très politisée ….

Certes il devenait incompréhensible d’entendre et voir les différents pays qui nous côtoient, prendre des mesures drastiques de confinement et fermetures diverses en matière sanitaire, d’entendre les médias réévaluer chaque demi-journée le nombre de décès et de cas « touchés » par le virus, alors que la France, à l’image trop connue de la frontière interdisant le nuage radioactif de Tchernobyl de passer, se contentait d’isoler quelques zones.

Les françaises et français ne sont pas complètement idiots et savent pertinemment que le système de soins est de plus en plus défaillant en France.

Comment comprendre l’interdiction de toutes formes de rassemblement au-delà de 5.000 personnes ou même demain de 1000, 500 ou même 100 personnes; qui dit rassemblement dit risques accrus au dessus du nombre oui, en dessous non !

Comment comprendre la fermeture des crèches écoles, collèges, lycées, facs, et laisser les transports en commun circuler. Limiter la contagion est l’argument… totalement recevable mais bien des familles seront forcées de faire garder leurs enfants par leurs parents-grands-parents … quelquefois fort éloigné du lieu familial et donc devront utiliser les transports. Comment interdire au moins une personne de sortir de son logement pour soit se rendre à son travail, soit faire des courses nécessaires à la vie de la famille ?

Comment comprendre la tenue des élections municipales si ce n’est qu’elle ait lieu après l’allocution du président de la république « appelant à l’union sacrée », alors que le risque de contagion est élevée et ce même si des distances entre personnes « à risque » (encore faut-il qu’elles soient respectées), que des mouchoirs seront à disposition, des gels hydroalcoolique en place, la désinfection des stylos d’émargement prévue … mais les isoloirs seront-ils désinfectés après chaque passage ?

Comment concevoir l’utilisation de la télémédecine par des personnes qui ne possèdent pas d’équipement informatique ou qui le possédant ne le maîtrise pas. D’autre part, l’absence de jugement comportemental du patient en grande partie primordiale pour estimer la gravité d’un patient par son praticien reçu dans un cabinet médical ne sera pas observable au travers d’un écran et handicapera le médecin pour établir un diagnostic très fiable.

Enfin , un volet a été escamoté par le président de la république l’absence dans les pharmacies de masques sanitaires efficaces pour les personnes « à risque ». Le peu de stock – et c’est tout à fait normal – est réservé en toute priorité au personnel médical. Ce qui est anormal c’est bien de ne pas avoir en France, un stock conséquent, renouvelé régulièrement en prévision de telles pandémies alors que la circulation des personnes dans le monde est de plus en plus intenses. MC

Emmanuel Macron a désavoué Emmanuel Macron. Jeudi 12 mars au soir, dans une allocution télévisée consacrée à l’épidémie du coronavirus, durant laquelle il a notamment annoncé la fermeture de tous les établissements scolaires « jusqu’à nouvel ordre », le président de la République s’est exprimé comme s’il venait tout juste d’être élu et qu’il découvrait à quel point notre système de santé est précieux.

« La santé n’a pas de prix. Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies quoi qu’il en coûte », a affirmé celui qui, en avril 2018, avait pourtant assuré à une aide-soignante qu’il ne pouvait pas faire plus pour l’hôpital en raison de la dette publique. « Je n’ai pas d’argent magique », avait-il répondu à l’époque.

Deux ans plus tard, à la faveur de ce qu’il qualifie de « plus grave crise sanitaire qu’ait connue la France depuis un siècle », le chef de l’État a longuement remercié « ces héros en blouse blanche, ces milliers de femmes et d’hommes admirables qui n’ont d’autre boussole que le soin ». Les mêmes qui se mobilisent depuis des mois dans l’espoir d’obtenir un peu plus que la charité d’un plan d’urgence a minima. Les mêmes à qui l’exécutif n’a accordé, pendant trois ans, que de faibles concessions, pour mieux imposer sa « transformation » néolibérale.

