Posture plutôt que ressac contestataire.

L’image d’une majorité LR-EM soudée dans l’hémicycle pour essuyer les rafales communistes et insoumises contre la réforme des retraites aura été une parenthèse de courte durée.

[…]

« Il y a eu ponctuellement une solidarité de corps entre des députés qui ont siégé ensemble du matin au soir. Mais après les élections, une zone de turbulences est à prévoir », envisage un poids lourd du groupe. Pour une députée LR-EM, […] [le] 49.3 «n’est pas un fait générateur mais plutôt un catalyseur» du trouble à LR-EM.

«  Stella Dupont (LR-EM) estime, de son côté, que « la procédure [du 49.3] illustre un échec collectif » et assène : « L’acte II du quinquennat appelait une révolution dans la méthode de l’exécutif, il me semble qu’elle tarde à se concrétiser pleinement ».

Albane Gaillot (LR-EM) a même voté mardi soir la motion de censure défendue par le PS, le PCF et LFI, quittant le groupe LREM dans la foulée.

L’épisode a aussi entraîné trois autres départs, celui du sénateur Michel Amiel, puis du député du Rhône Hubert Julien-Laferrière, qui siégera parmi les apparentés au groupe LR-EM.

La députée Delphine Bagarry claque également la porte ne se retrouvant pas « dans la méthode du gouvernement et l’utilisation inappropriée du 49.3 ». […]

Depuis plusieurs mois, le groupe majoritaire s’effrite lentement mais sûrement. Sa direction relativise en soulignant les raisons personnelles de ces défections, souvent liées à des crispations locales causées par les investitures aux municipales. Et rappelle que la plupart ne coupent pas les ponts et opte pour le statut d’ « apparentés ».

« Ils ont en commun leur invisibilité parlementaire. Ce ne sont pas des grandes gueules mais des élus loyaux qui ne se sentaient pas bien dans un groupe à 300 », minimise un ministre.

Sauf que c’est le risque de création d’un nouveau groupe, le neuvième à l’Assemblée nationale, qui guette la majorité. Ce groupe pourrait réunir des marcheurs déçus, engagés sur les questions écologiques – comme Matthieu Orphelin, qui a quitté LR-EM début 2019 – et sociales, notamment des membres du collectif social-démocrate de Jean-François Cesarini.

[…] En cas de scission, le groupe macroniste, qui détient aujourd’hui à lui seul la majorité absolue, pourrait la perdre. «Si un groupe devait se créer, il faudrait qu’il ait le même poids que le Modem [46 membres, ndlr]. Sinon le gouvernement irait bâtir ses majorités avec le Modem et UDI-Agir», pointe un député de l’aile gauche, lui-même partagé  […]


Laure Equy. Libération. Titre original : « Après le 49 3,2 députés LR-EM tentés par la sécession ». Source (extrait) https://www.liberation.fr/france/2020/03/04/apres-le-493-des-deputes-lrem-tentes-par-la-secession_1780627