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L’épidémie fait resurgir les dérives les plus graves d’une mondialisation libérale alors qu’elle était désignée, il y a très peu de temps encore, comme une méthode sans appel, un moyen incontournable de nourrir la croissance et le développement du monde.

[…]. Trois [secteurs d’entreprise sont particulièrement touchés] dans des proportions qui les amènent au bord d’un seuil d’alerte :

  1. l’automobile,
  2. l’électronique
  3. la pharmacie.

  1.  La « rupture des chaînes de production » avec la Chine ou (et) l’Extrême-Orient constitue un handicap de plus en plus sensible. Elle pousse en Europe l’industrie automobile et ses groupes équipementiers dans les difficultés. […]. Il faut savoir en effet qu’avant d’être installée en bout de course sur un véhicule, une pièce essentielle du moteur, de l’habitacle ou de la carrosserie peut avoir fait le tour du monde. La recherche frénétique du moindre coût salarial et social, associée à un développement des transports low cost, a largement contribué à ce type d’organisation de la production. Celle-ci est à l’origine d’une partie des délocalisations orchestrées ces dernières années vers les lieux les plus rentables par les gourous de la finance qui pilotent aux destinées des plus grands groupes industriels. Qu’il s’agisse d’accéder à un marché réputé porteur comme celui des États-Unis et de l’Amérique du Nord. Ou qu’il s’agisse de sous-traiter les fabrications vers des pays où le salaire peut être écrasé. Résultat : quand la production est ralentie, voire paralysée par la faute du virus, ces grands ordonnateurs de la mondialisation libérale que sont les places boursières s’effondrent.
  2. Dans l’électronique, ce type de dérèglement est plus sensible encore. Les composants des iPhone et autres objets électroniques grand public sont en effet fabriqués en Chine. Or, le groupe chinois Foxconn, qui figure en tête de cette sous-traitance pour les multinationales états-uniennes du secteur comme Apple, est fortement touché par l’épidémie et a dû réviser toutes ses productions à la baisse. Comme ces écrans destinés aux iPhone d’Apple fabriqués à Wuhan ou dans les alentours de l’épicentre mondial de la maladie.
  3. Mais c’est dans l’industrie pharmaceutique que les conséquences de l’interruption des chaînes de production pourraient prendre la dimension la plus dramatique. Les principes actifs de quelque 80 à 85 % des médicaments vendus en France et en Europe sont en effet produits en Chine, dans des entreprises qui sont au moins partiellement fermées car leur personnel doit être protégé de la propagation du virus. Cette évolution fait émerger un risque de pénurie de médicaments. Car les principes actifs, à savoir les molécules qui confèrent aux traitements leurs propriétés thérapeutiques essentielles, sont évidemment déterminants pour leur efficacité. Là encore, les laboratoires pharmaceutiques ont cédé, comme le français Sanofi, à l’injonction des financiers qui, à la recherche du meilleur taux de rentabilité et obsédés par « la réduction des coûts salariaux », ont poussé à l’organisation de cette sous-traitance.

Bien évidemment il n’y a pas que c’est 3 groupes industriels qui se trouvent impactés par ce virus COVID–19 d’autres secteurs industriels le sont tout autant et pourraient (si la pandémie mondiale est déclarée) occasionner non seulement une déroute boursière d’ampleur (et là profitons-en pour se poser les conséquences que cela porterait au fameux projet de retraite et assurances complémentaires, – encadrées par les fonds de pensions boursiers – et la valeur du point d’indice, donc du montant des futures retraites ?), mais également mettraient-mettront au chômage partiel les entreprises qui pourront passer l’étape, quant à celles qui déposeront le bilan, leurs salariés grossira les demandes à pôle emploi avec toutes les conséquences dramatiques que cela implique-ra suite aux nouvelles lois dégressives financièrement attachées. MC


Les conséquences des dogmes les plus convenus de la mondialisation libérale sur l’organisation des productions se trouvent ainsi subitement placées en pleine lumière […].


Bruno Odent. Titre original : «Un virus qui révèle la plaie de la mondialisation libérale ». Source (extrait)