Sous la menace épidémique, le pouvoir a continué dans les premières semaines à faire des choix qui ont décontenancé bien au-delà du secteur hospitalier : changer de ministre de la santé en pleine crise pour de pures raisons politiciennes, en demandant à Agnès Buzyn de remplacer au pied levé Benjamin Griveaux, empêché de mener campagne à Paris ; profiter d’un conseil des ministres exceptionnel, initialement consacré à la seule gestion du coronavirus, pour dégainer l’article 49-3 de la Constitution permettant au gouvernement de faire passer sa réforme des retraites sans vote…

À bien des égards, l’allocution prononcée par Emmanuel Macron jeudi soir avait elle aussi de quoi surprendre. Car entendre le chantre du système néolibéral vanter l’« État-providence » et expliquer face caméra qu’« il nous faudra demain tirer les leçons du moment que nous traversons, interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour, interroger les faiblesses de nos démocraties » n’est pas commun.


Ellen Salvi- Médiapart- Titre original : «Emmanuel Macron annonce une «rupture» en trompe-l’œil ». Source (Extrait)


7 réflexions sur “Après l’allocution du 12 mars …

  1. marie 13/03/2020 / 14:31

    Bonjour, tout à fait d’accord, mon mari et moi , faisant partie des +de 70 ans avec pour mon mari une pathologie cardiaque assez grave, il y avait de quoi paniquer, j’ai l’impression que nous sommes à l’aube d’une guerre mondiale, ce matin chez le boucher , une dame disait qu’il n’y avait plus de pâtes dans le super marché dont elle venait. Soyons optimistes espérant que la chaleur fera fuir cet horrible virus. Bon après-midi MTH

    • Libres jugements 13/03/2020 / 14:54

      Bonjour Marie et merci pour ce commentaire.

      Je suis moi-même dans cette tranche ou le mois prochain je fêterais mes 79 ans, ayant également une pathologie cardiaque grave nécessitant de surveillance et surtout de veiller à ne pas handicaper la ventilation pulmonaire.
      Je pose juste la question suivante : si depuis quelques décennies le service public de la santé, notamment la fourniture de matériel, d’équipements techniques, la gestion du personnel, la formation médicale dans son ensemble, n’avait pas été restreinte financièrement, donc, techniquement, dans la formation (histoire des cursus), vous ne pensez pas que le service hospitalier d’une façon générale et de soins « de ville » en particulier, auraient sans peine passée cette étape d’épidémie.
      À titre d’information, mon lieu de résidence est en pleine ruralité et si le confinement en chambre stérile hospitalière peut (dans certaines conditions) se faire dans 2 ou 3 hôpitaux locaux, les cas nécessitant une réanimation, doivent être transportés au minimum à 200 km et à condition qu’il y ait de la place …

      Sur un tout autre plan. Permettez-moi de donner cette information : l’article posté à 12 heures a été rédigé comme d’habitude avec l’aide d’un logiciel de dictée qui a cette fois-ci transcrit ce qu’il voulait à certains moments et je n’ai pas pris la peine avant d’appuyer sur le lancement confirmant la mise à disposition de l’article sur le blog, de relire le texte que le logiciel s’était permis de transcrire maladroitement. J’ai corrigé une grande partie du texte et s’il reste encore un petit peu de fautes de français, comme d’accord d’un verbe, veuillez être très indulgente, je prendrai un peu plus de temps pour corriger valablement la partie ayant été inspiré par l’allocution présidentielle.

      Très cordialement
      Michel

  2. bernarddominik 13/03/2020 / 15:46

    Ce qui m’a frappé dans le discours de Macron c’est son absence de concision et son imprécations. On dirait le discours improvisé d’un homme qui aime s’écouter et s’exhiber. Répétitions des consignes connues de tous, mais rien sur les modalités d’application des mesures décidées, les frontières sont toujours ouvertes aux malades venus d’Italie, à Menton impossible d’aller en Italie, mais on peut rentrer en France sans contrôle. J’ai de plus en plus l’impression que nous sommes dirigés par un mégalomane. Dans l’hôpital où travaille mon épouse il y a un masque et une tenue de protection par service (incroyable mais vrai). Macron a peur de repousser les élections, parce que dans un mois nous risquons d’être en pleine catastrophe. Notre télé a critiqué la Chine mais l’Italie en est à importer masques FFP2 et kits respiratoires de Chine, où les mesures tant critiquées par nos médias et nos énarques, portent leurs fruits.
    Un conseil: les personnes à risques, restées chez vous, et comptez d’abord sur vous et vos proches. Ça va être une sacré pagaille.

  3. tatchou92 13/03/2020 / 17:14

    C’était déjà le bazar à l’hôpital et dans les EHPAD, çà va être Waterloo.. Interdiction de visites, et très limitées dans les foyers logements. C’est logique, mais… le pouvoir politique n’a pas entendu les revendications, pas vu les manifestations, ni entendu les cris et chansons des grévistes, requis, sur place ou réquisitionnés à domicile., sans possibilité de repos. Tous et toutes sont exténués, souhaitons qu’ils n’attrapent rien…
    La réserve sanitaire est déjà mobilisée, les étudiants aussi..
    Ils préféreraient des moyens humains, financiers et matériels à la brosse à reluire..
    On oublie par ailleurs que les Ehpad sont aussi en surchauffe, que Résidents et personnels souffrent, que les prix de journée ne correspondent pas à la prestation servie, quand on a droit à une douche par mois, que les familles viennent faire manger leur parent, gèrent les protections, font la toilette, que les agents donnent la becquée à une tablée, faute de bras.. Tout cela va mathématiquement alourdir la charger de travail du personnel.. Va-t-on les boucler dans les chambres, supprimer aussi les animations d’après midi, les visites du curé, du pasteur ou de tout autre dignitaire ecclésiastique ? Les officines de pharmacie sont dévalisées, pas de masques, pas de lotion hydro-alcoolique, pas de gants, pas de thermomètres frontaux, incertitude sur les hypothétiques livraisons.
    Je regrette que la leçon des 15.000 décès de la canicule de 2003 n’ait pas été retenue, ni les milliers de morts annuels de la grippe saisonnière, pas plus que les efforts de celles et ceux qui se sont retroussé les manches, pour,limiter les dégâts… j’étais encore en fonction… pas eu besoin de suivre un régime pour perdre quelques kilos.
    Pensées aussi pour les parents qui vont se retrouver avec les enfants sur les bras… et pour nous amis lecteurs, à qui on recommande de sortit au minimum. bonne quinzaine

  4. Pat 13/03/2020 / 17:55

    Je travaille avec des personnes âgées isolées souvent parfois malades ou handicapées…Au contraire des autres salariés mis en chômage partiel nous allons être sursollicités…mais combien de temps allons nous tenir? sans tomber malades nous-mêmes? Et qui va nous remplacer ensuite? Croyez-vous que je peux changer de masque à chaque domicile? Me désinfecter à chaque bouton de porte ou chaque surface touchée? Et à chaque fois que j’enlève ou remet le masque je me mets moi-même en danger…

    • Libres jugements 13/03/2020 / 18:17

      Bonjour et merci Pat, pour ce commentaire avisé

      Consultez mon médecin, aujourd’hui pour simplement renouveler une ordonnance, m’informe qu’il a bien reçu une dotation de 50 masques… ce qui ne le fait pas rire du tout, car ils sont 5 médecins dans ce cabinet médical les 2 secrétaires médicales, et qu’un masque ne peut durer au maximum que 4 heures c’est-à-dire qu’en utilisant 2 par jour, soit au minimum 14 masques dans la journée et sachant que la dotation ne sera pas renouvelée avant … un temps indéterminé actuellement, le cabinet médical et ces médecins doivent-il fermer dans 4 jours ???
      A noter que dans la ruralité du 07, l’environnement autour de ce cabinet médical est de l’ordre de 4 à 4.500 personnes et comporte un Ehpad et un hôpital court-sejour …
      Mais non, faut surtout pas vous inquiéter M’sieurs dames, qu’il a dit le monsieur dans le poste à Guignol.

  5. jjbey 13/03/2020 / 23:49

    Quand on est dans la continuité de la suppression de 6000 postes hospitaliers, la fermeture de 180 000 lits il n’est pas anormal d’être mal pour expliquer la situation sanitaire actuelle. Ce sont les siens et lui-même qui sont à l’origine de cette crise qui touche la France. Personnellement je cumule les critères pathologiques qui font de moi une victime en puissance. Je reste au soleil……….

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